Reconversion en cuisine!

30 avril 2020 06:00; Act: 30.04.2020 13:14 Print

De chauffeur Uber aux fourneaux!

Pandémie oblige, des Vénézuéliens se sont réinventés à Miami et ont décidé de se mettre aux fourneaux.

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Rafael Delgado (gauche) et Mario Amate (droite) sont en pleine préparation de «tequeños», un apéritif vénézuélien.

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Avant la pandémie, il suffisait de monter dans un Uber à Miami pour entendre l'accent vénézuélien, tant ils sont nombreux à s'être installés en Floride. Mais aujourd'hui, leur activité étant en chute libre, beaucoup de ces chauffeurs de VTC ont décidé de se mettre aux fourneaux et de cuisiner vénézuélien pour nourrir les gourmands confinés. Et la transition se passe si bien pour certains qu'ils espèrent continuer une fois passée l'épidémie de coronavirus.

Mario Amate se souvient du jour, mi-mars, où il a allumé son téléphone et où ce dernier est resté bien silencieux: aucune notification d'Uber, son principal gagne-pain, ne le faisait sonner. Les États-Unis commençaient alors à se mobiliser face à la montée de l'épidémie et la Floride, État du Sud-Est, avait déjà fermé les commerces non essentiels.

Vendre des «tequeños»

Mario Amate, qui était avocat dans son pays, a fait toutes sortes de petits boulots ici. Il cuisinait aussi, mais 70% de ses revenus provenaient d'Uber. Quand l'employeur de son épouse, qui est comptable, a réduit de moitié les horaires de cette dernière, l'angoisse a commencé. «On était inquiets parce qu'on a vu qu'on avait des rentrées d'argent pour une semaine. Et après?», explique-t-il.

C'est alors que son voisin Rafael Delgado, lui aussi vénézuélien, qui a été licencié par l'hôtel où il travaillait et conduisait pour Uber pendant son temps libre, lui propose de préparer et de vendre des «tequeños», un apéritif vénézuélien, sorte de bâtonnets de fromage frit. «On était très anxieux mais on ne pouvait pas croiser les bras et ne rien faire», dit le jeune homme de 29 ans, dont l'épouse a aussi été licenciée.

À eux quatre, ils se sont mis à produire 1 000 «tequeños» par semaine, ce qui leur permet de survivre. «Les moments de crise, ce sont aussi des moments d'opportunités», dit M. Amate. «Nous sommes habitués. Réagir, c'est ce qu'il y a de mieux à faire».

(L'essentiel)