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11 avril 2019 08:09; Act: 11.04.2019 11:20 Print

La Lune dans cinq ans? «La Nasa mouline»

Le retour sur la Lune était programmé pour 2028, mais le gouvernement Trump a avancé la date à 2024, plongeant l'agence spatiale dans la pagaille.

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Le célèbre lever de Terre pris depuis la Lune par la Nasa le 20 juillet 1969, le jour où l'homme a posé le pied sur le satellite pour la première fois.

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Dans un stand du 35e Symposium de l'espace, grand rendez-vous annuel américain de l'industrie spatiale dans l'ombre des Rocheuses à Colorado Springs, Alan Campbell attend des nouvelles de la Nasa. Il est chef de projet chez Draper, illustre société spécialisée dans les systèmes électroniques qui guida les astronautes d'Apollo jusqu'à la Lune, il y a bientôt 50 ans.

Draper est candidate naturelle pour aider la Nasa à y retourner en 2024... Mais encore faudrait-il que les appels d'offres soient finalisés. «Nous ne savons pas quand ils sortiront, car la Nasa mouline en ce moment», dit-il. «Nous ne pouvons pas travailler sur leurs problèmes tant qu'ils ne nous ont pas dit quels problèmes ils voulaient résoudre».

L'attente était similaire dans des centaines d'entreprises du secteur aérospatial, des plus grands groupes aux sous-traitants les plus spécialisés, dont beaucoup étaient représentées cette semaine à Colorado Springs. Jusqu'au 26 mars dernier, le retour sur la Lune était programmé pour 2028, mais le gouvernement de Donald Trump a alors soudainement avancé la date de quatre ans, plongeant l'agence spatiale dans la pagaille.

Le premier problème est la fusée lourde, baptisée SLS, qui doit envoyer les astronautes vers la Lune. Boeing la construit mais a des années de retard et n'est pas certain d'être prêt pour le premier vol d'essai (à vide) en 2020. Sur son stand, le constructeur américain a relégué la maquette de SLS dans un coin. La capsule Orion pour astronautes, construite par le concurrent Lockheed Martin, devrait quant à elle être prête, assure à l'AFP son chef de projet, Michael Hawes. Elle sera livrée en janvier au centre spatial Kennedy, selon lui. Une maquette grandeur nature d'Orion est exposée à l'extérieur de la conférence.

L'Europe attend

Mais marcher sur la Lune nécessite plus qu'une fusée et une capsule: la Nasa veut assembler une mini-station en orbite lunaire, où les astronautes feront étape avant la descente sur le sol lunaire. Sierra Nevada Corporation a imaginé un module d'habitation gonflable pour loger les astronautes. À ce stade, la société ignore pour quand la Nasa voudra un habitat, mais Kimberly Schwandt, porte-parole sur le stand, garde le sourire. «Quoi que la Nasa décide, nous sommes prêts», dit-elle.

Les Européens, présents aussi en nombre ici, sont perplexes, car ils doivent livrer un module de communication. «Nous espérons pouvoir le faire à temps», explique à l'AFP Johann-Dietrich Wörner, directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA). «Cela dépend aussi un peu du calendrier des Américains».

Les chefs d'agences spatiales internationales venus au symposium ont prévenu le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, qu'ils avaient besoin d'un plan finalisé avant l'automne, car le budget de l'ESA sera décidé en novembre. «Je suis prêt à aller en Europe pour rassurer les décideurs politiques», a promis Jim Bridenstine, conscient que la brusque décision de M. Trump s'était faite sans aucune consultation avec les partenaires internationaux.

Comment alunir?

Mais l'urgence absolue, insistent les industriels, est de définir «l'atterrisseur» qui fera descendre les astronautes de la station vers la Lune. Industriellement, il est presque déjà trop tard pour lancer la fabrication, avertissent les entreprises les plus expérimentées. «Nous devons commencer à courber le métal l'an prochain, ce qui veut dire que l'outillage devrait déjà être chez nous. Et j'espère que quelqu'un a déjà commandé pas mal d'aluminium», ironise Rob Chambers, responsable de Lockheed Martin pour l'exploration spatiale humaine.

