Ancienne voie

14 novembre 2019 09:56; Act: 14.11.2019 10:41 Print

Une autoroute de l'époque nazie refait surface

Une ancienne voie construite en Bavière entre 1936 et 1939, laissée à l'abandon, attire des curieux, au point de devenir un atout touristique pour la région.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Au cœur d'une épaisse forêt bavaroise, Dieter Stockmann annonce vite la couleur aux visiteurs qu'il guide parmi les orties et les ronces: «Une autoroute construite par les nazis, c'est longtemps resté tabou». Ce fonctionnaire amateur d'histoire se passionne pour les vestiges de la «Route 46» tombée dans l'oubli pendant des décennies. Loin de devenir un lieu de pèlerinage pour les admirateurs du IIIe Reich, l'autoroute fantôme se mue en atout touristique. «Lors des visites, nous démontons des mensonges qui sont encore perçus aujourd'hui comme des vérités. Par exemple, les autoroutes n'ont pas été inventées par Hitler», rappelle Jürgen Lippert, maire de Gemünden am Main, qui abrite une bonne partie du tracé.

En Allemagne, pays de l'automobile, «les gens viennent parce qu'ils sont intéressés par le défi technique que constituait la construction d'une autoroute à l'époque». Entamée en 1936, la «Strecke 46» devait souligner la beauté du pays en reliant sur une quarantaine de kilomètres plusieurs sites appréciés des nazis, comme les ruines d'un château, la ville de Wurtzbourg ou celle de Fulda. Elle s'intégrait à un immense projet autoroutier déjà imaginé sous la République de Weimar. Jusqu’en 1939, des ouvriers ont construit des ponts et creusé le tracé de l'autoroute. Mais avant même que les premiers kilomètres d'asphalte ne soient répandus, le projet est abandonné, considéré comme peu stratégique par l'armée allemande.

Pas de restauration prévue

S'il reste quatre autres autoroutes abandonnées remontant à l'époque nazie en Allemagne, la Route 46 est la mieux conservée. C'est le cas par exemple d'une construction monumentale en béton, surgissant au milieu d'une prairie. «Elle devait soutenir un pont. Mais aujourd'hui, elle sert de mur d'escalade», sourit le guide amateur, qui a rencontré une cinquantaine de témoins de l'époque en vingt ans de recherches, épluché les archives régionales et nationales et publié un livre.

Devant le regain d'intérêt pour le site, Dieter Stockmann n'est plus le seul à travailler sur le sujet: depuis l'an dernier, de grands panneaux près des différentes ruines racontent l'histoire de cet axe, photos d'archives à l'appui. Un parcours balisé pour randonneurs et VTTistes doit être inauguré l'an prochain, et une application pour smartphones est également dans les tuyaux. Il est cependant hors de question de rénover ces vestiges: protégés par l’autorité bavaroise de gestion du patrimoine, ils sont condamnés à rester abandonnés, mousse et ronces incluses.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.