Biodiversité

25 janvier 2019 12:23; Act: 25.01.2019 14:27 Print

La Chine envahit le monde

Des chercheurs chinois avertissent que les routes commerciales développées par Pékin risquent d'accélérer ces invasions comme jamais auparavant.

storybild

Duttaphryns melanostictus. Cet amphibien, originaire du sud de la Chine, a été introduit à Madagascar où il menace la réussite des campagnes d'éradication des nuisibles selon le Invasive Species Specialist Group, Photo credit: Lokionly via Wikipedia Commons

Sur ce sujet
Une faute?

«La Ceinture et la Route», gigantesque projet chinois d'infrastructures routières, ferroviaires et portuaires autour du globe, pose des risques pour la conservation de la biodiversité. Yiming Li, de l'institut de zoologie de l'Académie des sciences chinoises, et ses collègues, ont développé un modèle, afin de prédire l'invasion de 816 espèces.

Leur étude, publiée jeudi dans la revue Current biology, permet l'identification de quatorze régions, où le risque est élevé que des espèces étrangères s'implantent. Ces régions sont réparties sur tous les continents, ce qui souligne le caractère mondial du problème. L'Afrique est tout particulièrement en danger, à cause des déplacements fréquents de personnels chinois et du caractère favorable des conditions locales.

Une ampleur inédite

«Les invasions se produisent partout, tout le temps», souligne Tim Blackburn, professeur de biologie de l'invasion à l'University College de Londres, coauteur de l'étude. Mais «ce sera différent à cause de l'ampleur des échanges commerciaux prévus». L'étude souligne en outre que l'introduction d'espèces invasives est l'un des dangers majeurs qu'impose l'humanité à la biodiversité.

Pourtant tout n'est pas perdu, les chercheurs mettent en avant la «biosécurité» comme solution potentielle. Le terme regroupe des mesures de contrôle, de surveillance et de quarantaine, accompagnés par des programmes de protection de la biodiversité.

La bonne direction

Un constat partagé par Jeffrey Duke, professeur de foresterie et de ressources naturelles à l'université Purdue, aux États-Unis. «Les espèces envahissantes sont très difficiles à éradiquer», explique-t-il. «Si on les bloque dès le départ, on s'économisera beaucoup de problèmes et cela nous coûtera moins cher que d'essayer de s'en débarrasser ensuite».

(L'essentiel/nxp/ats)