Beaucoup préviennent la Nasa qu'elle devra alléger sa bureaucratie légendaire. Michael Hawes, lui-même ancien de la maison, raconte à titre d'exemple que pour la capsule Orion, les équipes de Lockheed Martin et de la Nasa ont aujourd'hui pas moins de 400 réunions par semaine. «Vous trouvez que cela reflète une certaine urgence?».

Et puis un détail crucial semble pour l'instant oublié: «Si vous voulez faire des choses sur la Lune, il faut une combinaison spatiale», rappelle Dean Eppler, qui a passé 20 ans à tester et utiliser des prototypes de combinaisons spatiales et est aujourd'hui à l'Aerospace Corporation. Le calendrier actuel est la livraison du prototype de la nouvelle combinaison de la Nasa en 2023... pour des tests.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Kafka le 11.04.2019 09:19 Report dénoncer ce commentaire

    assez surprenant.. , le 20 juillet 1969, on y était déjà.. avec des ordinateurs aussi puissants qu'une calculette.. Mais aujourd'hui.. cela semble presque hors de portée.. Sans compter le coté industriel de l'époque.. pas d’alliages spéciaux etc...

  • Charles le 11.04.2019 15:18 Report dénoncer ce commentaire

    Passionné par l'espace et la NASA, j'ai toujours cru dur comme fer à l'alunissage. Aujourd'hui, c'est une évidence, on nous a enfumé, en 69, on fait le tour de la terre pour s'attacher à un propulseur, nous parcourons plus de 800.000 kms AR, on tourne autour de la Lune, on aluni etc... Les combinaisons ont plus de 50 ans et là on tergiverse et teste notre technologie ? Ok c'est écoeurant. Un Fan.

  • Louis le 11.04.2019 13:28 Report dénoncer ce commentaire

    J'espère que cette fois Hollywood enfin...la Nasa va mettre le paquet !!!

Les derniers commentaires

  • Crésule le 11.04.2019 18:09 Report dénoncer ce commentaire

    Il est vrai que c'est difficile des comprendre les difficultés actuelles alors qu'en 69 la technologie était rudimentaire. 50 ans après on trouve des problèmes résolus 50 ans auparavant ?

  • Charles le 11.04.2019 15:18 Report dénoncer ce commentaire

    Passionné par l'espace et la NASA, j'ai toujours cru dur comme fer à l'alunissage. Aujourd'hui, c'est une évidence, on nous a enfumé, en 69, on fait le tour de la terre pour s'attacher à un propulseur, nous parcourons plus de 800.000 kms AR, on tourne autour de la Lune, on aluni etc... Les combinaisons ont plus de 50 ans et là on tergiverse et teste notre technologie ? Ok c'est écoeurant. Un Fan.

  • overlox le 11.04.2019 14:51 Report dénoncer ce commentaire

    Honnetement on met des milliards d'Euro dans l'étude d'autres planètes alors qu'on a meme pas exploré 20% des fonds marins de notre planète. et qu'on détruit cette meme planète. Qu'on injecte cet argent dans la protection de l'environement et des éco-ssytèmes... Haaa mais non, ça rapporte rien et ça coute cher !!!!!

  • Louis le 11.04.2019 13:28 Report dénoncer ce commentaire

    J'espère que cette fois Hollywood enfin...la Nasa va mettre le paquet !!!

  • Kafka le 11.04.2019 09:19 Report dénoncer ce commentaire

    assez surprenant.. , le 20 juillet 1969, on y était déjà.. avec des ordinateurs aussi puissants qu'une calculette.. Mais aujourd'hui.. cela semble presque hors de portée.. Sans compter le coté industriel de l'époque.. pas d’alliages spéciaux etc...

    • @kafka le 11.04.2019 11:48 Report dénoncer ce commentaire

      en 1969, il y avait la course à l'espace qui a force les participants à prendre des risques énormes pour gagner cette course. Aujourd'hui, le moindre risque serait considéré comme inacceptable par le grand public.

    • Neil le 11.04.2019 13:12 Report dénoncer ce commentaire

      Nous n'avons jamais marché sur la lune....

    • Kafka le 11.04.2019 16:44 Report dénoncer ce commentaire

      Non désolé si je vous choque, je crois que la mort des astronautes est acceptable.... et acceptée.. (Écoutez Thomas Pesquet ) rappelez vous le lancement de Challenger.. tous morts au décollage.. Même avec tous les tests, le risque est Immense et le restera.. Astronaute n'est pas un métier.. mais une vocation.