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22 février 2021 15:48; Act: 22.02.2021 15:56 Print

Le graffiti sur «Le Cri» est l'œuvre de Munch lui-​​même

L’inscription «Ne peut avoir été peint que par un fou», découverte dans un coin du tableau, a longtemps nourri les conjectures sur leur véritable auteur.

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L’examen par thermographie infrarouge a permis au musée national de Norvège de déterminer que l’auteur du graffiti découvert sur «Le cri» de Munch est le peintre lui-même et non un spectateur indigné. (photo: AFP/The National Museum of Norway/Byline)

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«Ne peut avoir été peint que par un fou»: aussi désobligeante qu’imperceptible, l’inscription ajoutée sur «Le Cri» n’a été tracée par nul autre que l’artiste lui-même, Edvard Munch, a conclu le musée national de la Norvège. Rédigés au crayon de bois dans le coin gauche en haut de la toile iconique, devenue un symbole de l’angoisse existentielle, les quelques mots en norvégien ont longtemps nourri les conjectures sur l’identité de leur auteur.

La théorie dominante jusqu'à présent voulait qu’ils aient été le legs d’un spectateur indigné, au tournant du XXe siècle, par l’œuvre qui représente une silhouette fantomatique au visage blafard devant des voûtes célestes aux couleurs vives.

Des signes qui ne trompent pas

Mais un examen par thermographie infrarouge, effectué par le musée national de la Norvège qui possède la version concernée du «Cri» – Munch (1863-1944) en a réalisé quatre – dans ses collections, a débouché sur une autre conclusion.

«L’inscription est sans aucun doute de Munch», a affirmé la curatrice Mai Britt Guleng, dans un communiqué diffusé lundi par le musée. «L’écriture elle-même, ainsi que les événements qui se sont produits en 1895 lorsque Munch a montré le tableau en Norvège pour la première fois, pointent tous dans la même direction», a-t-elle ajouté.

La première présentation de l’œuvre au public à Oslo – qui s’appelait alors Kristiania – cette année-là fit fuser les critiques et souleva des questions sur la santé mentale de l’artiste, ce qui, selon Mai Britt Guleng, conduisit sans doute celui-ci à griffonner sur le tableau.

Hanté par la mort

Pionnier de l’expressionnisme, Munch a été hanté par le sentiment d’angoisse nourri par la mort prématurée de proches, notamment celle de sa mère et de sa sœur Johanne Sophie, emportées par la maladie. En 1908, il est même momentanément placé dans un établissement psychiatrique.

Cette version du «Cri» avait été volée en 1994, le jour de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Lillehammer, avant d’être retrouvée quelques mois plus tard. La toile sera de nouveau exposée au public à l’occasion de l’ouverture prévue pour 2022 du musée national de Norvège, qui regroupera les collections de plusieurs établissements.

(L'essentiel/AFP)