À Los Angeles

11 novembre 2019 08:37; Act: 11.11.2019 10:21 Print

Elle dort dans une boîte de moins de 3 m²

Kay Wilson vient d'emménager à Los Angeles. Crise du logement oblige, elle dort dans une «capsule», dans laquelle son lit et quelques affaires tiennent.

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Kay Wilson vient d'emménager à Los Angeles, la ville de ses rêves, et s'estime chanceuse: elle a trouvé un logement au même prix que le joli petit studio qu'elle occupait en Pennsylvanie. Seul hic, la jeune femme dort dans une boîte de moins de 3 m2, crise du logement oblige. Son lit et ses quelques affaires tiennent dans une «capsule» inspirée par certains hôtels japonais au créateur d'UP(st)ART, une résidence majoritairement peuplée de jeunes artistes désirant conquérir Hollywood, qui propose pas moins de 90 de ces couchettes.

Le loyer n'est pas si bon marché, environ 800 dollars (725 euros environ) taxes comprises, un peu plus que ce que Kay Wilson, 26 ans, payait pour un vrai studio à Bethlehem, à une centaine de kilomètres au nord de Philadelphie, dans le nord-est des États-Unis. «Mais je ne pouvais pas m'en offrir un ici. Ils étaient à 1 300 dollars ou plus par mois», explique la coiffeuse à l'AFP. À Los Angeles, elle touche le salaire minimum de 13 dollars par heure, plus les éventuels pourboires.

Des capsules «douillettes»

Jeremiah Adler, qui a créé la résidence voici déjà trois ans, souligne que ses capsules coûtent environ moitié moins que le loyer moyen pour un studio à Los Angeles, l'une des villes les plus chères des États-Unis après New York et San Francisco. Chaque chambre d'UP(st)ART peut abriter jusqu'à six «capsules», des caissons d'1,22 m de large sur 2,44 de long, que Kay Wilson qualifie de «douillettes». De conception sommaire, elles se résument à un lit, une ventilation, une tringle pour suspendre des vêtements et quelques compartiments pour ranger chaussures et autres effets personnels. Le tout est fermé par un rideau pour conférer un semblant d'intimité.

Il y a certes moyen de trouver une chambre plus grande et moins chère à Los Angeles, en colocation ou chez l'habitant. Mais UP(st)ART propose toute une kyrielle de services particulièrement attractifs pour sa clientèle jeune et artistique. En plus de son bâtiment moderne et bien situé, la résidence offre une salle de sport, des cours de danse, un studio d'enregistrement, un atelier d'art, sans oublier ménage et lessive gratuits.

«Vivre avec le minimum»

Pour Dana Cuff, architecte et urbaniste enseignant à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), ce concept a beau être de plus en plus populaire dans les grandes villes confrontées à une pénurie de logements, il ne peut constituer qu'une réponse à court terme. «Nous devons développer une large gamme de solutions pour rendre des logements disponibles. Pour moi, la colocation, le partage de capsules, ce sont des symptômes de ce besoin profond de solutions alternatives», dit-elle à l'AFP. Dans l'immédiat, les affaires marchent pour M. Adler, qui gère huit résidences, d'une capacité totale de 374 personnes.

C'est «soirée tacos» à UP(st)ART et une cinquantaine d'occupants de la résidence partagent le repas dans l'une des salles communes de ce complexe de quatre maisons. Il y a là des rappeurs, des danseurs, des sculpteurs, des comédiens... Certains Américains, d'autres venus de l'étranger. Voilà déjà un an que Kimma Moonshine, Canadienne de 27 ans, habite ici et elle ne se sent pas particulièrement à l'étroit. «On apprend à vivre avec le minimum», explique la jeune femme, peintre de formation, qui gagne sa vie comme nounou. Il lui est arrivé de se loger pour moins cher, mais elle se trouve bien dans la résidence.

«J'avais douze colocataires, le seul moyen pour moi de peindre, c'était sur la table de la cuisine, quand tout le monde était parti se coucher», se souvient-elle, heureuse d'avoir désormais un atelier à sa disposition. Alejandro Chupina, 27 ans lui aussi, a quitté le domicile familial lorsqu'il était encore adolescent pour poursuivre sa vocation d'acteur et de musicien. Il est séduit par la résidence, et son studio d'enregistrement, qu'il a intégrée voici huit mois. «On en a largement pour notre argent», juge-t-il. Seule restriction imposée par les propriétaires aux réjouissances collectives, les femmes dorment d'un côté et les hommes de l'autre. Et si l'espace restreint des capsules n'était pas suffisamment dissuasif, les relations sexuelles sont de toutes façons prohibées.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Bricoleur le 11.11.2019 09:13 Report dénoncer ce commentaire

    La solution pour le marché immobilier luxembourgeois. 800€ pour 3 m2. Je vais transformer ma cave !

  • jean-Claude le 11.11.2019 09:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les nouveaux marchands de sommeil sous l'appellation de la sainte start up !! On me dira qu'il vaut mieux ça que la rue ...Oui c'est sûr...en attendant qui se fait milliers de dollars ?

  • HumanitAïe le 11.11.2019 10:24 Report dénoncer ce commentaire

    Quand on voit ça, on n'oserait presque plus se plaindre de notre condition du logement ici au Luxembourg...

Les derniers commentaires

  • lol le 12.11.2019 09:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On est presque à ça il faut regarder Rbnb et lés logements proposés par les particuliers au Luxembourg dans les caves aménagées certes et pour 5 personnes !

  • Ben-J le 12.11.2019 05:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une startup fabuleuse qui surfe sur la bienveillance et le marché saturé pour proposer avec compassion des logements à des “sans abris” moyennant 1000balles par mois. Moi je fais louer un 60m carré pour 600e par mois en France, suis je aussi un saint?

    • Francky le 12.11.2019 08:17 Report dénoncer ce commentaire

      et moi je dois revoir mes prix 750 €pour 40 m2 a differdange.

  • Winnetou le 11.11.2019 13:41 Report dénoncer ce commentaire

    A l'époque, nous dormions dans des petites tentes appelées "tipi". C'était le bon vieux temps !

  • GG57 le 11.11.2019 12:56 Report dénoncer ce commentaire

    j'aurais tellement peur qu'un des "locataires" mettent le feu par accident, comme avec une cigarette par exemple, et que l'ensemble des caissons flambe en quelques instants... Mon dieu :(

  • Résidente le 11.11.2019 11:10 Report dénoncer ce commentaire

    Quelque part c'est bien triste d'en arriver là... au vu des prix de l'immobilier au Luxembourg... on en est pas loin non plus d'arriver à ce scénario.

    • Mimi le 11.11.2019 13:06 Report dénoncer ce commentaire

      Sauf que 800€ c'est un box pour dormir + des prestations...Nous ici on aurait même pas le temps de profiter de ces services annexes... donc ça reviendrait cher la couchette à 800€...