«L'essentiel Radio»

21 juin 2021 15:58; Act: 08.07.2021 10:48 Print

Réécoutez la «Story» de Claude Waringo

LUXEMBOURG - Claude Waringo, producteur de la série à succès, «Capitani», nous explique comment s'y prendre pour apprécier le Grand-Duché.

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Claude Waringo est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine sur «L'essentiel Radio».

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Depuis le début de la semaine, on parle de cinéma sur L’essentiel Radio avec le cofondateur de Samsa Film, Claude Waringo. «Il y a beaucoup d’obligations quand on fait appel au Film Fund au Luxembourg», rappelle-t-il. «Les règles, c’est un petit livre que l’on appelle "la Bible". Il y a bien une quarantaine de pages, mais la règle principale, c’est la qualité du scénario. Et deuxièmement, il y a des maximas par film et par genre. Et puis évidemment, il faut dépenser 100% de l’argent du Film Fund au Luxembourg».

Prenons l’exemple de la série à succès «Capitani». C’est combien de jours et combien de personnes sur le tournage? «C’est une série de 12 x 27 minutes», souligne Claude Waringo. «Et pour tourner cela, on a 60 jours. Douze semaines de cinq jours, ce qui est vraiment très très peu pour une durée aussi importante».

La société de Claude Waringo, Samsa Film, fête en 2021 ses 35 ans. «Avec mon associé Jani Thiltges, on s’est posé la question de notre avenir», reconnaît-il sur nos ondes. «On a invité Bernard Michaux à nous rejoindre, il est beaucoup plus jeune que nous et on espère que ce sera lui qui reprendra les rênes de Samsa Film». Et comment voit-il le cinéma luxembourgeois dans les dix prochaines années? «Si on pouvait déjà continuer au niveau actuel», dit-il, «ce sera déjà un très très beau succès. Franchement, pour l’instant, on est dans une espèce de turbo, à l’extrême, et si on pouvait durer à ce niveau-là, ce serait déjà très bien».

Claude Waringo en quelques questions

Quand je ne travaille pas? Déjà, quand je travaille, je n’ai pas l’impression de travailler. Donc quand je ne travaille pas, je travaille un petit peu quand même.

Bluffé par quelle personnalité? Je ne dirais pas forcément des gens avec qui j’ai travaillé dans le cinéma, même s’il y en a, comme Gérard Depardieu ou Isabelle Huppert,… Celui qui m’a le plus touché, puisque les bureaux de L’essentiel sont à Differdange, c’est Jerry Lewis quand il est venu dans le hall omnisports. Je l’ai vu de mes yeux.

Revivre un moment de ma vie? Je dirais ma naissance, car je l’ai vécue, mais je ne m’en souviens pas. C’est bien là, le problème.

Réécoutez la séquence du vendredi 25 juin 2021

Luxembourgeois, cofondateur de Samsa Film, Claude Waringo se confie sur les ondes de L’essentiel Radio depuis lundi. Le grand écran et les plateformes comme Netflix vont-elles, à un moment donné, devenir complémentaires? «C’est totalement complémentaire», confirme le producteur à notre micro. «Il faudra jouer sur tous les tableaux dans les années à venir. Je parle en tant que producteur, sur tous les tableaux, dans tous les genres et sous toutes les formes. Cela a commencé, il y a des années déjà, il y a des films, par exemple, qui ont soudainement été montrés sur Arte, et puis qui sont sortis au cinéma plus tard».

«Lors de l’année 2020», poursuit Claude Waringo, «il y a un certain nombre de films de cinéma qui sont sortis sur les plateformes, car simplement, les cinémas étaient fermés. Surtout en France, heureusement, un peu plus ouverts au Luxembourg. C’est un mouvement que l’on n’arrêtera plus, c’est parti». «En 2020, on a eu l’énorme chance de n’avoir prévu qu’un seul tournage lors de l’année dernière», admet Claude Waringo. «Alors qu’en moyenne, par an, on est plutôt sur trois ou quatre. Cela nous a aidés, car c’était plus une année de développement et d’écriture. Franchement, on a eu une chance absolument incroyable».

