Loïc Clairet

17 mai 2021 16:58; Act: 09.06.2021 13:23 Print

«Aux Francos d’Esch, je rêve de proposer Stromae»

LUXEMBOURG - Du 11 au 13 juin, les Francofolies d'Esch seront un des rares festivals maintenus lors des prochaines semaines. Entretien avec Loïc Clairet, directeur général.

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Loïc Clairet, directeur général des Francofolies d'Esch-sur-Alzette est l'invité de L'essentiel Radio tout au long de cette semaine.

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Tout au long de cette semaine, Loïc Clairet, directeur général des Francofolies d’Esch était l’invité de L’essentiel Radio. Il a répondu aux questions de Jean-Luc Bertrand dans la séquence «Story». «Une vingtaine de concerts seront proposés sur l’ensemble du festival qui se déroulera du vendredi 11 au dimanche 13 juin à Esch-sur-Alzette», a-t-il rappelé d’emblée sur nos ondes. «Le 11, on est plutôt sur la KuFa et le Théâtre d’Esch, et puis, le 12 et le 13, on peut aller au parc du Gaalgebierg, un parc en plein air qui permet d’accueillir tous les spectacles. On trouve facilement les billets sur Francofolies.Lu et on propose des journées qui sont à 25 euros pour sept ou huit concerts. C’est très raisonnable».

«Certes, les spectateurs seront assis», poursuit Loïc Clairet, «en raison des règles sanitaires liées au Covid-19, mais à part ça, on va profiter du festival de la même façon que si on était dans des conditions optimales. Quand on nous a dit au mois de janvier 2021 que l’on pourrait recevoir 100 personnes lors d’événements culturels, on a su qu’on pouvait y aller. Cela aurait été 100 ou 8 000, on l’aurait fait. On a ensuite dû travailler avec la direction de la Santé pour arriver aux chiffres actuels en fonction des protocoles établis et depuis début mai, on sait plus ou moins tout ce que l’on pourra mettre en place pour le festival».

«Le masque sera forcément obligatoire pendant le festival et on en distribuera pour le public qui sera là», précise Loïc Clairet. «La règle, c’est que le public sera invité à s’autotester chez lui et à venir avec une photo du résultat de l’autotest que l’on pourra contrôler à l’entrée du festival. Ce sera le pass pour rentrer, donc pas besoin d’un test PCR de 48h».

Loïc Clairet en quelques questions

Un mot pour me définir? Optimiste, car je ne baisse jamais les bras. Je vois toujours une lumière au bout du tunnel. Le judo, ce sport, c’est ma vie. Avec le recul, on peut tout faire.

L’objet dont je ne peux pas me séparer? On va revenir à ce sport et je vais dire mon kimono. Ma guitare, elle est toujours là et j’en joue toujours, mais je pense que j’aurais plus de difficultés à partir de longues années sans mon kimono. Cette pratique du sport, c’est un peu ma Madeleine de Proust qui me rappelle tout mon parcours. Après, on pourrait peut-être mettre la guitare dans le kimono.

Le top 3 des artistes que j’ai envie de rencontrer? Si je me fais plaisir pour les Francofolies, je dirais, par exemple, signer le grand retour de Stromae. Peut-être essayer d’avoir les Insus, pour notre génération, c’est pas mal. Et puis, j’ai eu le plaisir de le voir à La Rochelle, il y a deux ans: Gaëtan Roussel. J’ai trouvé cet artiste d’une telle générosité sur scène, que j’aimerais beaucoup l’avoir chez nous.

Réécoutez la séquence du vendredi 21 mai 2021

Invité dans l’émission «La Story» de L’essentiel Radio, Loïc Clairet évoque en notre compagnie les Francofolies d’Esch qui se tiendront, pour la première fois, du vendredi 11 au dimanche 13 juin 2021. «Pour les artistes qui font partie de notre nouvelle tête d’affiche, ça va faire du bien», reconnaît le directeur général du festival. «Cela fait tout de même un an que l’on travaille sur le festival et les contacts étaient là. La programmation était prête en grande partie et on a pris le temps de consolider notre programme. La difficulté, c’était plus d’être sûrs que les artistes reprennent les tournées au moment où on allait relancer la machine».

«Je m’occupe aussi de la Nuit de la Culture pour la ville d’Esch», indique Loïc Clairet, «et en septembre 2020, on a pu tester la question de la distanciation, la mise en place des gels, les réactions du public, s’il portait son masque...On a pu voir que les gens étaient en attente de spectacles et globalement, tout se passait assez bien quand on était en événement. On a pas eu de retour de clusters ou de malades dans nos équipes, c’est donc que nous pouvons gérer ce genre d’événement».

