Réchauffement climatique

20 juillet 2020 18:24; Act: 20.07.2020 19:04 Print

Vers l'extinction des ours polaires d'ici 2100

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter, le réchauffement pourrait signer la quasi extinction de cette espèce, d'ici la fin du siècle.

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Sans banquise, les ours polaires meurent de faim. (photo: AFP/Paul J. Richards)

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Sans banquise, les ours polaires meurent de faim. Alors si les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter, le réchauffement pourrait signer la quasi extinction de ces plantigrades emblématiques de l'Arctique d'ici la fin du siècle. Dans une étude publiée lundi dans Nature Climate Change, des chercheurs se sont penchés sur la plus grande menace qui pèse aujourd'hui sur les ours blancs: la disparition progressive de leur habitat, la banquise, d'où ils attrapent les phoques indispensables à leur alimentation.

Le carnivore, qui vit dans les régions arctiques où la température peut descendre jusqu'à -40°C en hiver, peut jeûner pendant des mois, notamment pendant la période estivale où la banquise fond chaque année. Mais avec le réchauffement de la planète, deux fois plus rapide en Arctique, l'absence de glace dure de plus en plus longtemps. Incapables de trouver dans leur environnement une autre alimentation aussi riche que les phoques, de plus en plus d'ours affamés s'aventurent déjà parfois loin de leur territoire, près de zones habitées.

Défi particulier pour les femelles

La fonte de la banquise est un défi en particulier pour les femelles, qui entrent à l'automne dans leur tanière pour mettre bas au milieu de l'hiver et émerger au printemps avec leurs oursons. «Elles doivent alors attraper assez de phoques pour stocker suffisamment de gras et produire suffisamment de lait pour nourrir leurs petits pendant tout le jeûne de l'été», explique à l'AFP Steven Amstrup, un des auteurs de l'étude et scientifique en chef de l'ONG Polar Bears International.

«En estimant le poids maximal et minimal des ours, et en modélisant leur dépense énergétique, nous avons calculé le nombre limite de jours de jeûne que peut supporter un ours polaire avant que le taux de survie des adultes et des petits commence à décliner», ajoute Peter Molnar, de l'université de Toronto. Par exemple, un mâle de la sous-population de la Baie d'Hudson d'un poids 20% en dessous de la normale au début du jeûne ne survivrait que 125 jours, contre 200 aujourd'hui. Les quelque 25 000 ours polaires sont répartis en 19 sous-populations distinctes au Canada, en Alaska, en Sibérie, au Svalbard et au Groënland, dont certaines sont mal connues. Selon l'étude publiée lundi, ces groupes ne seront pas tous touchés au même rythme.

Abattre les derniers?

Mais si les émissions de gaz à effet de serre continuent à la même cadence qu'aujourd'hui, «la chute de la reproduction et de la survie va mettre en danger la persistance de presque toutes les sous-populations d'ici 2100», concluent les chercheurs. A l'exception peut-être de l'île de la Reine-Elisabeth, note Steven Amstrup. Et même si le réchauffement était limité à 2,4°C par rapport à l'ère pré-industrielle --près d'un demi-degré au dessus de l'objectif de l'Accord de Paris--, cela «ne garantirait pas de sauver les ours polaires à long terme, insiste le scientifique. Si par magie, même avec l'augmentation des températures, la banquise se maintenait, ça irait probablement pour les ours polaires. Mais leur habitat fond littéralement avec la montée des températures».

La planète a gagné plus de 1°C depuis l'ère pré-industrielle, entraînant déjà une multiplication des canicules, sécheresses ou inondations. Et alors que les engagements actuels des Etats conduiront à un monde à + 3°C, ces événements météo extrêmes sont appelés à s'aggraver avec chaque demi-degré supplémentaire. Classer l'ours blanc «en danger critique» sur la fameuse liste rouge de l'Union internationale de protection de la nature (IUCN), qui les considère seulement «vulnérables», ne changerait probablement rien au destin funeste du plantigrade arctique.

Beaucoup des espèces en danger le sont à cause du braconnage ou de la destruction directe de leur habitat par l'Homme. Mais «on ne peut pas construire une clôture pour protéger les ours polaires de la température qui monte», souligne le scientifique de Polar Bears International. Pour sauver l'espèce, certains évoquent une réintroduction d'animaux élevés en captivité, voire leur déménagement vers l'Antarctique. Infaisable, selon Steven Amstrup. «Il faudra peut-être envisager d'abattre les derniers ours polaires, au lieu de les laisser mourir de faim».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Futurama le 21.07.2020 08:29 Report dénoncer ce commentaire

    Vivement la disparition de l'homme!

  • philou le 20.07.2020 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi les abattres???? Pourquoi pas les sauvez au lieu de les tuez??? La misere ça viens de l’homme

  • Très souvent censuré par L'Essentiel le 21.07.2020 10:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @Laetitia Un chercheur. Pas un trouveur, malheureusement. De toute façon, les scientifiques ont le chic pour se contredire. Il suffit de les écouter parler du coronavirus : ils n'en savent pas plus que vous et moi, mais il l'ouvrent toute grande et font croire qu'ils ont la science infuse. C'est pourtant clair : depuis quand n'a-t-il plus neigé ? Est-ce que la calotte glaciaire fond ? Est-ce que les glaciers fondent ? Est-ce qu'on ne voit pas de plus en plus d'espèces "exotiques" s'installer dans nos régions dites froides ? Et les nappes phréatiques ?

Les derniers commentaires

  • Vivi1972 le 22.07.2020 17:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dans 10 ans!!

  • Phi le 21.07.2020 14:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils sont remplacer par les ours brun, la nature règle des problèmes très naturellement, même sans Greta

  • Lora le 21.07.2020 11:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tant qu’il y aura des climato-sceptiques rien ne changera.

  • Goupil le 21.07.2020 11:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le pire prédateur, l'homme, il anéantit tout ce qu'il touche.

  • VinCent le 21.07.2020 11:01 Report dénoncer ce commentaire

    Etrange ; depuis 1960 la population des ours polaires est passée de 5000 à plus de 25000 animaux et le nombre ne fait qu'augmenter. Entre 2005 et 2015, la population des ours polaires a augmentée de 16% alors que depuis 1979, la superficie des glaces arctiques estivales a diminuée de 38%.