Mode au Nigeria

14 juin 2017 17:15; Act: 15.06.2017 11:17 Print

À Lagos, «le trad, c'est swag»!

Dans la capitale nigériane, depuis quelques années, on porte le vêtement traditionnel au bureau, aux mariages, en rendez-vous d'affaires et surtout, dans les clips et en boîte.

storybild

Avec plus de 500 groupes ethniques, le Nigeria est particulièrement attaché à ses valeurs traditionnelles. Une fierté qui commence d'ailleurs à dépasser les frontières du pays. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Dans ses clips bling-bling où shorts moulants côtoient bouteilles de champagne et grosses voitures, Wizkid, l'icône de la pop nigériane, a troqué ses jeans, ses caleçons apparents et ses tee-shirts Versace pour des tenues traditionnelles: la nouvelle tendance pour la jeunesse de Lagos. En 2016, Vogue, magazine leader de la mode, l'a élu «chanteur pop le mieux habillé du Nigeria»: un titre particulièrement convoité et exigeant dans ce pays où l'apparence est reine et la concurrence, à tous les coins de rue.

L'agbada yorouba (immense tunique de trois épaisseurs), le «Niger Delta» igbo (chemise brodée avec un col Mao), ou le babariga haoussa (longue tunique sahélienne avec chapeau asymétrique brodé) étaient, comme souvent en Afrique, considérés comme des tenues pour les anciens ou ruraux. Mais depuis quelques années, le «trad» est redevenu à la mode.

Jusqu'à 400 euros la tunique

«C'est le must maintenant», confiait Wizkid au magazine Vogue. «Quand je suis à Lagos, je porte uniquement des tissus africains. J'achète des tissus du Nord (du Nigeria), du Sud, de l'Ouest, et je les mélange», explique le musicien, érigé demi-dieu de la musique nigériane à 26 ans. Par manque d'espace, les centres commerciaux manquent cruellement dans la mégalopole de 20 millions d'habitants. Les magasins de prêt-à-porter sont rares ou difficiles d'accès.

En 2012, Omobolaji Ademosu, alias B.J., a abandonné son emploi dans une banque pour monter sa propre ligne de vêtements pour hommes, Pro7ven. Dans deux minuscules ateliers d'Ojodu, à la périphérie de Lagos, sa douzaine d'employés découpent, cousent, repassent et enchaînent les commandes au son du générateur à diesel. B.J. fait de la mode «africaine contemporaine»: de magnifiques agbadas à peine plus resserrés à la taille que le veut la tradition, brodés à l'encolure, qui peuvent se vendre jusqu'à 150 000 nairas (420 euros).

«Le trad, c'est swag. D'un jour à l'autre, je peux mettre du Igbo, du Yorouba, même le Peul (tribu nomade du Nord), je kiffe! C'est l'esprit multiculturel de Lagos, il n'y pas de barrière», sourit B.J.. Lors de rendez-vous professionnels avec un homme politique ou un chef d'entreprise important, s'habiller dans la tenue ethnique de votre interlocuteur est un signe de respect qui peut rapporter gros. Ou du moins, des contrats importants.

(L'essentiel/AFP)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.