Que peut-on dire à celles et ceux qui ne viennent pas du Luxembourg par rapport aux Francofolies d’Esch? «À mes potes, je leur dis déjà de venir m’aider», sourit Loïc Clairet sur notre antenne. «Et s’ils ne veulent pas mettre la main à la pâte, je leur demande au moins de venir voir ce que l’on propose, car vous n’aurez pas beaucoup l’occasion de voir des festivals cet été. Alors n’hésitez pas à faire tous les festivals qui existent».

Loïc Clairet en quelques questions

Quelle couleur dans une boîte de crayons? C’est difficile, car j’ai deux couleurs: le vert et l’orange. Le vert, car je suis très attaché à la nature. Je rappelle que je viens d’un marais à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais. Et puis, l’orange, car c’est la petite touche de dynamisme de ma journée.

Le luxe suprême? C’est la pâtisserie. C’est de manger un bon Paris-Brest ou une bonne Tropézienne à 16h.

Réécoutez la séquence du jeudi 20 mai 2021

Loïc Clairet est le directeur général des Francofolies d'Esch-sur-Alzette et il se dévoile au fil des jours sur l’antenne de L’essentiel Radio. Aux côtés des têtes d’affiche du festival, quels sont les artistes qui vont faire les premières parties des spectacles proposés du vendredi 11 au dimanche 13 juin à Esch? «Par exemple, vous avez une jeune Belge flamande qui s’appelle Meskerem Mees qui est vraiment un mélange entre Nina Simone et Tracy Chapman. Elle a fait un concert aux Rotondes et on peut déjà la trouver sur nos réseaux. Pour les Luxembourgeois, vous avez Napoleon Gold avec un son des années 80 que l’on connaît bien. Terrenoire, aussi, un duo de frères rendu célèbre par une pub ces derniers temps, mais aussi Chaild, Ryvage, P.R2B qui est dans le chantier des Francofolies de la Rochelle. Ce sont donc des artistes qui sont poussés et qui seront vraiment les révélations des prochaines années».

Les Francofolies d'Esch-sur-Alzette vont-elles être soutenues par les autres festivals du même nom? «On sait déjà que Gérard Pont, le directeur du festival de La Rochelle sera là et puis on va aussi inviter les organisateurs de Spa», a souligné Loïc Clairet. «On ne pourra pas suivre les spectacles en direct sur Internet ou sur les réseaux sociaux, car c’est une volonté de garder un festival dans sa forme et profiter du concert en direct. Par contre, on est en train de réaliser un projet qui va bientôt apparaître et qui s’appelle «La Tournée des Francos». On enregistre par exemple un groupe sur un bateau solaire ou un autre groupe qui sera du côté français à Villerupt. Donc ça, ce sera monté, réalisé et on peut les voir sur nos réseaux, où je le disais, le concert de Meskerem Mees est déjà proposé. Vous verrez bientôt Chaild que l’on a filmé, il n’y a pas très longtemps en live».

Loïc Clairet en quelques questions

Bluffé par quelle personnalité? Je suis moins adepte des grandes personnalités, mais il y a quand même un metteur en scène espagnol qui s’appelle Enrique Vargas, du Teatro de los Sentidos. Il est d’une humanité folle et il vous sonde l’âme en quelques minutes. Il est très rassurant, mais en même temps avec une forte présence. C’est vraiment un metteur en scène qui m’a marqué. Après, c’est plutôt mon grand-père, car il a une sagesse… S’il n’était pas de Saint-Omer, il serait du Tibet.

Plutôt vinyle, CD ou clé USB? Je suis CD et je les collectionne. J’en ai plus de 2000 ou 3000 chez moi et je suis attaché à ce format, car on le met du début à la fin. Il ne faut pas le retourner comme le vinyle, même si j’adore le son du vinyle. Je n’aime pas le format numérique, car c’est le moyen de couper des albums et de ne pas les écouter dans leur intégralité.

