Bande dessinée

08 avril 2015 09:00; Act: 07.04.2015 19:28 Print

Typhoon, avion «maudit»

C’est une histoire vraie, largement romancée, dont Christophe Gibelin s'est emparé pour signer le diptyque «Typhoon».

En 1943, durant la Seconde Guerre mondiale, un pilote belge, le baron Jean de Selys Longchamps, vole au sein de la Royale Air Force (RAF). Au cours d’une de ses missions, il mitraille l’immeuble occupé par la Gestapo en plein cœur de Bruxelles.

Selon certaines sources non confirmées, la découverte parmi les cadavres en uniforme d’un homme n’appartenant pas à l’organisation nazie et identifié comme faisant partie d’un réseau de résistance provoqua le démantèlement de celui-ci et la mort de nombreux patriotes belges.

«J'avais lu cette histoire dans une biographie de Charles Demoulin, un pilote belge de la Royal Air Force. Il avait demandé la permission de mitrailler la Gestapo à Bruxelles. Elle lui avait été refusée. Jean de Selys Longchamps l'a fait sans demander l'accord à personne», explique Christophe Gibelin. Largement romancé, ce fait d'armes est la base de «Typhoon», un diptyque pour les éditions Paquet.

Moins connu que le Spitfire ou le Hurricane, le Typhoon a joué un rôle important dans l'appui des troupes au sol de 1943 à 1945. Son moteur surpuissant le destinait à la chasse, mais il était plus doué pour la basse altitude.

«C'était une sorte d'avion "maudit" qui a servi d'ouvre-boîte pour les troupes au sol, en mitraillant les panzers allemands. À part ceux qui volaient dessus, les pilotes ne l'aimaient guère», explique Christophe Gibelin.

Passionné d'avions, il a régulièrement collaboré avec le magazine «Le Fana de l’Aviation» pour des couvertures. Au point qu'une grande partie de ces images ont constitué la matière de l’«Aéro Artbook», publié chez Paquet.

«Je n'avais pas envie de faire une véritable BD d'aviation». Mais il avait cette histoire et Pierre Paquet a vraiment su le convaincre.

«Ce Typhoon a une gueule remarquable, un petit côté moche qui me plaît beaucoup. Il est au centre de l'histoire, axée sur les quatre personnages principaux, dont deux frères. L'un a pu partir en Angleterre et combat comme pilote, l'autre est resté en Belgique et se bat dans la résistance».

Grâce aux «Ailes de plomb (Delcourt), récit policier en sept tomes, dont trois avec Nicolas Barral, Christophe Gibelin avait déjà abordé l’aviation mais dans le contexte d'un polar d'espionnage.

«Dans "Typhoon", j'ai plus de plaisir car les avions peuvent être plus grands avec de l'air autour. Graphiquement, cela a impliqué beaucoup de changements pour mon dessin. Mais il fallait que je fasse autre chose que "Les Ailes de plomb"».

Seul aux commandes, Christophe Gibelin a déjà la couverture et quatre pages de son tome 2, dont la parution est prévue dans un an.

«Typhoon T. 1/2». Christophe Gibelin. Paquet (Cockpit).

(Denis Berche/L'essentiel)