Lieu en France

22 novembre 2020 11:44; Act: 23.11.2020 18:11 Print

Une «bulle» surréaliste où on peut tout oublier

Une bâtisse fortifiée du XVIe siècle, en Normandie, a été transformée en un lieu de confinement pour une trentaine de personnes. Manoir, sorcière et jacuzzi...

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Face aux vieilles pierres d'un manoir normand, une silhouette dénudée émerge des douves. «Bienvenue au Havre de Perche», lance «Ziggy Lou» la «sorcière». Ici, masques et gestes barrières ont disparu: le Covid-19 a cédé la place à «l'art, la poésie, l'amour». Comme cette cartomancienne, ils sont une petite trentaine à se confiner depuis trois semaines dans cette bâtisse fortifiée du XVIe siècle, perdue au milieu du bocage et entourée de tipis.

Dans ce refuge loin de la pandémie, les journées passent en musique, au rythme des ateliers de danse, de chamanisme ou de dessin. Avec trois maîtres-mots: le «lâcher prise», la «transcendance» et «l'extase». «On voulait vraiment créer une espèce de bulle, où on oublie un petit peu la merde extérieure», résume Louise Vallex, alias «Ziggy Lou», 30 ans sous sa couronne de fleurs. Pour pénétrer cet univers parallèle et ce lieu tenu secret, les participants ont tous présenté un test PCR négatif, à la demande du collectif Perchépolis, qui supervise cet événement miniature faute de pouvoir organiser son festival électro annuel. Une preuve nécessaire pour reléguer la «distanciation sociale» aux oubliettes.

Un atelier de «danse contact»

«Notre pari, c'est de dire qu'on peut s'amuser comme des gosses en étant responsables comme des adultes», explique son directeur artistique, Samy El Moudni, robe carmin et boucles d'oreilles champignons. Les contacts avec l'extérieur de cette «colonie de vacances» atypique se limitent au ravitaillement. «Sans jugement», chacun est ici encouragé à «être son meilleur humain», à grands renforts de costumes et paillettes biodégradables. De quoi créer une atmosphère mi-«Rocky Horror Picture Show» mi-«Peau d'Âne»: entre les murs épais du manoir, un jeune éphèbe nu sert de modèle à des princesses en robes de lumière.

«C'est un confinement complètement improbable», lâche Thomas Lasserre. Le jeune Basque «baigne dans le bonheur», plongé dans un jacuzzi où ses joyeux convives se prélassent, après un atelier de «danse contact», où chacun a appris à onduler en duo en s'appuyant constamment sur le corps de son partenaire.

Stopper la déliquescence du temps

«Le contact charnel, c'est quand même mieux que d'être en visio derrière ton écran», reprend ce célibataire, pour qui la pandémie, avec son cortège de confinements et de couvre-feux, a «élevé les câlins au rang de besoins essentiels». À 20 ans, l'étudiant concède volontiers «être perdu» face à «un monde en plein bouleversement». «Du coup, plonger dans un univers où l'expérimentation est permise, ça m'a paru idéal pour mieux me connaître et me frayer un chemin au milieu de ce chaos.»

«C'est peut-être une fuite, mais je n'avais pas envie de vivre dans un climat anxiogène», songe «Maya», dans son peignoir rose brodé d'un dragon. Alors que le gouvernement s'inquiète publiquement des risques du deuxième confinement pour la santé mentale, la jeune femme de 27 ans - qui souhaite rester anonyme, comme d'autres participants, «regarde de moins en moins les news».

La forteresse est pourtant loin d'être déconnectée. Sous la canopée artificielle de la salle de «coworking», aménagée au sommet d'une tour, les résidents passent la moitié de leurs journées sur le développement de sites web, de projets immobiliers, donnent des conseils juridiques... Travail, créativité: l'équilibre semble stopper la déliquescence du temps provoquée par la pandémie.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Hallucinant !!! le 22.11.2020 13:37 Report dénoncer ce commentaire

    Bobos à plein tubes ? Ils vivent de quoi ? Argent public venant de ceux de la vraie vie qui chaque jour prennent des risques pour aller travailler et au final payer impots et taxes pour ces gens décalés du monde réel ? Non merci ...

  • Kisuski le 22.11.2020 14:48 Report dénoncer ce commentaire

    Sous la canopée désir et voluptée, un peu d'évasion et de tendresse pour fuir la dure réalité du quotidien... il vaut mieux en rire...

  • NoSmarty le 22.11.2020 12:11 Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi le Monsieur est nu ?

Les derniers commentaires

  • MoiToiOuEux le 24.11.2020 16:47 Report dénoncer ce commentaire

    Ils/Elles ont eu une enfance difficile, certainement. Que faire pour avoir de l'attention ?

  • Bizarre le 23.11.2020 14:17 Report dénoncer ce commentaire

    Je sais que c'est de l'art mais aucune critique pour l'homme nu sur la photo numéro 6! Et si c'était une femme nue?

    • Why? le 23.11.2020 19:41 Report dénoncer ce commentaire

      Et pourquoi il y aurait une critique parce qu'il y a un homme nu?

    • Carlo le 24.11.2020 09:41 Report dénoncer ce commentaire

      @Why? le 23.11.2020 19:41 : Mais il pourrait prendre froid.

  • Jacob le 22.11.2020 23:18 Report dénoncer ce commentaire

    Loin de la pandémie... Et loin des lois applicables sur le territoire aussi?

  • Jaimelesvacances le 22.11.2020 21:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    «Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours - de poésie, jamais.» Charles Baudelaire

  • Aux mauvaises langues le 22.11.2020 20:43 Report dénoncer ce commentaire

    Lisez bien l’article : « les résidents passent la moitié de leurs journées sur le développement de sites web, de projets immobiliers, donnent des conseils juridiques... Travail, créativité... » non, ce ne semble pas être de l’oisiveté payée aux frais du contribuable.