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25 avril 2017 10:30; Act: 25.04.2017 15:48 Print

Un centre pour soigner les «accros» à Internet

Premier du genre en Afrique et troisième dans le monde, ce centre en Algérie ambitionne de désintoxiquer les accros à Internet et aux réseaux sociaux.

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Certains passent la quasi-totalité de leur journée devant l'écran. (photo: AFP)

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«Internet, c'est une Toile qui vous engloutit quand vous n'êtes pas vigilant,» raconte Fayçal, la voix nouée, en se remémorant «son addiction et sa descente aux enfers». Ce radiologue est en thérapie pour se désintoxiquer d'Internet au Cisa (Centre intermédiaire de soins en addictologie) de Constantine, en Algérie. Ce centre est le premier du genre en Afrique et troisième dans le monde après la Corée du sud et la Chine, précise son directeur Raouf Boughefa. Ouvert en 2012 pour traiter les addictions à la drogue, l'alcool et le tabac, il accueille depuis l'an dernier des patients de 13 à 63 ans accros à Internet, Facebook, Instagram ou Twitter.

Les personnes conscientes de leur addiction y ont droit à une thérapie de soutien moral, avec des exercices de relaxation à effectuer quand le manque se fait sentir. Le déni est traité par la thérapie cognitive et comportementale. Le patient, après une série de tests, raconte ses journées au praticien qui l'aide à «prendre conscience de son addiction puis à changer de comportement», explique Sihem Hemadna, psychologue. Au départ, deux séances de 45 minutes par semaine sont nécessaires, plus une séance de thérapie de groupe de plus d'une heure en présence de l'équipe soignante.

«Je devais choisir: ma famille ou Internet»

Le reste du temps, le patient peut prendre part à un atelier de dessin, une séance d'ergothérapie ou se rendre à la bibliothèque du centre pour reprendre goût à la lecture. Les portes du Cisa, dont plusieurs murs sont couverts de dessins de patients, sont ouvertes cinq jours par semaine. Il faut six à huit mois, voire une année, pour reprendre entièrement sa vie en main.

C'est ce difficile processus que suit Fayçal, dont la vie familiale a été ruinée par cette «drogue des temps modernes». Marié et père de deux enfants, cet homme de 48 ans a commencé, sans s'en rendre compte, à se retirer de la vie familiale. «Au début, je cachais à ma femme que j'allais au cybercafé de 16h à 20h, puis en rentrant à la maison, je m'enfermais dans la chambre face à l'écran jusqu'à 5h du matin». «J'avais des migraines terribles à cause de l'écran et mon acuité visuelle a diminué», relate Fayçal avec amertume, en ajoutant qu'il manquait d'appétit, n'avait plus de vie sociale et ne pouvait plus travailler.

Un jour, au lieu de récupérer à la pharmacie les médicaments de sa mère malade, il va passer quatre heures au cybercafé. Auparavant, il avait oublié d'aller chercher sa fille. «Ma femme a décidé de divorcer. Je devais choisir: ma famille ou Internet». Aujourd'hui, Fayçal ne se connecte plus que cinq heures par jour et ne va plus au cybercafé. Sa situation personnelle et professionnelle s'est améliorée mais il se retrouve sous traitement pour une migraine chronique.

(L'essentiel/AFP)

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  • RamBo le 25.04.2017 13:30 Report dénoncer ce commentaire

    Eh voilà, ca commence pour la génération 2.0.

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  • RamBo le 25.04.2017 13:30 Report dénoncer ce commentaire

    Eh voilà, ca commence pour la génération 2.0.