Orthorexie

26 juillet 2017 08:59; Act: 26.07.2017 14:54 Print

Vouloir manger «sain» jusqu'à s'en rendre malade

La suspicion envers le monde agroalimentaire a popularisé les régimes «sans» (végétariens, vegan, crudivores...), mais ces pratiques ne sont pas sans danger.

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Vouloir manger équilibré et sainement est une bonne démarche, sauf quand cela tourne à l'obsession. On parle alors d'orthorexie.

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Les régimes végétariens, vegan, crudivores... ont le vent en poupe. Des régimes vus comme les garants d'un équilibre alimentaire sain mais qui peuvent virer à l'orthorexie. «Manger un fruit uniquement s'il a été cueilli il y a moins d'une minute, faire des mini repas assortis de compléments alimentaires... L'orthorexique est emprisonné dans un ensemble de règles qu'il s'impose», explique le professeur de psychologie interculturelle, Patrick Denoux, qui estime, selon les études, de 2 à 3% la proportion d'orthorexiques en France.

Conceptualisé dans les années 90 aux États-Unis, le terme d'orthorexie est défini par Le Petit Larousse en 2012, comme «trouble». «Nous vivons une mutation culturelle de l'alimentation qui nous amène à douter fondamentalement de ce que nous mangeons à cause de l'éloignement du producteur et du consommateur, de la délégation du contrôle par le consommateur à des institutions lointaines, des crises alimentaires...», liste le spécialiste.

«Une réaction extrême à une malbouffe extrême»

Après le "traumatisme" de la crise de la vache folle aux débuts des années 90 puis celle de la viande de cheval en 2013, «on n'a jamais eu aussi peur de ce qu'on mange», confirme Pascale Hébel du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie). «J'avais l'impression de détenir la vérité pour vivre le plus longtemps possible», témoigne ainsi Sabrina Debusquat, qui a été orthorexique pendant un an et demi, et qui a publié un livre sur le sujet («Métro, Boulot... Bonheur !»).

Cette Française de 29 ans a développé son syndrome à la suite d'allergies de la peau provoquées par des cosmétiques: de clic en clic, elle tombe sur des sites fustigeant l'alimentation industrielle. «Toutes ces informations ont généré chez moi une angoisse énorme. C'est une réaction extrême à une malbouffe extrême», résume-t-elle. En un an et demi, Sabrina Debusquat est devenue végétarienne, puis vegan (refus de manger toute protéine animale), puis crudivore et frugivore (alimentation à base de fruits). «Je voulais atteindre un état de pureté», justifie-t-elle.

Elle perd ses cheveux, sans s'en inquiéter

Elle stocke les produits qu'elle juge «sains», les pèse et prend leur température, tout en critiquant ses proches qui ne suivent pas le même régime. Elle perd ses cheveux, sans s'en inquiéter. Seul l'énervement inhabituel de son compagnon lui permet de se rendre compte de son état obsessionnel. «Mon corps avait fini par tyranniser mon esprit». Elle décide de s'en sortir et sort acheter de la vitamine B12. Obtenue par extraction animale, cet élément sert essentiellement à la fabrication des globules rouges.

C'est cette même vitamine dont manquait une patiente de Sophie Ortega, médecin nutritionniste à Paris: «Elle commençait à devenir aveugle par carence de B12». «Vegan pure et dure», cette patiente refuse d'en avaler. «C'était comme si elle préférait perdre la vue» que «de trahir son engagement envers les animaux», s'inquiète son médecin. Praticienne depuis 25 ans, Sophie Ortega souligne la perte actuelle de repères chez ses patients. «Cela devient un casse-tête de remplir son chariot de supermarché et d'équilibrer ses menus. Il y a maintenant des aliments présentés comme des médicaments; on se dit que ça ne peut qu'être meilleur». Mais cette médecin insiste: «La bonne alimentation inclut le végétal et l'animal», autorise «la spontanéité» et... «le plaisir».

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Mimi le 26.07.2017 11:20 Report dénoncer ce commentaire

    Bon article, bien écrit et qui reflète vraiment la réalité. Des régimes en tout genre se développent de plus en plus. Alors qu'on ne devrait même pas parler de régime. La santé, la forme physique et mentale, passent par une hygiène alimentaire et non un régime alimentaire. Manger de tout, en bonne quantité, et non pas suivre une mode c'est ça le secret.

  • Raphaël le 26.07.2017 15:03 Report dénoncer ce commentaire

    Je suis végétarien et je ne suis pas une mode. Il ne faut de rien en faire une "idéologie". Ce qui compte c'est le plaisir de manger et de vivre, bien dans sa peau. Et je respecte ceux qui veulent avoir leur steak quotidien. Ceci dit, l'auto-critique saine pour le bien-être de la planète ne doit jamais être perdu de vue, quoiqu'on fasse.

  • Maeva le 26.07.2017 15:01 Report dénoncer ce commentaire

    C'est comme tout, les extrêmes sont toujours néfastes. Le problème est que de nos jours nous sommes aussi dans un extrême qui est celui de la consummation de viande/produits animaliers. De plus, la qualité n'est plus ce qu'elle était à l'époque, la nourriture s'est transformée en poison, c'est pourquoi il faut vraiment manger varié pour éviter de consommer trop d'hormones, d'antibiotiques, de plomb et autres crasses qu'on ignore !

Les derniers commentaires

  • dieux le 26.07.2017 20:27 Report dénoncer ce commentaire

    C'est ce que je fais,fini les gâteaux,charcuterie...Maintenant je fais attention a ma ligne ces derniers jours j'ai moins d'appêtit je suis content,j'ai hâte dans quelque mois me retrouver a moins de 40 kilos en trop cela prendra du temps mon régime va payer je veux retrouver un corps léger comme autrefois.(moins me goinfrer).

  • vilecoyote le 26.07.2017 18:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Sabrine donc les plantes n'ont pas une vie à faire aussi sur Terre ? Nous sommes génétiquement programmés omnivores, pourquoi aller contre notre nature ?

  • fritovore le 26.07.2017 15:46 Report dénoncer ce commentaire

    je me nourris comme c'est recommandé dans cet article. je me fais plaisir. je ne mange que des junk food. et je m'en porte très bien. 78kg pour 180cm. et mes dernières analyses ne montrent aucune carence ni aucun excès(cholesterol par exemple). ceux qui ont des problèmes alimentaires devraient faire comme moi au lieu d'écouter des nutritionistes qui n'y connaissent rien.

  • Raphaël le 26.07.2017 15:03 Report dénoncer ce commentaire

    Je suis végétarien et je ne suis pas une mode. Il ne faut de rien en faire une "idéologie". Ce qui compte c'est le plaisir de manger et de vivre, bien dans sa peau. Et je respecte ceux qui veulent avoir leur steak quotidien. Ceci dit, l'auto-critique saine pour le bien-être de la planète ne doit jamais être perdu de vue, quoiqu'on fasse.

  • Maeva le 26.07.2017 15:01 Report dénoncer ce commentaire

    C'est comme tout, les extrêmes sont toujours néfastes. Le problème est que de nos jours nous sommes aussi dans un extrême qui est celui de la consummation de viande/produits animaliers. De plus, la qualité n'est plus ce qu'elle était à l'époque, la nourriture s'est transformée en poison, c'est pourquoi il faut vraiment manger varié pour éviter de consommer trop d'hormones, d'antibiotiques, de plomb et autres crasses qu'on ignore !