Michel Reckinger

15 mars 2021 18:00; Act: 19.03.2021 18:29 Print

«Aucun plan de sortie pour l’après-​​crise du Covid-​​19»

LUXEMBOURG - Le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises, Michel Reckinger estime que ce n’est pas encore le moment de parler de l’après-crise du Covid-19.

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Michel Reckinger, président de l'UEL, est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine. (photo: Editpress/Julien Garroy / Editpress)

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Michel Reckinger, le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises, s’est confié au micro de «L’essentiel Radio dans notre dans émission «La Story». Face à l’actuelle crise du Covid-19, existe-t-il déjà un plan de sortie au Luxembourg? «Non», a-t-il indiqué sur nos ondes. «On a toujours dit que cela ne servait à rien de faire de grandes discussions tant qu’on ne sait pas dire quand ce sera terminé et combien ça va coûter. Mais c’est clair qu’à un moment donné, il faudra discuter des coûts et de quelle société on veut pour la suite».

Michel Reckinger en quelques questions

Quelle couleur dans une boîte de crayons? 
 Je prendrai le jaune, car c’est la couleur du soleil et je suis naturellement optimiste. 



Un mot pour me définir? 
 Authentique. J’essaie toujours de l’être. 



Le luxe suprême? 
 C’est la famille. Mes trois enfants et mon épouse. Être ensemble avec eux. Le Covid fut bénéfique, car on a passé beaucoup de temps ensemble et ça s’est bien passé. Deux de mes trois enfants sont à l’université, un est encore au lycée. Normalement, l’un ou l’autre viendra me rejoindre au sein de notre entreprise. 



L’objet dont je ne peux pas me séparer? 
 Honnêtement, je ne suis pas très matérialiste. Ce type d’objet n'existe pas.

Si je pouvais revivre un moment de ma vie? 
Ce sera un peu triste, car j’ai perdu mes deux parents sur une période de six mois. Et je vois quand même qu’il y a de nombreuses choses dont j’aimerais discuter avec eux. Il faut vraiment profiter de ses parents quand ils sont encore là.

Réécoutez la séquence du vendredi 19 mars 2021

Dans cet avant-dernier épisode de la Story de L’essentiel Radio, Michel Reckinger, le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), également à la tête d’une entreprise familiale de 330 employés actifs depuis Esch dans le secteur du chauffage, des sanitaires et de l’électricité, a rappelé son rôle. «L’UEL est le partenaire/interlocuteur privilégié du gouvernement dans toutes les discussions tripartites (entreprises, gouvernement et syndicat). Je considère cette fonction de président comme de la politique».

«Les ministres du gouvernement nous entendent», admet Michel Reckinger, «mais est-ce qu’ils écoutent? Cela, c’est une autre question. Mais je crois que oui et je l’espère. C’est un travail quotidien. On est en pleine réflexion sur la vitesse de vaccination face au Covid. Comment être efficace au sein des entreprises? Pour toutes les personnes qui ont entre 20 et 50 ans, on est dans la 8e phase, mais on a besoin aussi d’être vaccinés. Les personnels de Cargolux doivent être vaccinés, car ils voyagent dans des pays où il est nécessaire de l'être. Comment gérer tout cela sans aller plus vite que les autres?».

Michel Reckinger en quelques questions

Un souvenir de mes 18 ans? 
 C’était mitigé, car je me souviens que je n’étais pas très bien dans ma peau. Je faisais beaucoup d’athlétisme à l’époque, cinq ou six fois par semaine, et puis, j’ai aussi passé mon permis de conduire, et du coup, ma mère avait beaucoup moins sa voiture. 

Quand je ne travaille pas? 
Je fais toujours du sport et j’essaie d’aller courir trois ou quatre fois par semaine. C’est ça qu’il me faut.

Faut-il parler fort pour être entendu dans le monde de l’entreprise? 
Je crois surtout qu’il faut être authentique. Je crois que «le fort» ne fonctionne plus. Aussi bien en politique qu’en entreprise. Il faut savoir convaincre les gens par ce que l’on dit. Je dis ce que je pense et oui, avec Dan Kersch, ministre du Travail, ça peut être très rock'n'roll, ça peut être fort en intensité, mais en règle général, ça finit par passer. Avec les mesures actuelles, on ne peut plus boire un coup, mais ça reviendra.

Etonné par quelle personnalité? 
Ce sont toujours des personnes qui se donnent pour les autres. L’ancienne présidente de l’organisation Médecins sans frontières (MSF), Joanne Liu, est une femme merveilleuse que j’ai pu rencontrer. Tessy Fautsch, également, une infirmière MSF luxembourgeoise sur le terrain. Je suis toujours convaincu par l’humilité et la modestie.

