Pour l'environnement

04 octobre 2021 07:22; Act: 04.10.2021 11:35 Print

Les débats s'annoncent houleux à la COP26

À un mois du début de la COP26, les derniers rapports montrent que les engagements actuels des États mèneraient vers un réchauffement «catastrophique» de 2,7 °C.

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Antonio Guterres a multiplié les mises en garde. (photo: AFP)

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À un mois de la COP26 sur le climat, les dirigeants de la planète sont pressés de toutes parts d’agir vite et fort pour brider un réchauffement «catastrophique», mais entre crise du Covid-19 et colère des plus vulnérables, les négociations s’annoncent houleuses. Les États du monde entier auront du 31 octobre au 12 novembre pour négocier à Glasgow, en Écosse, et s’engager plus concrètement à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«Nous pouvons soit sauver notre monde soit condamner l’humanité à un avenir infernal», a mis en garde jeudi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres devant les ministres d’une cinquantaine de pays réunis pour préparer cette échéance cruciale.

Des objectifs ambitieux

En août, les experts climat de l’ONU (GIEC) avaient alerté contre le risque d’atteindre le seuil de +1,5 °C de réchauffement autour de 2030, dix ans plus tôt qu’estimé. Face au constat implacable de la science, et aux inondations, tempêtes, canicules et incendies ravageurs qui déferlent sur tous les continents, la solution est sans équivoque: il faut réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre en réformant profondément nos modes de production et de consommation. «C’est une course contre la montre», souligne la responsable climat de l’ONU Patricia Espinosa à l’AFP. Selon la dernière évaluation de l’ONU, les engagements actuels des États mèneraient vers un réchauffement «catastrophique» de 2,7 °C, bien loin de l’objectif de l’accord de Paris de maintenir ce réchauffement bien en deçà de +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, si possible à +1,5 °C.

Dans ce contexte, les objectifs de la COP26 sont ambitieux: garder l’objectif de 1,5 °C «à portée de main» en visant la neutralité carbone en 2050, mobiliser la finance, accélérer l’adaptation aux impacts. Une ambition que le premier ministre britannique Boris Johnson a résumée en quatre mots: «Charbon, voitures, cash et arbres», en référence à la transition vers l’énergie propre et les véhicules électriques, l’aide promise aux pays en développement et l’arrêt capital de la déforestation.

Confiance en berne

«Échouer reste une possibilité mais nous ne pouvons, ne devons pas, l’accepter», a insisté Antonio Guterres. Parmi les sujets explosifs, la promesse toujours non tenue des pays développés de porter à 100 milliards de dollars (plus de 93 milliards de francs) par an en 2020 leur assistance aux pays pauvres pour s’adapter aux impacts du changement climatique et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Et la solidarité en général entre le Nord, responsable du réchauffement, et le Sud, en première ligne face aux impacts.

«J’imagine qu’il y aura beaucoup de colère et de déception, il y a un énorme déficit de confiance», commente Tasneem Essop, patronne du Climate Action Network qui rassemble plus de 1500 ONG. En plus, avec le Covid-19, «cette COP se déroule à un moment où le fardeau et la souffrance sont ressentis vivement par les pays en développement, après la réticence des pays riches à être solidaires avec les plus pauvres pour fournir des vaccins», déclare-t-elle à l’AFP.

Et la Chine?

La crainte d’une inégalité d’accès à Glasgow liée au virus ajoute encore aux tensions, malgré les vaccins proposés par les Britanniques aux participants qui le souhaitaient et leur promesse de financement des hôtels pour ceux soumis à une quarantaine.«Nous sommes toujours inquiets quant à la possibilité de pouvoir envoyer nos délégués à la COP26, pour négocier des questions clé liées au changement climatique, qui auront un impact si profond sur nos peuples», a ainsi regretté sur Twitter le président du groupe des Pays les moins avancés Sonam P. Wangi.

Le président britannique de la COP Alok Sharma a reconnu jeudi des inquiétudes pour certains pays, notamment les petites îles du Pacifique, mais a assuré travailler pour résoudre les problèmes. Les inscriptions à la COP sont «très bonnes», et «plus de 100 dirigeants ont confirmé leur présence en personne» pour le sommet des 1er et 2 novembre, s’est-il réjoui. Mais c’est surtout pour la participation des représentants de la société civile, maillon primordial de ces conférences climat, que s’inquiètent les ONG.

Sur la route vers Glasgow

À quelques semaines du début des négociations (31 octobre au 12 novembre), les observateurs notent toutefois quelques signaux positifs. En particulier l’annonce par les États-Unis de leur intention de doubler leur aide climat aux pays pauvres en la portant à 11,4 milliards de dollars (plus de 10,6 milliards de francs) par an, et celle de la Chine, qui s’est engagée à arrêter de construire des centrales à charbon à l’étranger.

La vraie question reste «qu’est-ce que va faire la Chine» concernant ses engagements intérieurs, note cependant Alden Meyer, analyste au cercle de réflexion E3G. Le président Xi Jinping a annoncé, il y a un an, viser la neutralité carbone d’ici 2060 et un pic d’émissions «autour de 2030», mais le pays responsable de plus d’un quart des émissions mondiales n’a pas soumis à l’ONU d’engagements révisés, comme le prévoit l’accord de Paris. Plus de 50 autres pays manquent encore à l’appel, dont l’Inde. Sur la route vers Glasgow, le sommet du G20 fin octobre permettra déjà de se faire une idée. «Le scénario optimiste serait que le G20 donne un élan vers Glasgow», estime Alden Meyer. «Le moins optimiste serait une impasse et une arrivée au sommet de Glasgow sans véritable unité» de ces pays responsables de 80% des émissions, s’inquiète-t-il.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Se réveiller le 04.10.2021 07:51 Report dénoncer ce commentaire

    Pourvu que l'on agisse... nous sommes tous concernés... Il est dommage que notre "réveil" (pas encore garanti d'ailleurs) se fasse si tard. Cela fait un demi-siècle que des scientifiques nous alertent.

