Ainhoa Achutegui

07 février 2020 09:00; Act: 07.02.2020 14:07 Print

«Le corps peut aider un couple à se retrouver»

LUXEMBOURG - Jean-Luc Bertrand a reçu Ainhoa Achutegui, directrice de l'Abbaye de Neumünster, dans sa séquence «Story».

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Ainhoa Achutegui a repondu aux questions de Jean-Luc Bertrand dans la séquence "Story" diffusée tout au long de la semaine sur «L'essentiel Radio».

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«Caracas», «Vienne» et «Luxembourg». Trois villes qui ont une signification particulière pour Ainhoa Achutegui, directrice de l'Abbaye de Neumünster. «Ce sont les villes de ma vie», a-t-elle expliqué au micro de Jean-Luc Bertrand. «Je suis né à Caracas et j'ai grandi à Vienne. Ces deux villes sont liées, car trois mois par an, j'étais au Venezuela et le reste du temps, j'étais en Autriche. On avait beaucoup de fêtes chez nous et il y avait beaucoup de mouvements et c'était très coloré à la maison. Au Luxembourg, je suis ici depuis 13 ans. J'adore ce pays où je n'aurais jamais imaginé me rendre. Je connaissais si peu de choses du Grand-Duché et maintenant, je ne veux plus le quitter».

«Le public viennois est beaucoup plus difficile que celui de Luxembourg», a reconnu la directrice de l'Abbaye de Neumünster. «C'est un public très critique qui, surtout, ne donne pas de feed-back. On sent qu'ils ne sont pas contents, mais on a aucun retour. C'est très difficile lorsque l'on travaille dans une institution culturelle. Quand je suis arrivé au CAPE, le centre des arts pluriels à Ettelbruck, j'ai été très agréablement surpris de voir un public qui me disait ce qu'il aimait ou pas. Ce qui nous a permis de bien travailler par la suite».

«Il faut oser dire "oui" aux nouveaux challenges»

Féministe convaincue et présidente à titre bénévole du Planning Familial depuis février 2015, Ainhoa Achutegui a reconnu être guidée dans sa vie par la phrase de Simone de Beauvoir: «On ne naît pas femme: on le devient». «Nous devenons des femmes car le patriarcat nous fait "femmes". Il faut en être consciente. Même chose pour les hommes. Les filles, comme les garçons, sont mises dans des moules depuis qu'elles sont toutes petites et c'est très problématique, car on est tous des êtres humains et on devrait aussi pouvoir changer dans la vie. Ni la sexualité n'est figée, ni le genre n'est figé. Tout en évolution et c'est pourquoi, je crois que Simone de Beauvoir a raison quand elle affirme que l'on devient femme».

«Le monde, je le refais tout le temps», a avoué en souriant Ainhoa Achutegui. «En étant très engagée dans le féminisme, je commente le monde tout le temps. Je fais ça aussi avec des hommes, mais surtout avec des femmes. Je fais beaucoup de mentorat. Concrètement, j'aide les personnes dans leurs carrières et nous faisons aussi beaucoup de stage d'observation. Quand j'étais jeune adulte, "Il faut toujours dire oui" est la phrase la plus importante que j'ai entendue. Dire oui aux nouveaux challenges. Oser se lancer et se demander de manière très réaliste si je peux apprendre quelque chose. C'est pourquoi j'ai pris ce poste de directrice artistique de la WUK (Werkstätten und Kulturhaus) à Vienne, à l'âge de 26 ans! C'était un défi. On m'a proposé quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. J'ai bossé comme une dingue, mais c'était un des beaux moments de ma vie».

«La musique de Amy Winehouse me touche profondément»

Quand elle était adolescente, celle qui est née le 2 mai 1978 avait «une porte pleine d'autocollants». «Ma chambre était totalement colorée», s'est souvenue Ainhoa Achutegui. «J'avais une grande affiche de l'album "Joyride" de Roxette qui avait le plus de couleurs. Je devais avoir la chambre la plus colorée de tout le quartier. Madonna et moi, c'est aussi une grande histoire d'amour. L'album "Erotica" sorti en 1992 a marqué un passage vers la techno et les années 1990 qui sont les années de mon adolescence. Depuis 40 ans sur scène, Madonna a su accompagner toutes les époques. Elle s'est toujours adaptée et elle n'est pas obsolète. Elle est encore là et j'aime encore beaucoup ce qu'elle fait maintenant».

