Astronomie

14 décembre 2019 21:41; Act: 14.12.2019 21:48 Print

La mission Cheops va analyser les exoplanètes

Y a-t-il une vie possible par-delà notre système solaire ? Le télescope spatial Cheops s'envolera mardi de Kourou pour tenter de comprendre de quoi sont faites les exoplanètes.

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Cheops est capable de pouvoir différencier deux planètes de masse identique qui se trouvent dans une zone habitable. (photo: AFP)

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Près de 4 000 exoplanètes - orbitant autour d'une étoile autre que le Soleil - ont été détectées depuis la découverte de la première, 51 Pegasi b, il y a 24 ans. «Nous savons depuis qu'il y a des planètes partout, qu'environ une étoile sur deux possède son cortège de planètes. Maintenant, nous voulons dépasser la statistique et les étudier en détail», explique David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission dirigée par la Suisse et l'agence spatiale européenne (ESA).

L'objectif de Cheops (CHaracterising ExOPlanet Satellite) n'est donc pas d'aller débusquer de nouvelles planètes, mais d'analyser celles déjà identifiées. Embarqué dans un satellite, le télescope orbitera à 700 kilomètres au-dessus de la Terre pour ne pas subir les perturbations de l'atmosphère, et accédera à tout le ciel, Soleil dans le dos. Sa cible: Proxima du Centaure, 55 Cancri, Koro 1... au moins 400 systèmes planétaires, distants de quelques centaines d'années-lumière - la «banlieue proche» du Soleil à l'échelle de la Voie lactée.

Un critère fondamental

Les planètes étant trop éloignées pour être visibles, c'est la puissante brillance de leur étoile qui servira de jauge, grâce à la méthode des transits: Cheops récoltera les variations infimes de luminosité provoquées par le passage d'une planète devant son étoile hôte, telle une micro-éclipse. En comparant la lumière émise par l'étoile avant, pendant et après le transit, les astrophysiciens parviendront à déduire la taille et le rayon de la planète, avec une précision inédite.

Ces nouvelles données sur le rayon, combinées à des informations récoltées par les télescopes au sol sur la masse, permettront de mesurer la densité, paramètre essentiel pour déterminer la composition de la planète. Et ce dernier critère est fondamental pour définir la probabilité qu'une planète puisse héberger la vie. On sait déjà que certaines planètes se situent dans la zone habitable de leur étoile, c'est-à-dire juste là où la température permet à l'eau d'exister à l'état liquide et où la vie, telle qu'on la connaît, pourrait se développer.

(L'essentiel/afp)