Bande dessinée

22 mai 2018 19:15; Act: 22.05.2018 19:25 Print

Mary et Thomas, tous deux déportés en Australie

Cinq ans après «Terra Australis», Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux repartent à l'autre bout de la planète avec «Terra Doloris».

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«Terra Doloris». Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux. Glénat.

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L’odyssée «Terra Australis», vendue à plus de 12 000 exemplaires, n’était donc qu’un début. Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux lui donnent, avec «Terra Doloris», une suite qui se situe quelques années plus tard. Si «Terra Australis» était le récit vrai de la naissance de l’Australie, «Terra Doloris» en est la prolongation pour mieux comprendre la vie de cette colonisation forcée. Militaires, bagnards, forçats, condamnés... le rebut de l’Angleterre n’avait pas d’autre avenir qu'une vie, offerte de force, sur les hostiles territoires de la «Terra Australis». Alors que plusieurs années ont passé, des colonies sont établies, mais l’équilibre y est précaire. Les agressions sont nombreuses, les pendaisons fréquentes, la maladie et la famine impitoyables. Sous les yeux des premiers habitants indigènes de ces terres, un nouveau monde se construit.

Mary, anglaise, femme du peuple, et Thomas, écossais, avocat libéral, sont deux des milliers de déportés dans l'Australie de la fin du XVIIIe siècle. «Ils font partie de la main-d'œuvre gratuite pour exploiter le pays. Il leur faut travailler, abattre des arbres, construire des maisons, ouvrir des routes. Certains s'acclimatent quand d'autres rêvent de retrouver leur liberté», dit Laurent-Frédéric Bollée, brillant scénariste de cette saga au long cours en... 344 pages.

Mary, mariée, deux enfants, ne cherche pas forcément à s'enfuir. Elle a été déportée pour un simple vol. Mais son mari la pousse à fuir pour revoir l'Angleterre. La traversée en barque de onze fuyards, dont Mary et ses deux enfants, durera 60 jours entre l'Australie et le Timor, colonie néerlandaise. De retour à Londres, le procès de Mary sera très médiatisé. Elle quittera la salle enfin libre. «Le second héros, Thomas Muir, 28 ans, est un déporté politique. Avocat libéral, ennemi du ministre de l'Intérieur, il n'accepte pas cette prison à ciel ouvert». Et LF Bollée de raconter sa fuite sur un navire américain, attaqué par trois vaisseaux commandés par Nelson lui-même. Réfugié à Cadix, Thomas finira en France. Fêté un temps à Paris, il sera oublié. Et disparaîtra sans jamais avoir pu revoir son Écosse natale.

(Denis Berche/L'essentiel)