Liban

16 mars 2019 13:02; Act: 16.03.2019 13:07 Print

«Je déteste les éclats d'obus mais je les aime»

Un sculpteur offre une seconde vie aux roquettes, éclats d'obus et autres vestiges de la guerre civile qu'a connue le Liban.

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Au Liban, les éclats d'obus qui s'abattaient autrefois sur les champs de bataille, entraînant dans leur sillage mort et destruction, connaissent à présent une nouvelle vie. Un artiste a décidé de métamorphoser ces vestiges de la guerre en sculptures célébrant la mémoire et les traditions. Dans le village de Remhala, au sud de la capitale Beyrouth, des dizaines d'œuvres d'art sont exposées dans le jardin de Charles Nassar, 54 ans. Des restes de roquettes, d'éclats d'obus et de munitions sont désormais réincarnés en un violoniste, un agriculteur labourant son champ ou un coq à la queue ondulée et à la tête faite à partir du propulseur d'un missile.

«Je déteste les éclats d'obus mais en même temps je les aime», confie le sculpteur à la barbe poivre et sel. Petit pays multiconfessionnel de l'est de la Méditerranée, le Liban a été secoué ces dernières décennies par de nombreux conflits. Des pluies de métal se sont abattues sur le pays durant la guerre civile (1975-1990), puis lors du conflit en 2006 entre le mouvement chiite libanais Hezbollah et Israël, et l'année d'après pendant des affrontements dans un camp palestinien. M. Nassar a été contraint de quitter le Liban lors de la guerre civile, durant laquelle sa grand-mère a été tuée.

«Transformer le noir en blanc»

Des représentations de cette dernière et d'autres figures du passé de l'artiste sont exposées dans son jardin. Dans un coin, une sculpture de sa grand-mère ramassant des escargots jouxte une autre de son père qui trait une vache. D'autres êtres de métal incarnent une femme faisant cuire du pain dans un four traditionnel, et plus loin, un fermier récoltant du blé. «Les éclats prennent des formes dans mon esprit. Ils me guident vers ce que je devrais en faire», explique l'artiste.

M. Nassar a commencé par sculpter ces figures à Beyrouth, mais après la guerre, il a décidé de les exposer sur ses terres à Remhala. Il fait état de 250 créations, dont 150 vendues et qu'il travaille à remplacer. «Je ne veux pas rappeler aux gens la guerre», assure M. Nassar, qui espère plutôt que ceux qui gardent un mauvais souvenir des éclats d'obus «commencent à les apprécier». «J'essaie de transformer le noir en blanc, quelque chose de négatif en quelque chose de positif».

(L'essentiel/afp)

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