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24 avril 2017 10:39; Act: 24.04.2017 11:01 Print

À 24 ans, elle assume sa mastectomie

Paige More s’est fait retirer la poitrine en prévention du cancer du sein. Sur Instagram, elle documente tout le processus.

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Pendant qu’on bataille avec le problème mondial n°1 qui consiste à choisir quelle photo de food porn ou quel selfie télécharger sur notre compte Instagram, Paige More, elle, sélectionne LA photo sur laquelle ses seins et ses cicatrices sont les plus beaux. Car la jeune Américaine, âgée de 24 ans, a subi une mastectomie il y a trois mois.

Tout a commencé il y a deux ans, quand elle a été diagnostiquée porteuse du gène BRCA1. Ce gène héréditaire augmente le risque de développer une tumeur et tout particulièrement un cancer du sein. Paige l’avait hérité de son père. Deux options se présentaient alors à elle: soit elle optait pour une surveillance médicale avec une échographie au minimum tous les six mois, soit elle se soumettait à une ablation des seins. La jeune femme, alors âgée de 22 ans, a eu beaucoup de mal à prendre une décision.

Un compte Instagram en guise de thérapie

«Il m’a fallu un an pour prendre conscience de la gravité de la situation», explique Paige dans une interview dans l’émission «Good Morning America». Mais après une longue hésitation, elle a pris la décision de subir une double mastectomie, c’est-à-dire une opération chirurgicale au cours de laquelle on retire les deux seins.

«Je voulais vaincre le cancer avant qu’il n’ait une chance de se développer», raconte la blonde Américaine. De plus, elle a créé la chaîne Instagram «Paige Previvor», consacrée à ses mésaventures après la mastectomie. À ce propos, elle explique: «Je voulais créer une plateforme pour les femmes diagnostiquées porteuses du BRCA et qui galèrent pendant leur convalescence postopératoire».

Attaques de panique et dépressions

C’est ainsi que Paige prend la pose seins nus devant de belles fresques murales, qu’elle tourne en dérision sa prise de décision difficile concernant ses implants mammaires ou célèbre ses nouveaux faux seins. Mais toutes les photos ne sont pas aussi légères. Outre les photos sur lesquelles on la voit souriante, il lui arrive également de poster, de temps à autre, des vidéos dans lesquelles on la voit dans les premières étapes douloureuses suivant l’ablation de ses seins ou en larmes en train de commenter ses attaques de panique et ses états dépressifs. C’est justement cette sincérité qui plaît. Page a déjà fait la une du magazine populaire américain People. Elle a également défilé pendant la Fashion Week à New York et a généré près de 15 000 abonnements en seulement trois mois.

Les internautes qui la suivent sur son compte Instagram ne sont cependant pas les seuls à puiser du courage dans la documentation intime de Paige. Elle-même en retire les plus grands bienfaits. «Je pensais que j’étais la seule avec ce diagnostic et que personne ne pouvait comprendre ce que je vivais, se souvient-elle. Mais maintenant, je suis soutenue par des milliers de personnes qui ont vécu exactement la même chose que moi et qui me comprennent. C’est un sentiment indescriptible».

(L'essentiel/sac)