Mode à Milan

22 février 2018 12:13; Act: 22.02.2018 14:49 Print

Certains mannequins Gucci ont perdu... la tête

La maison italienne Gucci a offert mercredi un show époustouflant à la fashion week de Milan, en présence de stars de la mode.

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Un défilé particulièrement attendu par les invités qui avaient reçu ces derniers jours une invitation sous forme de minuterie orange avec compte-à-rebours en chiffres lumineux rouge. La promesse d'Alessandro Michele, le directeur artistique star de la maison, a été tenue à double titre: le défilé a commencé à l'heure, du jamais vu dans l'histoire de la mode, et surtout, des collections mixtes mélangeant les genres ont créé l'événement.

Le Gucci Hub, quartier général milanais de la marque, s'est transformé en bloc opératoire: murs recouverts de PVC vert, lumière au néon blanc et fauteuils prêts pour l'intervention au centre de l'espace où défilaient les mannequins hommes et femmes, le tout sur fond de musique et de bip bip d'électro-cardioscope. Comme toujours l'univers d'Alessandro Michele est hyper référencé, et aucun détail n'est laissé au hasard. La présentation écrite du show cite Michel Foucault sur la question de la régulation de l'identité sociale comme instrument de contrôle des masses.

Beaucoup d'autodérision

Face à cela, la collection de Michele se propose de casser les genres, et d'inventer un nouvel être hybride, un «Cyborg Gucci». Cette créature biologiquement indéterminée exprime son identité multiple à travers des vêtements qui évoquent tous les continents, croisent les époques et mixent les emblèmes de la pop culture: ici un chapeau pagode associé à un ensemble complet, un total look en dentelle flanqué d'une broderie New York Yankees; là un passe-montagne de ski en maille surmonté d'un turban en jacquard porté avec une veste en lurex doré. Ou encore une robe en velours bordeaux tout droit sortie d'un tableau de Piero della Francesca.

Les mannequins ont parfois un troisième œil, tantôt un bébé dragon ou leur propre tête dans les bras comme accessoire dernier cri. «Ce qui me touche c'est à la fois le talent mais aussi la dose d'humour et d'autodérision de la part d'Alessandro Michele. Sa collection est tellement riche, il faudrait avoir le temps de la décortiquer pour en comprendre tous les enjeux», a déclaré Chiara Mastroiani, à la sortie du défilé.

(L'essentiel/AFP)