Réécoutez la séquence du mercredi 19 mai 2021

Directeur général des Francofolies d'Esch-sur-Alzette, Loïc Clairet répond aux questions de Jean-Luc Bertrand dans la séquence Story de L’essentiel Radio. «Il y a un engouement qui est à deux niveaux pour le festival du 11 au 13 juin 2021», nous dit-il. «On a lancé une billetterie sur le parc du Gaalgebierg et on voit que ça prend. Et puis, au niveau du théâtre d'Esch, des concerts comme Feu! Chatterton ou Sébastien Tellier sont déjà complets. Avec une journée à 25 euros, les tarifs sont très raisonnables. C’était important d’offrir au public cette capacité de venir, cela fait aussi partie de notre démarche, d’être accessibles».

Comment le ministère de la Santé va-t-il surveiller tout ça? «On a des contacts et des rendez-vous très réguliers», confirme Loïc Clairet à notre micro. «Il y a une cellule opérationnelle qui est là pour nous accompagner. Tout le protocole est calibré et on est à 99% sûrs et certains de la façon dont le festival va se passer. Les concerts seront assis et on pourra être en regroupement d'une à quatre personnes avec de la distanciation. On pourra manger et boire sur le site avec des protocoles que l’on a mis en place. Tout cela sera presque normal, à défaut de pouvoir se rassembler debout et de faire un pogo, mais je pense que pour se secouer les cheveux, assis, ça marche aussi».

«Au niveau des théâtres, ce sont les règles applicables depuis le mois de janvier 2021», poursuit Loïc Clairet. «On est sur un public qui est à une distance de deux mètres et qui est assis. On a donc une capacité de 100 personnes au théâtre de Esch. Elle pourra peut-être être augmentée, car il semblerait que les règles puissent se modifier d’ici le mois de juin 2021. Dans ce cas-là, on remettra des places en vente pour être dans les normes. Du côté du parc du Gaalgebierg, au total, on peut accueillir 512 personnes. C’est pas mal déjà et c’est très précis».

Loïc Clairet en quelques questions

Mon premier job avec un salaire? C’était professeur de judo que je combinais en même temps avec un job dans une friterie et dans une pizzeria. C’était très bien et la première chose importante que j’ai achetée, c’était la même guitare que Kurt Cobain, une Fender Jag-Stang. J’avais un groupe à une époque et c’était mon premier achat. C’était du rock français mélangé à du grunge. Je ne peux pas dire le nom du groupe, car il y a trop de traces sur Internet et on pourrait me retrouver.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? Je n’aime pas trop l’individualisme. Moi qui aime tout construire de manière collective, les gens qui sont trop individualistes, cela me déplaît un peu. Maintenant, je sais qu’il en faut un petit peu, car il faut quand même faire sa place dans une société, mais si on peut être plus dans le collectif, ça peut être plus plaisant.

Réécoutez la séquence du mardi 18 mai 2021

Directeur général des Francofolies d'Esch-sur-Alzette, Loïc Clairet est l'invité de L'essentiel Radio, tout au long de cette semaine. «Elles sont bien programmées et de toute façon, on n'aurait pas jeté l'éponge», a-t-il d'emblée affirmé sur nos ondes. «Même à 100 personnes, on aurait proposé des Francofolies en 2021. Elles sont donc bien programmées du 11 au 13 juin. Le vendredi 11, on sera notamment à la KuFa et au théâtre d'Esch et puis le 12 et le 13 au parc du Gaalgebierg. On est fortement soulagés, car on a trouvé un bon compromis avec la Direction de la santé avec une jauge qui nous permet de proposer un beau spectacle pour l'ensemble du public et des artistes».

Mais qui est Loïc Clairet? «Je suis arrivé au Luxembourg en mai 2019», nous dit-il, «justement pour lancer ces Francofolies à Esch-sur-Alzette. Je suis originaire d'une ville française dans le Pas-de-Calais qui s'appelle Saint-Omer, où se trouve le plus grand marais cultivé de France, encore aujourd'hui. Je suis passé par la Belgique à Mons quand la ville était capitale européenne de la Culture en 2015. J'y suis resté quelques années et puis, je suis arrivé au Luxembourg il y a deux ans. On a pas mal travaillé avec la ville d'Esch à une époque et puis, j'ai rencontré les autorités. La méthodologie de travail que je développe, notamment sur la Nuit de la Culture, était une envie de la mettre en place sur les Francofolies».

