Podcasts et plateformes

11 décembre 2019 07:50; Act: 11.12.2019 14:58 Print

Quand l'érotisme féminin passe par l'écoute

Une nouvelle génération de femmes lance podcasts et plateformes audio aux contenus érotiques, qui se veulent plus en phase avec le désir féminin.

storybild

Cette vague du son érotique s'inscrit dans un mouvement général qui, ces dernières années, voit le sexe abordé par les médias de manière moins stéréotypée, en particulier par les femmes.

Sur ce sujet
Une faute?

Une nouvelle génération de femmes lance podcasts et plateformes audio aux contenus érotiques qui se veulent plus en phase avec le désir féminin, avec l'ambition de contribuer à leur bien-être. Au départ, un constat, celui d'un espace libre dans le paysage de l'érotisme entre la littérature, pas assez sensorielle, et la vidéo, qui laisse trop peu de place à l'imagination. «Je préfère écouter du contenu érotique que de le voir», explique Yves (qui ne donne que son prénom), utilisatrice de Dipsea, l'une des trois grandes plateformes lancées depuis environ un an, avec Ferly et Quinn, toutes dirigées par des femmes.

«Comme pour les livres», dit-elle, «je préfère m'imaginer en situation plutôt que de regarder quelqu'un». Pour Billie Quinlan, cofondatrice de la plateforme britannique Ferly, le temps était venu pour l'érotisme d'explorer une autre forme, qu'il s'agisse du média ou de son contenu. «La stimulation sexuelle est un secteur historiquement dominé par les hommes», explique-t-elle à l'AFP dans un courriel, et celui-ci «n'avait pas comme priorité le plaisir féminin avec, à l'arrivée, des contenus néfastes» pour les femmes. Elle pense notamment aux cris ou gémissements surjoués, et aux positions soi-disant appréciées des femmes.

«Bien-être sexuel»

Ferly s'est fixée pour «mission de réimaginer ces histoires en étant réfléchi, honnête et ouvert à la diversité», dit-elle. Si Ferly est destinée uniquement aux femmes, Quinn et Dipsea se disent ouvertes à un public masculin. La quasi-totalité des podcasts durent entre 5 et 35 minutes, avec des scénarios parfois sophistiqués, qui impliquent, pour certains, des changements de lieux et de multiples personnages. L'intensité érotique du programme est souvent indiquée, ainsi que la configuration de départ, «Elle + Lui», par exemple, avec parfois des catégories, comme «en public», «fantasme» ou «voyeurisme» chez Ferly.

Ferly et Dipsea ont dédié d'importants moyens à l'écriture et à la sonorisation, se distinguant de contenus plus amateurs, comme GoneWild Audio, sur la plateforme de discussion Reddit. «Lorsque vous créez du contenu érotique, vous déclenchez une sensation très fragile, qui peut être perturbée si une réplique ne fonctionne pas ou que la voix ne sonne pas juste», explique Gina Gutierrez, 29 ans, cofondatrice de Dipsea, qui revendique plus de 325 000 téléchargements. «Vous avez vraiment l'impression d'être dans la pièce avec une personne, en train d'avoir une relation sexuelle avec elle», explique aussi Caroline Spiegel, fondatrice de Quinn.

«C'est difficile de trouver du contenu érotique qui valorise les femmes»

Gina Gutierrez refuse le terme de «porno audio», parfois employé, qui correspond pour elle à quelque chose de «transactionnel et froid, quand l'érotisme est plus large», avec «une connexion humaine». «C'est difficile de trouver du contenu érotique qui valorise les femmes, ou au moins qui traite le personnage féminin avec respect», explique, sous couvert d'anonymat, une utilisatrice de Dipsea. «Je me sens respectée et valorisée en tant que femme quand j'écoute Dipsea».

Les 5,5 millions de dollars (5 millions d'euros environ) investis dans Dipsea et 1,5 million levés par Ferly ont placé États-Unis et Royaume-Uni aux avant-postes, mais le genre se popularise aussi dans d'autres pays, comme la France avec «Les Chemins du désir» sur Arte Radio. Cette vague du son érotique s'inscrit dans un mouvement général qui, ces dernières années, voit le sexe abordé par les médias de manière plus moderne, moins stéréotypée, en particulier par les femmes. «Nous vivons une période qui correspond à un désir des gens de mieux se connaître», estime Gina Gutierrez. Même si elle n'a pas disparu, la gêne historiquement associée à la consommation de contenu érotique tend à se dissiper.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • barabas le 11.12.2019 10:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il étais temps de penser un peu plus aux femmes qui nous rendent une vie meilleure

  • Mikey Pimble le 11.12.2019 08:27 Report dénoncer ce commentaire

    Ou là c'est grâve!

Les derniers commentaires

  • barabas le 11.12.2019 10:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il étais temps de penser un peu plus aux femmes qui nous rendent une vie meilleure

  • Mikey Pimble le 11.12.2019 08:27 Report dénoncer ce commentaire

    Ou là c'est grâve!