Coronavirus

02 avril 2020 09:36; Act: 02.04.2020 10:23 Print

L'alcool devenu essentiel en pleine pandémie?

L'alcool, denrée de première nécessité en temps de coronavirus? Si certains pays l''ont interdit, d'autres ont choisi de laisser ouverts les magasins spécialisés.

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Le confinement amène certains à boire davantage. (photo: AFP/William West)

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Contrairement à l'Afrique du sud qui en a banni la vente, de nombreux pays européens ou nord-américains ont autorisé les magasins spécialisés à rester ouverts au même titre que les commerces «essentiels» comme les supermarchés ou les pharmacies.

Au Canada, c'est également le cas des boutiques de cannabis, drogue douce légale depuis fin 2018.

Au Québec, le Premier ministre François Legault a justifié cette décision, saluée par les consommateurs mais décriée par un syndicat inquiet des risques de contamination par le risque de «chaos» en cas de fermeture. Tout en ajoutant que «parfois, un verre de vin peut aider» à réduire le stress.

«Si on avait fermé les magasins vendant de l'alcool, il y aurait eu une perte potentielle de revenus importants pour les gouvernements», confirme à l'AFP Catherine Paradis, analyste au Centre canadien sur les dépendances et l'usage des substances, précisant que la vente d'alcool rapporte chaque année environ 411 dollars par Canadien à l’État.

En raison du confinement, «tout le monde a un peu l'impression qu'on est vendredi ou samedi tout le temps», constate cette experte, notant une hausse de la consommation d'alcool au sein de la population.

Business juteux, la Société des Alcools du Québec (SAQ) a versé 1,146 milliard de dollars canadiens (738 millions d'euros) au Trésor public québécois en 2019. Elle connaît actuellement une fréquentation en magasins similaire à celle «au cours des semaines qui précèdent Noël» et des commandes en ligne «comparables au Black Friday».

«C'est très très dangereux»

De l'autre côté de la frontière, le gouverneur de New York, épicentre de l'épidémie aux États-Unis, a lui aussi placé les magasins de vins et spiritueux sur la liste des commerces jugés «essentiels».

L'association des magasins d'alcool de l’État de New York a confirmé que les ventes avaient sensiblement augmenté. «D'une certaine façon, nous aidons l'économie», a assuré son président, Stefan Kalogridis à l'AFP.

De plus, la fermeture des magasins d'alcool pourrait conduire à une augmentation de l'anxiété et du stress auprès de nombreux consommateurs d'alcool, notent plusieurs experts.

En cas de sevrage forcé, les personnes dépendantes peuvent ressentir durant plusieurs jours des effets secondaires: tremblements, insomnies, nausées, etc.

«Quelqu'un qui du jour au lendemain ne pourrait plus consommer (d'alcool) pourrait avoir de graves complications, surtout si la personne est confinée chez elle, c'est très très dangereux», assure à l'AFP, Anne-Elizabeth Lapointe, directrice du Centre québécois de lutte aux dépendances.

«Parfois les gens deviennent un peu plus proches lorsqu'ils sont ivres»

En période d'épidémie, l'alcool peut aussi avoir des utilités plus inédites.

En France, où les cavistes ont pu rester ouverts, l'alcoolier Pernod Ricard, numéro deux mondial du secteur, puis Bacardi, ont été parmi les premiers à convertir une partie de leur production en gel hydroalcoolique.

Le marché noir participe aussi à l'effort de «guerre»: en Pologne, près d'un demi-million de litres de vodka de contrebande et d'alcool pur, produit illégalement, sont utilisés comme désinfectant dans la lutte contre le coronavirus, au lieu d'être détruits.

De l'autre côté de la frontière, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a même préconisé de boire un verre de vodka de 100 ml après un passage au sauna, comme remède miracle contre le coronavirus.

La Russie, longtemps considérée comme l'un des pays où l'on boit le plus au monde selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), n'a pas pris de restrictions ni annoncé de mesures spéciales.

À l'inverse de la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam, qui a ordonné à tous les restaurants et bars de ne plus en servir, au motif qu'un accès facile à l'alcool pourrait nuire aux recommandations visant la distanciation sociale.

«Parfois les gens deviennent un peu plus proches lorsqu'ils sont ivres, ce qui augmente le risque d'infection», a-t-elle expliqué.

«Le risque le plus inquiétant», s'alarme Catherine Paradis, est celui d'une «augmentation de la violence familiale et de la violence entre conjoints».

Pour limiter celles-ci, le Groenland a provisoirement interdit la vente d'alcool dans sa capitale Nuuk et sa région, le fléau étant majoritairement lié à la consommation d'alcool et de stupéfiants.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • CanURepeatTheQuestion le 02.04.2020 10:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Après 2 semaines de confinement 24h/24 avec nos enfants (que l’on aime), un salon transformé en école primaire et en crèche, une salle à manger qui sert de bureaux... on nous demande si l’apéro du soir c’est vital, c’est ça?

  • QuiFaitLeTest le 02.04.2020 10:48 Report dénoncer ce commentaire

    «Le risque le plus inquiétant», s'alarme Catherine Paradis, est celui d'une «augmentation de la violence familiale et de la violence entre conjoints». Enlève l'alcool pour voir

  • Christophe le 02.04.2020 12:10 Report dénoncer ce commentaire

    une ptite chope et un joint, ça fait du bien en ces temps difficiles.

Les derniers commentaires

  • yoppi le 03.04.2020 08:03 Report dénoncer ce commentaire

    stop à l'apologie de la destruction et de la mort à petit feu, stop à la drogue, à l'alcool (qui est une drogue dure rappelons le dans le parrain mafieu est l'état) et au tabac. Si vous voulez vous pourrir la vie et faire souffrir vos proches c'est votre choix, votre responsabilité, mais ça ne mérite même pas de la pitié.

  • Virus le 02.04.2020 21:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Buvez de l alcool

  • pitoyable ! le 02.04.2020 17:22 Report dénoncer ce commentaire

    eh oui il y a tout un tas de blaireaux qui picolent même sans le confinement mais ne le dites surtout pas qu'ils sont alcoolos ! en plus ça fait des gosses mais ça ne veut pas les supporter, déjà même les w-e (mais par contre ils ne refusent pas les "allocations" que ces mêmes gosses leur rapportent !) ! alors c'est tellement plus simple de" se tourner vers l'alcool ça leur donne "une excuse raisonnable" de s'adonner à leur "passe temps" !

  • Mobidick le 02.04.2020 16:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Entièrement d'accord avec toi...

  • Patience le 02.04.2020 15:47 Report dénoncer ce commentaire

    on ferme pas les tabacs alors pourquoi fermer les établissements à alcool... chacun son addiction n'est ce pas