Confidences

24 juillet 2012 13:28; Act: 24.07.2012 14:01 Print

Que mangent les grands de ce monde?

Les chefs d’État qui nous gouvernent et autres personnalités importantes ont toutes des préférences culinaires. Réunis à Paris, les cuisiniers en charge de leurs estomacs se confient.

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Les chefs d’État ont tous des préférences culinaires... (photo: DR)

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Dans les cuisines des grands de ce monde, les chefs veillent sur la santé et les régimes de leurs hôtes. Rarement sous les projecteurs, une vingtaine d'entre eux sont réunis depuis dimanche, à Paris, au sein du très sélect «club des chefs des chefs» qui fête ses 35 ans et devait être reçu ce mardi par le président français.

Devant la presse au Plaza Athénée, toque sous le bras et uniforme blanc brodé aux couleurs de leur pays, certains se sont prêtés à quelques confidences, à l'instar du fondateur de l'association, Gilles Bragard, professionnel et fin connaisseur des «hautes cuisines» de la planète.

Au Kremlin, on vérifie que les plats ne soient pas empoisonnés

On apprend par ce dernier, confirmé en aparté par le chef de Vladimir Poutine, Vakhtang Abushidi, que «les goûteurs (qui testent les plats pour vérifier qu'ils ne sont pas empoisonnés) existent encore mais seulement au Kremlin où un médecin vérifie chaque assiette (du président) avec le chef».

Anton Mosimann, cuisinier de la famille royale d'Angleterre, confie que «lors d'une visite de l'ex-président américain George Bush (on ne saura pas si c'était le fils ou le père) il fut «constamment suivi par deux types du FBI qui goûtaient et analysaient absolument tout».

Kate Middleton fait modifier une recette

Il raconte aussi comment la «Dame de fer» Margaret Thatcher, ex-Première ministre britannique, lui «fit remarquer, bien des années après, combien la viande servie à Downing Street était délicieuse mais combien elle était chère», ou comment Kate Middleton, l'épouse du prince William, a fait récemment «modifier une sauce» pour la rendre plus légère.

Au service de l’Élysée depuis 40 ans, Bernard Vaussion confie le désamour de François Hollande pour les artichauts, et son goût pour le poisson. Mais c'est avec une extrême réserve qu'il parle de celui, immodéré, de Nicolas Sarkozy pour le chocolat, et qu'il se réjouit de la «réintroduction du fromage à l’Élysée» depuis son départ.

Quant à Barack Obama, Cristeta Comerford, cuisinière en chef de la Maison-Blanche, refuse d'évoquer sa détestation des «betteraves» révélée par Gilles Bragard. Elle insiste, elle, sur le goût de la famille Obama pour «les légumes et les fruits». La première dame des États-Unis, Michelle, avec laquelle elle a coécrit un livre de recettes et qui milite contre le surpoids des adolescents, a fait planter un potager et un verger à la Maison-Blanche.

À l'ONU, on cuisine simple

Christian Garcia, chef de la principauté de Monaco et président du club des chefs des chefs, explique combien le prince Albert II est «un fin gourmet» et apprécie «la cuisine méditerranéenne». M. Garcia s'approvisionne «quotidiennement dans le jardin de la résidence d'été où tout est bio», et veille seulement à ne pas cuisiner d'abats, que le prince «n'apprécie guère». Pour rendre hommage aux racines sud-africaines de la princesse Charlène, M. Garcia aime aussi cuisiner «des plats traditionnels tels que le Bobotie, un flan à la viande, aux abricots et aux amandes».

À l'ONU, Daryl Schembeck raconte qu'après avoir fait «de longues recherches pour pouvoir s'adapter à autant de nations, (il) cuisine la plupart du temps des choses simples et fraîches comme de l'agneau avec des courgettes, toutes sortes de fruits et légumes, accompagnés de salade verte». Diplomatie oblige, les chefs échangent beaucoup entre eux, non seulement des recettes mais aussi sur les goûts de leurs hôtes. Ainsi, Christian Garcia confie avoir appelé Hilton Little, chef-cuisinier de la présidence sud-africaine, lors de la visite à Monaco de Nelson Mandela, «l'un de (ses) plus grands souvenirs»

(L'essentiel Online/AFP/cam)