Réécoutez la séquence du jeudi 18 mars 2021

Le président de l’Union des entreprises luxembourgeois (UEL) Michel Reckinger nous fait le plaisir de répondre aux questions de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine sur L’essentiel Radio. Pour cette troisième journée, il nous rappelle également qu’il est à la tête d’une entreprise familiale qui a été créée en 1911, «par mon arrière-grand-père et au sein de laquelle on emploie aujourd’hui 330 salariés», précise-t-il sur nos ondes.

Mais comment fait-il pour jongler entre ses fonctions plus anciennes et les nouvelles au niveau de l’UEL depuis octobre 2020? «Au sein de mon entreprise, je suis très bien entouré», reconnaît Michel Reckinger. «Et puis on fait ce que l’on a envie de faire et cela fait plaisir. On ne compte donc pas les heures. Depuis six ans, je travaille en tant que président de la fédération des artisans, c’est un mandat politique et je crois que j’ai une bonne vision sur l’économie au Luxembourg».



Que pense Michel Reckinger du télétravail? «Aujourd’hui, c’est une nécessité compte tenu des conditions sanitaires liées à la crise du Covid-19», reconnaît-il. «Après cette crise, c’est désormais clair que c’est quelque chose qui va rester. On voit aujourd’hui que ça peut bien fonctionner et c’est même un avantage pour les salariés de ne pas être dans les bouchons tous les matins. Cela va rester et cela ne fait pas sourire l’Horeca, ni les commerces. C’est un des points négatifs, car les villes sont désertées sur le temps de midi. Il y a des business modèles qui devront changer». 


« Pour les agences de voyage, c'est vraiment très dur...»

Comment s’est déroulé le traditionnel Autofestival qui a eu lieu au début de cette année 2021? «Techniquement, il s’est bien passé et les mesures sanitaires ont bien fonctionné», se félicite Michel Reckinger. «Naturellement, beaucoup moins de gens sont passés dans les show-rooms et les ventes étaient moins importantes que les années précédentes. Mais ce n’est pas qu’une question de Covid. Une autre question se pose désormais par rapport aux voitures électriques. Là, je crois aussi que le monde va changer dans les années à venir et l’électrique va devenir de plus en plus important. Dans deux ans, dans quatre ans ou dans dix ans? Depuis trois ans, je roule avec une voiture électrique et j’ai une autonomie de 200 km. Les nouvelles voitures ont déjà entre 400 et 600 km d’autonomie. Et je suis sûr que dans deux ans, on arrivera à plus de 1 000 km d’autonomie ».

Et Michel Reckinger de tirer également la sonnette d’alarme par rapport aux agences de voyages. «Face au Covid, c’est un secteur d’activité encore plus sinistré que tous les autres», regrette le président de l’UEL. «Ils ont dû travailler énormément pour rembourser les gens et ils n’ont pas eu de rentrées d’argent. Ils n’ont pas pu profiter du chômage partiel, car ils ont travaillé jour et nuit pour les remboursements. C’est vraiment très dur…».

Réécoutez la séquence du mercredi 17 mars 2021

Président de l’Union des entreprises luxembourgeoises, Michel Reckinger est au plus près des sociétés face à la crise du Covid-19. Comment les 21 000 indépendants du Luxembourg vivent-ils actuellement cette pandémie? «Un indépendant est en principe un patron d’une entreprise dont il détient plus de 25% des parts», précise d’emblée notre invité. «La grande problématique, c’est qu’au chômage partiel, l’indépendant n’est pas reconnu. Prenons l’exemple d’un patron-coiffeur, il travaille au sein de son entreprise et il a deux employés avec lui. Pour les deux, il va recevoir du chômage partiel, mais lui, en tant que personne, il ne reçoit rien. Pendant le confinement, il est supposé qu’il dispose de ressources comme l’épargne et il doit vivre de ce qu’il a gagné les dernières années».

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les indépendants au Luxembourg gagnent souvent moins de 4 000 euros par mois. «La grande partie des indépendants gagnent effectivement moins de cette somme mensuellement», confirme Michel Reckinger, à notre micro. «Et même moins que le salaire minimum aujourd’hui au Grand-Duché. Ils cotisent comme tout le monde au niveau du fonds de l’emploi, ils paient comme tout le monde les impôts de solidarité et c’est le fonds de l’emploi qui paie le chômage partiel. Donc pour nous, ce ne serait que justice que les indépendants reçoivent aussi un salaire minimum. Le ministre du Travail, Dan Kersch, ne veut pas de cette solution avec le fonds de l’emploi, donc nous nous sommes tournés vers Lex Delles, ministre des Classes moyennes, pour voir comment il pouvait nous aider. Les indépendants vont donc recevoir quelque chose avec les aides à la relance. Tout cela est momentané. Pour la crise actuelle, au mois de mars 2021, je crois que c’est bon, les aides arrivent, mais face à une future crise, il faudra rediscuter d’un système plus juste».

