Perturbateurs endocriniens

08 décembre 2016 10:45; Act: 08.12.2016 11:50 Print

L'étude qui effraie toutes les femmes enceintes

Des traces de perturbateurs endocriniens ont été retrouvées chez quasiment toutes les femmes enceintes testées au cours d'une vaste enquête en France.

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Les fœtus sont exposés à des polluants. (photo: AFP)

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L'étude, publiée mercredi par Santé publique France, a mesuré la présence de divers polluants organiques dans les urines de plus de 4 000 Françaises ayant accouché en 2011. Résultat: «Le bisphénol A, les phtalates, les pyréthrinoïdes (famille d'insecticides), les dioxines, les furanes, les PCB, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés» sont détectés «chez près de la totalité des femmes enceintes», explique l'agence française de santé publique, mandatée par le ministère de la Santé pour cette enquête.

Or ces substances «sont des perturbateurs endocriniens» - des molécules qui interfèrent avec le système hormonal - et «pour certains, des cancérigènes avérés ou suspectés», précise l'agence. Les femmes enceintes constituent une population particulièrement sensible car «l'exposition prénatale à ces polluants est soupçonnée d'avoir des répercussions sur la grossesse (prématurité, malformations congénitales, diminution du poids de naissance) ainsi que sur le développement et la santé ultérieure de l'enfant (atteintes du système reproducteur, du métabolisme, du développement psychomoteur et intellectuel et augmentation du risque de cancers)», ajoute l'organisme public.

«Effet cocktail»

«Il y a tellement de substances présentes, pour lesquelles, pour beaucoup, il est probable qu'il y a un effet, que ça ne serait pas prudent de considérer que ce n'est pas préoccupant pour la santé humaine», observe Rémy Slama, directeur de recherche à l'Inserm, qui prédit un «fardeau sanitaire non négligeable» à l'avenir.

C'est tout l'enjeu autour de ces substances, dont il est difficile de prouver l'effet néfaste avec les modèles actuels car, selon certaines études, elles peuvent se révéler nocives à des doses très faibles. Leur toxicité pourrait de surcroît être exacerbée par leur interaction avec d'autres perturbateurs endocriniens («effet cocktail»), alors que l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) évalue les risques substance par substance.

Risque du bisphénol A

«On peut toujours considérer que pris séparément, il n'y a pas de risque pour la santé, mais pour Générations Futures cette réponse n'est absolument pas satisfaisante», a commenté une porte-parole de cette association qui dénonce les dangers des pesticides. Elle réclame une «évaluation stricte et poussée de l'effet cocktail» et de l'impact d'une exposition «tout au long de la vie» ou à des moments clés comme pendant la grossesse.

En janvier 2015, l'agence européenne avait estimé que l'exposition au bisphénol A «aux niveaux actuels» ne présentait «pas de risque pour la santé». En avril dernier, elle a toutefois annoncé la mise en place d'un groupe d'experts pour tenir compte d'études récentes pointant les risques de cette substance pour les fœtus et les enfants. Au nom du principe de précaution, l'Europe, le Canada et onze États américains ont interdit l'utilisation du bisphénol A dans les biberons. La France l'a également interdit dans les emballages alimentaires et les jouets, ainsi que les phtalates dans certains matériels médicaux à destination des femmes enceintes.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • bibi le 08.12.2016 19:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui mes les lobby créent deja pas mal d emplois...

  • Un avis comme un autre... le 08.12.2016 18:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Alors ? Pourquoi ne pas interdire purement et simplement tous ces produits toxiques ? En ne faisant rien, nos gouvernants sont complices. Le marché "écologique" créera des emplois qui viendront remplacer ceux provenant des produits dangereux.

  • saint le 09.12.2016 09:18 Report dénoncer ce commentaire

    Pour le moment, le focus est plus sur le nucléaire... car ca fait plus peur. Pour le sujet ci-dessous, cela fait pas mal de temps (des années...) que des études rapportent les effets néfastes de ces substances sur nos organismes. Ce sera peut être un désastre sanitaire, peut être pas... on ne le saura que plus tard.... Désormais, nous sommes informés et donc tous complices : consommateurs, politiques, industriels, etc...

Les derniers commentaires

  • saint le 09.12.2016 09:18 Report dénoncer ce commentaire

    Pour le moment, le focus est plus sur le nucléaire... car ca fait plus peur. Pour le sujet ci-dessous, cela fait pas mal de temps (des années...) que des études rapportent les effets néfastes de ces substances sur nos organismes. Ce sera peut être un désastre sanitaire, peut être pas... on ne le saura que plus tard.... Désormais, nous sommes informés et donc tous complices : consommateurs, politiques, industriels, etc...

  • bibi le 08.12.2016 19:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui mes les lobby créent deja pas mal d emplois...

  • Un avis comme un autre... le 08.12.2016 18:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Alors ? Pourquoi ne pas interdire purement et simplement tous ces produits toxiques ? En ne faisant rien, nos gouvernants sont complices. Le marché "écologique" créera des emplois qui viendront remplacer ceux provenant des produits dangereux.