Look

21 octobre 2019 08:22; Act: 21.10.2019 12:05 Print

Au Bangladesh, les barbes orange font fureur

Il est presque impossible de marcher dans une rue de Dacca sans rencontrer des hommes âgés avec la barbe teinte au henné. Un phénomène entre mode et signe religieux.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Lorsque la barbe d'Abul Mia a commencé à blanchir il y a deux ans, ce porteur d'un marché de légumes de Dacca a suivi l'air du temps: il s'est mis à la teindre en orange, au henné. «J'adore. Ma famille dit que j'ai l'air plus jeune et plus beau», confie à l'AFP ce travailleur du Bangladesh de 60 ans, à la pilosité désormais flamboyante. Même enthousiasme du côté de Mahbubul Bashar, un Bangladais quinquagénaire, dont le sourire trahit le plaisir que lui procure son nouveau look: «Je l'utilise depuis deux mois dans mes cheveux. J'aime beaucoup».

Couleur mandarine, safran ou pamplemousse... Il est désormais presque impossible de marcher dans une rue de la capitale bangladaise sans rencontrer des hommes âgés avec la barbe teinte au henné, concoction traditionnelle en Asie du Sud. Un phénomène entre mode et signe religieux. «Se mettre du henné sur les barbes et les cheveux est devenu une tendance de mode ces dernières années pour les hommes âgés», note Didarul Dipu, chef du département mode au magazine Canvas. «La poudre se trouve facilement dans les épiceries de quartier et s'applique facilement, par rapport à la teinture traditionnelle au henné».

«Nous avons des clients qui viennent chaque semaine»

Le henné est utilisé de longue date dans les mariages du sous-continent indien. Sa pâte sert à dessiner des motifs complexes sur les bras et mains des mariés ainsi que de leurs invités. Les communautés musulmanes d'Asie et du Moyen-Orient connaissent aussi depuis longtemps son usage pour les barbes. Mais le Bangladesh, nation de 160 millions d'habitants très majoritairement musulmane, est devenu leader en la matière.

Autrefois, la concoction s'obtenait en broyant des feuilles de henné, un arbuste épineux. Mais le procédé était chronophage et la préparation parfois hasardeuse. Aujourd'hui, avec l'omniprésence de petits sachets bon marché de poudre prête à l'emploi, la donne a changé. Barbier dans le quartier de Shaheenbagh à Dacca, Shuvo Das a vu ses revenus croître grâce à ce nouvel engouement. «Avant, presque personne ne venait pour ça. Mais maintenant nous avons des clients qui viennent chaque semaine pour se faire teindre la barbe».

«C'est moche»

Un vendredi, premier jour du week-end au Bangladesh, Shuvo Das verse de la poudre importée d'Inde dans une coupelle d'eau pour préparer la teinture. À l'aide d'une brosse à dents, il applique soigneusement la mixture à la barbe de son client pour qu'elle s'y imprègne. «Il faut environ 40 minutes pour rendre la barbe rougeâtre et brillante. C'est très peu cher aussi. Un sachet ne coûte que 15 takas», soit 19 centimes d'euro, explique-t-il. Mais la cure de jouvence n'est pas la seule raison derrière ce phénomène qui fait que les coiffeurs de Dacca sont de plus en plus nombreux à proposer des colorations au henné dans la palette de leurs services.

D'éminents imams recourent également à cette teinte afin, d'après les experts, d'affirmer leur piété. Selon certains textes religieux musulmans, le prophète Mahomet se teignait au henné. «J'ai entendu les religieux dire que le prophète Mahomet utilisait du henné pour sa barbe. Je ne fais que suivre», raconte Abu Taher, un habitant de Dacca. Le henné fait partie de son look depuis plus de vingt ans, et il est persuadé qu'il donne à sa barbe une vitalité renforcée: «Regardez cette croissance. Est-ce que ce n'est pas vigoureux?».

Selon Monirul Islam Khan, professeur de sociologie à l'université de Dacca, la multiplication des barbes au henné «est un signe de la ferveur musulmane, dans la société bangladaise». Mais, ajoute-t-il, même des hommes qui ne sont pas particulièrement pratiquants s'y convertissent car «ils veulent avoir l'air plus jeunes. Même les femmes s'y mettent car cela fait briller leur chevelure». Cependant les barbes orange font voir rouge à certains. «Je ne sais pas comment cette mode est arrivée au Bangladesh mais c'est moche», lâche un banquier du quartier de Karwan Bazar, qui n'a pas souhaité donner son nom.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Le Belge le 21.10.2019 15:41 Report dénoncer ce commentaire

    En Allemagne début années 30, c'était une petite en dessous du nez qui faisait "fureur"...

  • Hugo le 21.10.2019 12:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moche

  • georgette le 21.10.2019 13:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cela existe depuis toujours. Inde, Népal, etc...

Les derniers commentaires

  • Le Belge le 21.10.2019 15:41 Report dénoncer ce commentaire

    En Allemagne début années 30, c'était une petite en dessous du nez qui faisait "fureur"...

  • georgette le 21.10.2019 13:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cela existe depuis toujours. Inde, Népal, etc...

    • Le Belge le 21.10.2019 15:42 Report dénoncer ce commentaire

      Nez pâle et barbe orange...

  • Le Russe le 21.10.2019 13:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pq pas si ça les amuse

  • Hugo le 21.10.2019 12:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moche