«C'est très compliqué, aujourd'hui, d'organiser un festival»

Quels noms peut-on annoncer à nouveau pour donner envie au public d'être présent à l'événement? «Alors, deux, trois noms, Philippe Katerine, Camélia Jordana, Hervé, Yseult... C'est une très très belle programmation», se réjouit déjà Loïc Clairet à notre micro. «On a des Victoires de la Musique de cette année, d'anciennes Victoires, on n'a pas à rougir de ce que l'on va proposer au public cette année. Déçu de ne pas avoir les mêmes têtes d'affiche que ce qui était prévu en 2020? Oui et non. On était contents de pouvoir accueillir Nekfeu, Clara Lucciani ou encore Eddy de Pretto... Maintenant, on peut aussi comprendre que les tournées ne se fassent pas et puis, de toute façon, ce que l'on propose est aussi beau».

À quel point est-ce compliqué de programmer un festival de musique en cette période de Covid-19 marquée par de nombreuses annulations? «C'est très compliqué», reconnaît Loïc Clairet, «car simplement, les frontières sont fermées et il n'y a pas de vol pour pas mal de villes. Et puis si on veut faire une tournée avec un groupe, il faut qu'il y ait un minimum de dates pour que le groupe se déplace. Donc à l'international, c'est très complexe. Nous, on a cette chance d'être dans le francophone et on peut donc travailler avec la France et la Belgique. En termes de déplacements, c'est beaucoup plus simple».

Quels sont les rapports «filiaux» entre les Francofolies de La Rochelle, celles de Spa et celles d'Esch-sur-Alzette? «Les rapports sont assez simples», souligne Loïc Clairet, «car nous sommes dans une confédération de Francofolies. On est sept à travers le monde, car il y a aussi le Canada, l'île de la Réunion, Nouméa... et donc, on a des rapports avec «la maison mère» à La Rochelle, puisque c'est avec eux que nous travaillons le plus à la mise en place du projet. Et puis avec Spa, on discute beaucoup, comme on n'est pas très loin, on ne veut pas se faire de concurrence, mais surtout être complémentaires. On discute de nos programmations, de nos bonnes pratiques, c'est en fait assez facile de travailler tous ensemble».

Réécoutez la séquence du lundi 17 mai 2021

La playlist de Loïc Clairet

Hanson, le groupe américain composé de trois frères, clôture la playlist de Loïc Clairet. «C’est un groupe que j’ai connu quand j’étais adolescent», se souvient-il. «C’est le premier album que j’ai acheté avec mes sous dans un magasin que l’on appelait Mammouth. C’est à l’époque où on pouvait encore écouter les CDs avant de les acheter. Ils avaient 13, 15 et 16 ans, je crois, quand ils ont sorti leur succès MMMBop. Ils ont 40 ans aujourd’hui, mais ils font toujours de la musique et c’est un titre qui vous fait bouger dès que vous entendez».

Quatrième titre proposé par Loic Clairet: la bande-annonce du film «Requiem For A Dream». «C’est le film de toute génération qui raconte tout de même une époque», affirme-t-il. «L’histoire était assez tragique et cette B.O., elle me transporte. C’est tellement atmosphérique. Clint Mansell nous met dans une atmosphère. On ne sait pas trop, il y a des jours, ça va vous rendre fou, complètement triste, à la limite on va pleurer. Je ne sais pas, il y a quelque chose qui me dépasse dans cette bande originale. Ce titre emporte et c’est un peu comme ces musiques entêtantes. On a envie de l’écouter fort, comme de la musique classique.Il y a des styles de musique avec lesquelles on a envie de casser la maison. Cela nous emporte tout de suite et puis, on a envie d’y revenir.

En troisième position dans la playlist de Loic Clairet on retrouve les Foo Fighters. «Si je ne peux qu’en garder un à l’international», souligne-t-il,«ce serait eux, aussi, car il y a une histoire avec Nirvana, le grunge et toute la musique punk que j’écoute. Si je devais emmener un seul album sur une île déserte, ce serait «In Your Honor».

Deuxième titre à intégrer la playlist de Loic Clairet: un titre de Rod Stewart, «car c’est ce qui me met en joie», dit-il. «Globalement, on ne l’entend plus beaucoup à la radio, mais quand je l’entends, je suis un peu comme les chiens à l’arrière des voitures, j’ai la tête qui bascule tout de suite et donc ça me met vraiment de bonne humeur».

«Cela fait beaucoup de bien d'entendre Christophe», affirme Loïc Clairet, «surtout que l'on a célébré un anniversaire un peu triste, il n'y a pas si longtemps (un an après son décès). Ces titres-là m'emportent tout de suite quand je les entends, parce que le texte, parce que la musique, parce que la voix. Tout est réuni pour nous emporter ailleurs».

(Frédéric Lambert / L'essentiel )