Au Kenya

16 juillet 2018 09:38; Act: 16.07.2018 11:32 Print

Des vêtements réalisés avec des restes de poisson

Chez Alisam Products, une tannerie de l'ouest kényan, la peau des poissons est recyclée et transformée en cuir pour créer des sacs à main, chaussures, casquettes, vestes, etc.

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Alisam Product Development profite que 80% des restes de poissons sont jetés à la poubelle. (photo: AFP)

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Chaque jour, des habitants de la grande ville de Kisumu sont à pied d’œuvre sur les rives du lac Victoria, où les tilapia grillés et les perches du Nil font le régal des consommateurs. Des dizaines de vélos acheminent les peaux non utilisées par les restaurants, poissonneries et industries qui se débarrassent des déchets de poissons. Pour la petite tannerie de Newton Owino, 39 ans, il s'agit là d'une matière première précieuse et fournie gratuitement. Kisumu produit quelque 150 000 tonnes de déchets de poisson par an, mais 80% des restes sont jetés à la poubelle.

C'est ce qui a donné l'idée à ce chimiste industriel de lancer en 2012 une entreprise de cuir de poisson. «Il y a toute la matière première qu'il nous faut dans le coin» pour transformer les peaux de poisson en cuir, relève M. Owino. Les produits sont entièrement réalisés sur place par la douzaine d'employés, du tannage à la confection artisanale d'articles de mode. Sous la chaleur et les nuages de mouches, des femmes détachent d'abord la chair de la peau de poisson et l'écaillent avec leurs couteaux tranchants. Les peaux sont ensuite étendues sur des poutres de bois pour sécher, au grand plaisir des oiseaux affamés.

Prix abordables

Puis elles sont insérées pour le tannage dans un fût rouillé à manivelle et trempées dans une solution acide faite à partir de fruits locaux, comme la papaye ou l'avocat. «C'est ce que nous appelons faire tourner le tambour», explique M. Owino, joignant le geste à la parole. Ce qui en sort est plus doux, plus sombre et sent moins fort. Les peaux sont alors nettoyées, étirées et à nouveau séchées.

Stylo, ciseaux, colle et teinture: c'est tout ce dont Fella Atieno a besoin pour créer des chaussures à base de cuir de poisson. Des sandales et des bottines, notamment. Une fois les peaux en main, les différentes phases de fabrication se succèdent pour donner vie à des objets élégants qui rappellent une peau de serpent ou de crocodile... mais pour une fraction de leur prix. Les chaussures que fabrique Fella Atiena se vendent en effet pour 1 500 shillings (13 euros) et les blousons pour 2 000 shillings (17 euros), des prix abordables. Newton Owino veille à ce qu'il en soit ainsi pour que ses employés puissent avoir accès à leur propre production.

(L'essentiel/afp)