Michel Reckinger en quelques questions

Mon premier job? Je me suis également posé cette question. Est-ce que tondre la pelouse de ma grand-mère, c’est une réponse possible? J’ai été assistant auprès du professeur de la chaire d’ingénieur de mécanique à l’école polytechnique de Zurich, là où j’ai fait mes études. J’ai travaillé pendant trois ans là-bas.

Avec mon premier salaire? J’ai mis de l’argent de côté et au bout de deux ans, je suis parti avec ma copine de l’époque, qui est aujourd’hui devenue mon épouse, durant sept semaines en voyage en Australie.

Réécoutez la séquence du mardi 16 mars 2021

Président de l’UEL, l’Union des entreprises luxembourgeoises, depuis octobre 2020, Michel Reckinger est l’invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine. «C’est l’organisation faîtière du patronat», a-t-il rappelé d’emblée à notre micro. «On regroupe, en principe, toutes les fédérations patronales (la Chambre de commerce, la Chambre des métiers, la Fédération des artisans, la Fédération des industriels, l’horeca, les assurances et la banque)». Globalement, l’UEL représente 80% des emplois au Luxembourg et 85% du PIB. «On représente effectivement toute l’économie luxembourgeoise», confirme Michel Reckinger. «Face au Covid-19, les entreprises d’un secteur n’ont pas les mêmes problèmes que celles d’un autre secteur. Le secteur financier est moins affecté que l’horeca, où c’est vraiment la catastrophe. Des entreprises ont déjà dû déposer le bilan, clairement, oui! Il y a eu des faillites et des fermetures, il faut le dire».

Les dégâts sont-ils limités? «Aujourd’hui, les aides qui ont été mises en place par l’État, surtout le chômage partiel, ont fait que les dépôts de bilan sont relativement restreints», reconnaît Michel Reckinger. «Le chômage partiel a empêché le pire. L’horeca est très vulnérable, car ce secteur est aujourd’hui paralysé. Ils ne peuvent plus travailler et c’est là le plus dur, mais il ne faut pas oublier les secteurs qui travaillent pour l’horeca. L’événementiel n’est pas fermé, mais sans concerts, ou événements, il n’y a rien. Les photographes souffrent par exemple, car il n’y a pas de mariages».

Voit-on petit à petit le bout du tunnel face à cette pandémie de coronavirus? Quand cela pourrait-il aller mieux au Luxembourg? «Pfff», soupire immédiatement Michel Reckinger. «Je crois que c’est la vaccination qui va faire en sorte que l’on aura une vie un peu plus normale. Il faut une stratégie, et il faut déjà les vaccins, car c’est là le problème principal. J’espère qu’au moment où on aura les vaccins, ça ira beaucoup plus vite et qu'on sortira de cette crise d’ici l’été». À la tête également de sa propre entreprise d’installation de chauffage, sanitaire et électricité, Michel Reckinger est déjà la 4e génération de sa famille au sein de cette société. «Mon arrière-grand-père l’a constituée en 1911», rappelle-t-il. «Aujourd’hui, nous employons 330 personnes et nous sommes basés à Esch-sur-Alzette».

Réécoutez la séquence du lundi 15 mars 2021

La playlist de Michel Reckinger

««Je vole», le titre de Michel Sardou est le premier 45 tours que j’ai acheté», nous indique Michel Reckinger. Je devais avoir douze-treize ans. Cette chanson est triste, mais elle m’a fait réfléchir. «En chantant…», c’est beaucoup plus gai».

«Je suis fan de music-hall », reconnaît notre invité. «Hair, c’est une comédie musicale qui m’a marquée quand je l’ai vue sur scène».

Le chanteur belge Arno est le troisième artiste à intégrer la playlist du président de l’UEL. «Arno aurait dû venir à Esch, en 2020, et il n’a pas pu malheureusement», regrette Michel Reckinger. «J’aime cet artiste, car c’est un personnage vraiment entier».

«Bruce Springsteen est mon chanteur favori», reconnaît Michel Reckinger, «depuis toujours, et j’ai vu ses concerts plusieurs fois. C’est énorme, car c’est une vraie bête de scène. Cinq heures de concert à l’âge de 68 ans, il faut le faire».

U2 est le premier groupe à intégrer la playlist de Michel Reckinger, «car c’est ma musique depuis que je suis adolescent», souligne-t-il, «et cela continue de l’être».

(Frédéric Lambert / L’essentiel )