«La Paresse du Panda»

17 février 2016 09:00; Act: 17.02.2016 10:10 Print

D'aventure en aventure avec Jeanne Picquigny

«La Paresse du Panda» marque le retour d'une héroïne fétiche. Jeanne Picquigny est celle qui a poussé Fred Bernard à faire de la BD.

Sur presque un siècle et quatre générations, Fred Bernard conte les aventures de Jeanne Picquigny, développant des intrigues exotiques teintées de fantastique, entremêlant grande histoire et petites histoires de famille. À la fin de «La Patience du Tigre», Jeanne Picquigny et ses amis avaient gravi les montagnes de l’Himalaya à la recherche de l’éternité. Avec «La Paresse du Panda», 5e opus de la série, Fred Bernard propose la suite mais racontée par Lily Love Peacock, qui est la petite-fille de Jeanne et d'Eugène.

«Jeanne est un peu ma Corto Maltese. Je suis fan et je ne m’en cache pas. Sauf qu’elle voyage avec ses enfants et son homme», explique Fred Bernard, dont le nouvel album constitue à la fois la suite de «La Patience du Tigre», qui se déroule dans les années 20, et du plus contemporain «Lily Love Peacock». «J’avais 32 ans quand j’ai commencé la BD et je cherchais un sujet qui me donne la force d’aller jusqu’au bout. Dès "La Tendresse des Crocodiles", Jeanne a un fils. Mon but était de construire une histoire courant sur plusieurs générations. Je voulais faire mes Rougon-Macquart vu du côté des femmes, mais sans écrire de romans naturalistes comme Zola».

Treize ans plus tard, les lecteurs s'amusent toujours autant de l’histoire de Jeanne. «Je me suis un peu inspiré de ma grand-mère… qui s’appelait pareil d’ailleurs. Ce n’était pas une aventurière, mais elle a eu une enfance pas banale». Si le centre du monde de Jeanne reste un manoir en Bourgogne, la lignée est toujours plus cohérente. «Lily est influencée par Jeanne, qu’elle n’a jamais connue, juste par ce que sa grand-mère a laissé derrière elle. C'est que le passé offre souvent des réponses aux questions d’aujourd’hui».

Entre deux livres, Fred Bernard avoue ainsi que les personnages de sa saga lui manquent. «Je suis trop attaché sensuellement à eux pour laisser quelqu’un d’autre les dessiner! C’est ma famille, je les aime, je les trouve poignants». À chaque nouvelle aventure, s'il sait ce qu'il a à raconter, Fred Bernard part du principe que les lecteurs doivent être surpris, quitte à être déroutés. Avec «La Paresse du Panda», il éclaircit certains des mystères alors que d’autres sont nés. Vivement la suite!

(Denis Berche)