Dans le vin

07 février 2018 17:44; Act: 08.02.2018 16:09 Print

Des «dégustations» pour goûter les pesticides

Organiser des «dégustations» de pesticides pour dénoncer leur présence dans un breuvage millénaire aussi symbolique que le vin.

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Il y aurait plus de pesticides dans le vin non bio que dans l'eau potable. (photo: AFP)

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Dans leur livre «Le goût des pesticides dans le vin», publié en janvier chez Actes Sud, le chef cuisinier bio Jérôme Douzelet, de Barjac (Gard), et le biologiste Gilles-Eric Séralini détaillent le protocole en trois étapes auquel se sont soumis depuis 2015, plus de 70 professionnels de la gastronomie et du vin dont de grands chefs. Tous ont été invités à goûter des pesticides dilués dans de l'eau aux doses où ils ont été identifiés dans des vins non bio, y compris de grands crus.

«Ce n'était pas évident, il y a une forte résistance psychologique: quand on porte le verre aux lèvres, on a l'image des têtes de mort sur les bidons», témoigne Jérôme Douzelet. «On se dit que c'est cinglé alors que quand on achète notre bouteille de vin ou notre sachet de thé rempli de résidus de pesticides, on ne se pose même pas la question», ajoute-t-il. «C'est le fruit d'années et d'années de marketing de la part des industriels de la chimie qui présentent ces produits comme inertes, éliminés par magie...», assure Jérôme Douzelet, qui dit militer en matière d'alimentation pour «du bon et du sain».

Arôme de fraise ou de bonbon

Le livre souligne, à l'instar de plusieurs études d'organisations de défense des consommateurs que la viticulture non bio, dite «conventionnelle», figure parmi les plus gros consommateurs de pesticides au monde et que les teneurs qu'on retrouve dans le vin non bio dépassent les seuils autorisés dans l'eau potable. «Cette expérience est à notre connaissance la première dans laquelle les humains ont été capables d'identifier les pesticides par le goût»,commente le professeur Séralini, spécialiste des OGM et des pesticides, dans une publication scientifique parallèle dans le «Food and Nutrition Journal».

«On parlait avec Séralini des "nez" qui repèrent les polluants dans l'air et on s'est demandé si les pesticides avaient du goût, un réflexe normal pour un cuisinier, comme pour tout autre ingrédient», explique Jérôme Douzelet.Un «Petit guide» en fin d'ouvrage retrace le fruit de ces expériences et détaille les sensations provoquées au nez et au palais par 11 pesticides répandus dans les vins (boscalide, glyphosate, fenhexamide ou folpet..): fraise artificielle ou bonbon chimique doucereux, assèchement et amertume...

L'ouvrage ne laisse pas indifférent parmi les viticulteurs dit «conventionnels». C'est «un coup de communication qui surfe sur la vague du marketing de la peur par rapport à notre alimentation», estime Delphine Fernandez, viticultrice et co-présidente des Jeunes agriculteurs du Gard, qui fait le parallèle avec les campagnes antivaccins. «Entre les délais avant récolte et le processus de vinification, les traces de pesticides que l'on pourrait retrouver sur la baie du raisin sont "dégradés"», assure la jeune femme, qui parle de «traitements raisonnés».

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Stéphane le 08.02.2018 13:31 Report dénoncer ce commentaire

    Le dénis est ce qu'il y a de mieux. Fermer les yeux braves gens...

  • albert le 08.02.2018 15:40 Report dénoncer ce commentaire

    Moi cela m'indiffère, car je bois très peu.

  • In vino veritas le 08.02.2018 22:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'avais vaguement croisé des vignerons partisans de l"agriculture raisonnée (et plutôt de bon niveau) peut-être un bon compromis

Les derniers commentaires

  • In vino veritas le 08.02.2018 22:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'avais vaguement croisé des vignerons partisans de l"agriculture raisonnée (et plutôt de bon niveau) peut-être un bon compromis

  • albert le 08.02.2018 15:40 Report dénoncer ce commentaire

    Moi cela m'indiffère, car je bois très peu.

    • Zorro le 08.02.2018 22:52 Report dénoncer ce commentaire

      Z'avez bien fait de lire l'article et d'intervenir alors. Santé ;)

  • Stéphane le 08.02.2018 13:31 Report dénoncer ce commentaire

    Le dénis est ce qu'il y a de mieux. Fermer les yeux braves gens...

  • sagga le 08.02.2018 08:51 Report dénoncer ce commentaire

    pour moi uniquement des vins bio et sans sulfites