  • antinuls le 04.10.2021 12:11 Report dénoncer ce commentaire

    quand 50% du CO2 annuel est produit par 3 pays, ne faut-il pas qu'eux fassent les efforts plutot que d'aller toquer aux portes des pays et gens qui en font à peine 0.5 ou 1%? réduire de moitié dans les pays qui en produisent que 1% représente une réduction de 0.5% qui sera annulée par un des trois pays les plus pollueurs qui, eux, vont augmenter leur pollution 1000fois plus que la réduction de 0.5% d'un petit pays... bref.. l'humain et politiciens font n'importe quoi

  • realite le 04.10.2021 13:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nous sommes trop sur la planète la mondialisation a prit le dessus

Les derniers commentaires

  • Le philosophe le 04.10.2021 13:31 Report dénoncer ce commentaire

    Ça me fait trop rire tous les commentaires! Si chacun attend que le voisin fasse des efforts, personne ne bougera! Attendre après les autres nous mènera à notre perte. Agissez! Consommez moins et local! Voyagez moins, Vivez plus simplement! Y'a aucune autre solution! En espérant que...Il ne soit déjà pas trop tard...

    • exigence le 04.10.2021 14:09 Report dénoncer ce commentaire

      Et exigez avant tout de vos gouvernements qu'ils agissent et imposent !!

  • realite le 04.10.2021 13:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nous sommes trop sur la planète la mondialisation a prit le dessus

  • S. Malo le 04.10.2021 12:33 Report dénoncer ce commentaire

    L'idée qui m'inspire est que les scientifiques doivent accepter une ombre énorme de doute sur leurs résultats, leurs projections ou leurs certitudes. Il est vrai que la planète se réchauffe (du moins jusqu'en 1997, où les températures élevées ont atteint un plateau pendant 16 ans, bien que le CO2 ait encore augmenté, même le GIEC/iPCC s'accorde sur ces données concrètes !) Il est également vrai qu'au cours des 2 derniers millions d'années, l'Europe a été recouverte de glace 10 fois sans - bien sûr - aucune intervention humaine. Aujourd'hui, certains scientifiques éminents qui suggèrent simplement d'être prudents sur la cause première sont traités d'hérétiques ! Cette approche est surprenante, surtout venant de collègues scientifiques. En effet, personne ne sait si, dans 30 ou 40 ans, la Terre ne connaîtra pas une ère glaciaire ou le contraire. Plus important encore, la course effrénée à la réduction des émissions de CO2 (sachant que la pollution atmosphérique tue déjà 5,5 millions de personnes par an, alors qu'un réchauffement de 2 degrés en blessera certaines et en aidera d'autres) coûtera des milliers de milliards d'euros pour réduire le réchauffement de 1 ou 2 degrés. La pollution de l'air ou de l'eau, qui tue des millions de personnes aujourd'hui, n'est-elle pas au moins aussi importante ? Vers 2050, les déchets plastiques pourraient égaler le poids total de tous les poissons en mer. Aujourd'hui, 800 millions de personnes souffrent de malnutrition et 1,3 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable. Pourquoi la "menace" du réchauffement climatique n'est-elle vue qu'à travers un prisme négatif, n'y a-t-il pas des résultats positifs ? Serez-vous d'accord sur les bonnes priorités ? Traduit avec (version gratuite)

  • antinuls le 04.10.2021 12:11 Report dénoncer ce commentaire

    quand 50% du CO2 annuel est produit par 3 pays, ne faut-il pas qu'eux fassent les efforts plutot que d'aller toquer aux portes des pays et gens qui en font à peine 0.5 ou 1%? réduire de moitié dans les pays qui en produisent que 1% représente une réduction de 0.5% qui sera annulée par un des trois pays les plus pollueurs qui, eux, vont augmenter leur pollution 1000fois plus que la réduction de 0.5% d'un petit pays... bref.. l'humain et politiciens font n'importe quoi

  • DIGOS le 04.10.2021 08:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je me rappel encore la rétorque de l’ancien président des États-Unis Donald Trump,la globalisation est au point mort.La question climatique est aussi au point mort,vu les débats houleux…

    • Agenda 2030 le 04.10.2021 10:00 Report dénoncer ce commentaire

      On a été en dessous des normales de saison tout l'été mais l'agenda 2030 doit continuer même si la planète s'est refroidi...comme pour le covid à la fin ils diront qu'ils se sont trompés !!! Le changement climatique n'est qu'un autre prétexte comme le covid pour s'attaquer à nos droits et libertés mais sûrement et pendant que la plupart dort nos droits et libertés s'évaporent !!!

    • Storm Chaser le 04.10.2021 12:35 Report dénoncer ce commentaire

      @agenda 2030 Pourrais-je avoir vos sources svp? Parce que les simples relevés météo que fait mon père 3x par jours depuis plus de 20 ans prouve le contraire de vos dires. A noter également qu'une normale de saison est une moyenne climatique étalée sur 30 ans. Donc dire que la planète se refroidi sur base d'une année alors que nous venons de vivre quasi une décennie de hausse continue est une ineptie totale!