Violences au Brésil

11 avril 2019 15:55; Act: 11.04.2019 16:29 Print

Son taxi roule là où Uber a peur de s'aventurer

Uber ne prend pas de courses dans certains quartiers difficiles de Sao Paulo? Pas de problème, un homme a lancé sa propre application avec des chauffeurs locaux.

storybild

Violence, connexion internet, qualité des routes... de nombreux chauffeurs d'applications de transport refusent de prendre des clients dans certaines zones de Sao Paulo. Pas Alvimar et sa fille. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Uber ne prend pas de courses dans certains quartiers difficiles de Sao Paulo? Pas de problème, Alvimar da Silva a lancé sa propre application en misant sur des chauffeurs locaux qui n'ont pas peur de s'y aventurer. Lui-même chauffeur de Uber pendant six mois, ce Brésilien de 50 ans est le créateur de JaUbra, qui compte une cinquantaine de chauffeurs proposant leurs services. Dans son quartier de Brasilandia où vivent 265 000 personnes dans le nord de Sao Paulo, à 15 km du centre-ville, 30% des habitations sont des constructions précaires à flanc de colline, avec des ruelles tortueuses surplombées de fils électriques entremêlés. Des endroits où les chauffeurs non avertis préfèrent ne pas se risquer.

«Les applications ont commencé à ignorer les courses dans les quartiers considérés comme à risque et difficiles d'accès. Mais pour nous, qui sommes d'ici, ça ne représente aucune difficulté», explique Alvimar da Silva, tout en klaxonnant légèrement pour saluer un voisin. En raison des problèmes de violence, de connexion internet et de la mauvaise qualité des routes, de nombreux chauffeurs d'applications de transport refusent les courses à Brasilandia et dans d'autres quartiers sensibles de la périphérie de Sao Paulo.

«Au début, personne ne pensait qu'on y arriverait, mais ça fait deux ans que nous sommes sur le marché»

Le service d'Uber est indisponible à plusieurs endroits de Brasilandia et les habitants se plaignent du fait qu'il est impossible d'avoir recours à une application de nuit, la circulation nocturne étant encore plus risquée que de jour. En 2017, quand il s'est rendu compte qu'Uber ne couvrait pas ces zones, Alvimar a imprimé 500 cartes de visite avec son numéro de téléphone et a commencé à les distribuer aux habitants, pour qu'ils puissent le contacter directement sur le service de messagerie Whatsapp en cas de besoin.

La demande était telle qu'il devait souvent repasser des courses à d'autres collègues chauffeurs de son quartier. C'est ainsi qu'est née Ubra, une abréviation de la formule «Unidos da Brasilandia» (Unis à Brasilandia). Il a fini par changer de nom, appelant sa petite entreprise JaUbra pour éviter d'avoir un nom trop similaire à Uber. Au début, il travaillait depuis un garage, recevait des appels et tenait le registre des courses sur des feuilles de papier. À présent, JaUbra dispose de sa propre application et s'apprête à en lancer une nouvelle: 500 chauffeurs seraient déjà intéressés, indique Alvimar da Silva.

L'entreprise vient de déménager dans de nouveaux locaux, dans un immeuble de la partie basse du quartier. Uber, qui reconnaît que certaines courses peuvent être bloquées pour des raisons de sécurité, a annoncé récemment le lancement d'un projet pilote pour augmenter son offre dans les quartiers difficiles, en commençant par la favela d'Heliopolis, au sud de Sao Paulo. Mais Alvimar ne craint pas la concurrence du géant américain. «Au début, personne ne pensait qu'on y arriverait, mais ça fait deux ans que nous sommes présents sur le marché», conclut-il.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Le Russe le 11.04.2019 20:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On pensait que leur nouveau président mais il s'en fiche, rien, il ne fait rien et le peuple est furieux et il va devoir démissionner

Les derniers commentaires

  • Le Russe le 11.04.2019 20:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On pensait que leur nouveau président mais il s'en fiche, rien, il ne fait rien et le peuple est furieux et il va devoir démissionner