Mode

15 mars 2017 12:38; Act: 15.03.2017 13:22 Print

Alaïa, petit monsieur et grand couturier

Un film nous fait pénétrer dans l’univers secret d’Azzedine Alaïa. C'est un document rare car le créateur de mode, qui habille tant de stars, préfère rester dans l'ombre.

storybild

Azzedina Alaïa en 1990. (photo: Getty )

  • par e-mail

La caméra de Joe McKenna se faufile dans une ancienne usine, située à l'angle des rues de Moussy et de la Verrerie, à Paris. C’est ici qu’Azzedine Alaïa a installé son atelier. Joe, qui est d'abord un styliste-plateau hors pair, collabore depuis longtemps avec le grand couturier, immigré tunisien distillant l'essence du chic parisien. En 2016, l’Écossais a réalisé un documentaire sur le maître (à voir ici) qu’il admire. Le film est visible sur le Net depuis quelques jours. À l’écran, on découvre ce petit monsieur (le sommet de sa tête arrive à l’épaule ou à la poitrine des mannequins) au travail avec son équipe et son chien.

Sa carrière a débuté dans les années 1960. Son talent est immense. C'est un perfectionniste. Aspect qui n'a pas échappé à plusieurs générations de femmes avisées dont la silhouette a été sublimée par ses robes. Parmi elles, on compte des stars qui font appel à Alaïa pour un grand rendez-vous international quand les regards du monde les scruteront. Lady Gaga et Scarlett Johansson aux Oscars, Rihanna aux Grammies, Alicia Keys au Super Bowl, Michelle Obama en visite chez la reine d'Angleterre à Buckingham Palace.

Ses défilés sont rares

Le couturier ne s'inscrit pas dans le calendrier de la mode. Il défile uniquement quand il est prêt. C'est à chaque fois un événement du fait de sa rareté. Même recul dans le film de McKenna où on le voit sans l'entendre. L’homme, âgé de 77 ans, est timide et ne s’exprime pas en public. Accepter le tournage est déjà un geste extraordinaire.

Alors, le court métrage (25 min) noir et blanc donne la parole à ceux qui l’entourent et qui l’aiment. Nicolas Ghesquière, directeur artistique chez Louis Vuitton, qui a été formé chez lui, évoque «la perfection de ses coupes. Avec elles, le mot architecture prend tout son sens». On palpe aussi l’émotion de Naomi Campbell, muse d’Alaïa, qui en parle comme de son «papa».

(L'essentiel/Emmanuel Coissy)