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08 mars 2018 14:52; Act: 08.03.2018 15:05 Print

Les vents de Jupiter perdent de leur mystère

La sonde Juno a dévoilé un peu du mystère des vents violents qui forment des bandes nuageuses à la surface de Jupiter.

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Vue de l'espace, Jupiter est divisée en bandes horizontales de couleurs chaudes, qui tournent à des vitesses différentes. Ces bandes sont créées par des couronnes de vents intenses circulant alternativement vers l'est et vers l'ouest.

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Les vents violents qui forment des bandes nuageuses à la surface de la planète gazeuse Jupiter s'enfoncent sur 3000 km. La profondeur de ces bandes, un des mystères de la plus grosse planète du système solaire, a été dévoilée grâce à la sonde Juno. Vue de l'espace, Jupiter est divisée en bandes horizontales de couleurs chaudes, qui tournent à des vitesses différentes. Ces bandes sont créées par des couronnes de vents intenses circulant alternativement vers l'est et vers l'ouest. Mais le mécanisme de ces bandes et leur profondeur restaient un mystère pour les astronomes.

«C'est un grand pas. Maintenant, nous comprenons que les planètes gazeuses géantes sont composées d'un centre à la rotation uniforme (...) et d'une enveloppe externe composée de zones qui tournent à des vitesses différentes», explique Tristan Guillot de l'observatoire de la côte d'Azur en France, coauteur de trois des études publiées mercredi dans la revue britannique Nature. «Nous avons constaté que les vents, tels qu'ils apparaissent à la surface, s'étendent sur environ 3000 km sous le niveau des nuages», ajoute Yohai Kaspi de l'institut Weizmann de la science en Israël, auteur principal d'une des études.

Le fait que les vents pénètrent à cette distance considérable permettrait d'expliquer la surprenante asymétrie nord-sud du champ de gravité de Jupiter. Selon ces études, les chercheurs ont pu établir que le cœur de Jupiter est très différent de ce que la planète laisse voir à sa surface. Il serait constitué d'un mélange fluide d'hydrogène et d'hélium tournant, lui, uniformément, un peu comme le ferait un corps solide.

La sonde spatiale américaine Juno a pu survoler également les pôles de Jupiter et s'approcher à moins de 5000 kilomètres au-dessus de la couche nuageuse de sa haute atmosphère. À partir de ces données, traitées dans un quatrième article, Alberto Adriani de l'institut national d'astrophysique en Italie et ses collègues avancent qu'au pôle Nord, huit cyclones tournent autour d'un seul grand cyclone. Le pôle sud est, lui, encerclé par cinq de ces ouragans géants.

«Les structures cycloniques que nous observons autour des pôles de Jupiter n'existent autour d'aucune autre planète du système solaire», explique Alberto Adriani. Mais leur origine et leur incroyable durée de vie restent inexpliquées. «Mieux comprendre Jupiter, qui est très probablement la première planète formée à partir de la nébuleuse solaire, est un premier pas vers la compréhension de la formation de notre système solaire lui-même», souligne Alberto Adriani.

(L'essentiel/AFP)