Festival Anti Fashion

07 juin 2017 10:47; Act: 07.06.2017 16:18 Print

«La mode ne correspond plus à la jeunesse»

À Marseille, le colloque Anti Fashion a exploré des idées pour redonner du souffle à un système qu'il juge dépassé.

storybild

Des jeunes talents ont pu présenter leurs créations. (photo: Twitter)

Sur ce sujet
Une faute?

Ce festival - dont la 2e édition s'est achevée dimanche dans le spectaculaire hangar en travaux du J1 sur le port de Marseille - part de la publication en 2015 d'un manifeste «Anti fashion» par Lidewij Edelkoort, gourou de la mode et célèbre défricheuse de tendances, un coup de tonnerre dans le milieu. «J'ai voulu alerter le public sur les abus humains et environnementaux de ce système qui ne fonctionne plus, qui est en train de mourir», peuplé de maisons géantes produisant des collections à un rythme effréné, a déclaré Mme Edelkoort, cheveux gris et lèvres écarlates.

«La mode est devenue démodée, elle ne correspond plus à la jeunesse, qui aspire à d'autres manières de travailler et de consommer». «Ce modèle dans lequel une masse anonyme et épuisée façonne nos vêtements et nos idées et un créateur seul récolte les applaudissements n'est plus adapté», affirme-t-elle. Pour chercher des solutions concrètes, le premier festival est monté «en deux mois et demi, avec très peu de moyens, il y avait 130 personnes. Notre idée est que le tee-shirt qu'on porte et le contenu de notre assiette ont autant d'importance que le bulletin de vote qu'on glisse dans l'urne», raconte la fondatrice, Stéphanie Calvino.

«Tant de jeunes échouent aux concours»

Elle l'implante à Marseille car «rien ne s'y passe comme ailleurs, il y a un côté friche expérimentale, ville sauvage, on teste des choses qu'on ne peut pas tester ailleurs, en marge de tout», et en s'appuyant sur les traditions et l'industrie textile de la ville. Pour faire bouger les lignes, les organisateurs misent sur l'éducation. Pendant 15 jours avant le festival, des étudiants du master de mode de l'université d'Aix-Marseille planchent sur de nouveaux modèles économiques pour le secteur, sous la direction de Pascale Gatzen, professeur à la prestigieuse Parsons School de New York.

Des jeunes talents repérés par des éducateurs de centres sociaux dans les cités défavorisées de Marseille viennent ensuite présenter leurs créations. Âgés de 18 à 22 ans, originaires de la cité de Frais Vallon, dans le 13e arrondissement (nord), ils ont pioché dans un stock de grossistes de jeans pour créer des pièces, sans connaissances techniques préalables. «Il y a tant de jeunes bloqués aux portes du système, qui échouent aux concours car ils n'en maîtrisent pas les codes, ou n'ont pas les moyens de réaliser ne serait-ce que des prototypes», regrette la journaliste de mode Sophie Fontanel, qui anime les conférences du festival.

Proposer des prix «justes»

«Mais ils peuvent peut-être se passer de tout ça, trouver de nouvelles voies». Ensuite, des conférences s'attellent à chercher des solutions pour «produire de manière raisonnée», comme «acheter du tissu tous ensemble plutôt qu'au compte-gouttes, acheter trois tee-shirts plutôt que dix, oser porter des vieux vêtements, recycler», énumère Stéphanie Calvino, citant un atelier où l'on apprend à raccommoder des vêtements troués avec du fil d'or.

Le festival, soutenu par la Ville de Marseille, s'appuie également sur une poignée de marques, triées sur le volet pour leur démarche, comme Maison Standards. Son fondateur Uriel Karsenti explique que pour proposer des prix «justes», pour lequel sa marge est «trois à quatre fois inférieure à la plupart des marques», il multiplie les initiatives innovantes, en laissant par exemple aux clients le choix du prix qu'ils souhaitent payer. Pour Li Edelkoort, l'objectif est de «changer le système de l'intérieur et doucement, d'éroder les grandes maisons. Mêmes les très grands navires commencent à réfléchir».

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Mum le 07.06.2017 21:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la mode de maintenant est juste moche voila pourquoi je n ai plus envie d acheter de fringues :-( idem pour les jeunes filles donc m'étonne pas que les boutiques ne marchent plus remarquez vous lol

Les derniers commentaires

  • Mum le 07.06.2017 21:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la mode de maintenant est juste moche voila pourquoi je n ai plus envie d acheter de fringues :-( idem pour les jeunes filles donc m'étonne pas que les boutiques ne marchent plus remarquez vous lol