Bandes dessinées

07 février 2018 09:00; Act: 07.02.2018 17:01 Print

Dans Moscou en flammes, Anatoli se bat pour la vie

Le scénariste Kid Toussaint et le dessinateur Stéphane Perger lancent l'année «Signé» 2018 avec «Brûlez Moscou».

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En 2017, Le Lombard avait mis sa collection «Signé» en stand-by. Elle revient en force avec cinq nouveaux albums prévus en 2018, dont le premier s'intitule «Brûlez Moscou». 13 septembre 1812. Les armées de Napoléon s’apprêtent à entrer dans Moscou. Le gouverneur Rostopchine fait détruire les bouches d’incendie et libérer tous les prisonniers de droit commun. Ils seront amnistiés s’ils acceptent d’incendier la ville.

Au cœur du brasier infernal qu’est devenue Moscou, un homme est totalement indifférent au danger. Anatoli Lenski est un capitaine de l'armée russe qui croupit dans la prison de l'Ostrog. Flamme, vermine, soldats français, rien ne peut l'arrêter car il est prêt à tout pour atteindre un but inatteignable: retrouver sa femme Tatiana et son fils Oleg.

Serguei, un bandit patriote, va l'aider à s'échapper avant de le recroiser plus tard dans une ville en flammes où Anatoli fait la connaissance de la comtesse Agneska. «Napoléon ne s'attendait pas à ce que les Russes brûlent leur joyau. Il pensait même que les boyards, nobles de haut rang, allaient lui remettre les clés de Moscou», explique Kid Toussaint, le scénariste. Et Moscou de brûler sous les yeux de Napoléon Ier, contraint même de quitter le Kremlin au moment où les flammes entourent l'arsenal situé tout près. «C'est le début de la fin pour lui. L'empereur n'est plus ni le sauveur ni l'homme providentiel que l'on croyait», dit Kid Toussaint. La fameuse retraite de Russie n'en sera que plus terrible pour lui comme pour ses grognards.

Dans un épisode historique riche, Kid Toussaint ancre son histoire originale. S'il met en scène le comte Rostopchine, le maréchal Murat et Napoléon, c'est pour mieux raconter les aventures d'Anatoli Lenski, capitaine déchu de l'armée russe, qui mène dans Moscou en flammes sa propre guerre.

«"Brûlez Moscou" est un peu mon "Don Quichotte". Anatoli est un être différent des autres. Il s'imagine le monde tel qu'il n'est pas». Un premier dessinateur qui s'arrête en chemin, un second qui jette l'éponge pour des soucis de santé, le projet de Kid Toussaint a été sauvé par Stéphane Perger. Heureusement, car c'est vraiment une excellente histoire qui se dévore d'un seul trait.

(Denis Berche/L'essentiel)