Grande fan de la première heure de la Colombienne Shakira, «une self-made woman que je suis depuis son premier album quand nous avions 19 ans en même temps», la Vénézuélienne Ainhoa Achutegui et la chanteuse font partie de «deux patries-sœurs». Au niveau musical, elle souligne également que Amy Winehouse était «une personne incroyable». «On était tous conscients qu'elle était malade. Qu'elle avait beaucoup de problèmes d'alcool et d'anorexie. Et pour moi, c'était clair que c'était une personne qui n'allait pas devenir très vieille. C'est fort dommage, car c'était une artiste incroyable et j'adore encore sa musique qui me touche profondément».

«Danser la salsa et faire la fête, c'est vraiment mon truc»

Impossible de sortir indifférent de l'Abbaye de Neumünster. «C'est un des plus beaux patrimoines que l'on a au Luxembourg», affirme la directrice Ainhoa Achutegui. «On réfléchit beaucoup au contenu que nous proposons pour qu'il puisse participer à la réflexion sur notre vie. J'aime beaucoup l'erreur, car on est dans un moment authentique et immédiat avec les artistes. Chaque performance artistique sera toujours différente. Quand on danse sur scène, on peut danse un peu plus haut ou un peu plus bas. Cela dépendra de tellement de facteurs qui participeront au changement de la performance. Le cinéma, par exemple, pour moi, c'est une difficulté, car tout est toujours parfait. Alors qu'au théâtre, on est dans l'immédiateté. Aujourd'hui sera différent de demain.

«Une partie de moi est très sérieuse et une autre partie de moi adore danser», reconnaît Ainhoa Achutegui. «Danser la salsa et faire la fête, c'est vraiment mon truc. Lors du dernier festival "Reset", justement, tout s'est bien passé et le dernier soir, on était tous très contents. À la fin, on a mis la musique à fond et on a dansé avec le public et les collaborateurs. On est resté jusqu'à 2h du matin, au moment à la brasserie nous a virés. Ce que je souhaite pour 2020? Avoir encore plus de monde à l'Abbaye de Neumünster, surtout quand il fait beau. On voit de plus en plus de monde venir faire des photos sur nos "bananes" et les diffuser sur Instagram. J'aimerais que beaucoup plus d'enfants et d'adolescents viennent chez nous. On est ouvert tout le temps, sept jours sur sept».

La play-list de Ainhoa Achutegui

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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Les commentaires les plus populaires

  • luis le 08.02.2020 07:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sexuellement la femme est différent. le cerveau est différent. le système reproductif est différent c,est la nature jamais égal à un homme. cela ne empêche pas de la respectée telle quelle.

  • Clopinette le 07.02.2020 10:31 Report dénoncer ce commentaire

    Simone de Beauvoir n'avait pas tout à fait raison, la différence entre une femme et un homme existe et pourquoi le nier... mais c'est justement cette différence qui est intéressante et utile pour l'humanité. Ce sont: la pression sociale des stéréotypes qu'il faut combattre et surtout le patriarcat qui sévit encore partout... et est à l'origine de toutes les violences subies par les femmes. "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente" Françoise

  • Una tocaya le 08.02.2020 10:24 Report dénoncer ce commentaire

    Très fière de vivre dans un pays où le talent et intelligence puissent être reconnus indépendamment de leur origine et genre! Bravo le Luxembourg et bravo Ainhoa! Plus ce pays s'ouvrira et recrutera de la diversité dans des postes clés et mieux on ira!!

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  • Una tocaya le 08.02.2020 10:24 Report dénoncer ce commentaire

    Très fière de vivre dans un pays où le talent et intelligence puissent être reconnus indépendamment de leur origine et genre! Bravo le Luxembourg et bravo Ainhoa! Plus ce pays s'ouvrira et recrutera de la diversité dans des postes clés et mieux on ira!!

  • luis le 08.02.2020 07:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sexuellement la femme est différent. le cerveau est différent. le système reproductif est différent c,est la nature jamais égal à un homme. cela ne empêche pas de la respectée telle quelle.

  • Clopinette le 07.02.2020 10:31 Report dénoncer ce commentaire

    Simone de Beauvoir n'avait pas tout à fait raison, la différence entre une femme et un homme existe et pourquoi le nier... mais c'est justement cette différence qui est intéressante et utile pour l'humanité. Ce sont: la pression sociale des stéréotypes qu'il faut combattre et surtout le patriarcat qui sévit encore partout... et est à l'origine de toutes les violences subies par les femmes. "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente" Françoise