Réchauffement climatique

17 septembre 2019 17:59; Act: 18.09.2019 11:29 Print

+7°C en 2100? Une nouvelle étude alarmante

Le réchauffement climatique s'annonce plus prononcé que prévu, le scénario du pire prévoyant +7°C en 2100, ont averti mardi, des scientifiques français.

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En cas d'augmentation significative de la température à la surface du globe, il n'y aurait plus de glace au Groenland. (photo: AFP)

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Une centaine de chercheurs et d'ingénieurs, notamment du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et de Météo-France, ont participé à ces travaux. Ils viendront alimenter le sixième rapport d'évaluation du groupe des experts de l'ONU sur le climat, prévu pour 2021/2022. Les scientifiques français ont produit deux modèles climatiques différents, ensuite soumis à plusieurs scénarios socioéconomiques.

«Dans le pire des scénarios considérés, la hausse de température moyenne globale atteint 6,5 à 7°C en 2100», selon une présentation. Ce scénario repose sur une croissance économique rapide alimentée par des énergies fossiles. Dans le dernier rapport du GIEC de 2014, le pire scénario prévoyait +4,8°C par rapport à la période pré-industrielle.

Les engagements pris par les États conduiraient à +3°C

Le scénario le plus optimiste, «marqué par une forte coopération internationale et donnant priorité au développement durable» permet de rester sous l'objectif des 2°C de réchauffement, mais «tout juste», avec «un effort d'atténuation (...) important» et «au prix d'un dépassement temporaire de l'objectif de 2°C au cours du siècle».

L'Accord de Paris sur le climat de 2015 prévoit de limiter le réchauffement de la planète bien en dessous de 2°C, voire 1,5°C. Les engagements jusqu'à présent pris par les États conduiraient à +3°C. Le scénario le plus optimiste «implique une diminution immédiate des émissions de CO2 jusqu'à atteindre la neutralité carbone à l'échelle de la planète vers 2060, ainsi qu'une captation de CO2 atmosphérique de l'ordre de 10 à 15 milliards de tonnes par an en 2100», ce que la technologie ne permet pas de faire actuellement.

«Une réaction plus forte à l'augmentation des gaz à effet de serre»

«La température moyenne de la planète à la fin du siècle dépend donc fortement des politiques climatiques qui seront mises en œuvre dès maintenant et tout au long du XXIe siècle», insistent le CNRS, Météo-France et le CEA. Ce réchauffement plus important va dans le même sens que d'autres modèles étrangers.

«Cela pourrait s'expliquer par une réaction plus forte du climat à l'augmentation des gaz à effet de serre anthropique que dans les simulations de 2012, mais les raisons de cette sensibilité accrue et le degré de confiance à y apporter restent à évaluer», selon un communiqué.

(L'essentiel/afp)