À Berlin

04 août 2017 12:40; Act: 04.08.2017 15:38 Print

Des «mini-​​maisons» pour héberger des réfugiés

Des «mini-maisons» pour héberger des réfugiés? Le projet a germé en 2015 dans la tête d'un architecte devant la file d'attente d'un centre social pour demandeurs d'asile à Berlin.

L'architecte berlinois Van Bo Le-Mentzel explique le montage de la mini-maison.

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«Je suis allé cherché ma perceuse et j'ai ramassé du bois trouvé au hasard dans les rues pour les apporter là où les gens attendaient», puis, avec quelques réfugiés, «on a simplement commencé à construire», raconte Van Bo Le-Mentzel, architecte berlinois de 40 ans. En peu de temps, une maison modèle réduit prend forme. Elle servira d'abri aux enfants lors des intempéries, également à tromper l'ennui lors d'attentes interminables devant ce centre littéralement débordé en cette année 2015, lorsque l'Allemagne a accueilli 890 000 réfugiés.

Cette demeure de fortune bricolée avec trois clous et deux bouts de bois constituait le prémisse de la «Tiny House University» («l'Université de la mini-maison »): un projet rassemblant architectes, designers et migrants, destiné à expérimenter de nouveaux modes d'hébergement pour les populations dans le besoin, réfugiés ou travailleurs pauvres. Cette tendance a émergé il y a quelques années, principalement aux États-Unis, par choix politique pour préserver l'environnement ou par nécessité financière. Elle s'étend à présent.

Montés sur roues

«Nous essayons de créer de nouveaux types d'hébergements» pour ceux qui n'ont ni terrain ni argent, explique Van Bo Le-Mentzel, concepteur en 2010 d'une série de meubles à bas coût réalisés à partir de matériaux de récupération. L'équipe de la «Tiny House University», qui compte six réfugiés, travaille actuellement avec le musée Bauhaus de Berlin pour construire vingt «mini-maisons» de 10 m2 chacune.

Ces logis seront montés sur roues et pourront être garés sur un emplacement de parking. «À Berlin, il y a 1,5 million de voitures garées la nuit sans être utilisées» et chacun de ces emplacements de parking «fait environ 10 m2», soit la surface d'une mini-maison, relève Van Bo Le-Mentzel. «Que se passerait-il si on remplaçait ces 1,5 millions de voitures par des mini-maisons?», dans lesquelles des réfugiés pourraient vivre, rêve l'architecte.

(L'essentiel/AFP)