Et Claude Waringo de confirmer que le festival de Cannes, de cette année 2021, est un rendez-vous incontournable pour Samsa Film, «car on a deux films en sélection», rappelle-t-il. «"Les intranquilles" de Joachim Lafosse et "Where Is Anne Frank" qui est un film d’animation. Concernant "Les intranquilles", je crois que c’est un très grand film. Franchement, c’est déjà le 6e ou 7e film de Joachim Lafosse. Il était à la porte de Cannes tous les ans, il était dans des sélections moins importantes et là, moi, je crois qu’il va exploser cette année-ci».

Claude Waringo en quelques questions

Un souvenir de mes 18 ans? J’ai bien peur que ce soit extrêmement banal. C’est le permis de conduire et la liberté qui va avec. Le jour où j’ai reçu mon permis, j’ai pris la voiture et je suis parti me balader. J’ai eu la chance qu’il y avait une R4 de ma sœur aînée. Elle n’en voulait plus et j’ai donc eu très vite une voiture. J’ai même conduit trois R4L de suite, dont une que j’ai malheureusement perdue lors d’un accident. J’ai adoré et c’était mythique.

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Aucune couleur ne me vient comme ça, car c’est toujours en relation avec une matière. Je dirais l’ocre des tuiles de toit de la Provence ou le blanc cassé de la pierre de Bourgogne, par exemple.

Réécoutez la séquence du jeudi 24 juin 2021

Cofondateur de Samsa Film, Claude Waringo se dévoile tout au long de la semaine au micro de L’essentiel Radio. C’est également le producteur de la série luxembourgeoise à succès «Capitani». Mais comment a débuté l’histoire de cette série? « Cela a commencé par une demande de RTL et du Film Fund », précise-t-il. «C’était une volonté d’avoir une série luxembourgeoise. Avec les auteurs de la série, on s’est mis autour d’une table et on a très vite trouvé cette idée de "Capitani"».

Comment pourrait-on décrire cette série pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore vue? «J’espère tout d’abord qu’ils sont très peu à ne pas encore avoir vu «Capitani»», répond en souriant Claude Waringo. «Le but, c’était de tenir une certaine forme de pression jusqu’à la fin du 12e épisode. C’est un thriller assez classique, finalement, avec un flic qui arrive dans un petit village du nord du Luxembourg. En principe, il n’a rien à y faire et puis, il va devoir retrouver une fille qui a disparu, et dont la sœur a malheureusement été retrouvée morte dans la forêt».

Vers une saison 3 de "Capitani"?

«Luc Schiltz et Sophie Mousel sont les deux acteurs principaux de la série», poursuit Claude Waringo. «Je connais Luc depuis très longtemps et Sophie, je l’ai rencontrée pour la première pour «Superjhemp», où elle avait un tout petit rôle. Ils ont passé des castings comme tous les comédiens, on les a choisis et j’en suis vraiment très heureux. Ces deux acteurs n’ont pas «attendu» «Capitani». Sophie vit à Paris, elle fait une carrière là-bas aussi. Je trouve ça très important que des comédiens puissent travailler dans plusieurs pays. Ils profitent un peu de la situation des langues au Luxembourg, car Luc, je l’ai vu jouer en anglais, en allemand, en français et en luxembourgeois».

La série «Capitani» a-t-elle permis de faire connaître la langue luxembourgeoise dans certains pays? «Oui», confirme Claude Waringo, «et même dans des pays très proches de chez nous. Sur France Inter, l’animateur/présentateur Nagui a dit qu’il ne savait pas que le luxembourgeois existait. C’est un exemple, alors qu’il a travaillé pour RTL pendant des années». Alors que le tournage de la 2e saison de «Capitani» se termine pour le moment, peut-on espérer un jour une 3e saison? «Sincèrement, je ne sais pas», souligne Claude Waringo. «Cela dépendra de l’évolution et du succès de la 2e saison, mais ça dépendra surtout des auteurs. Thierry Faber, le scénariste principal de la série. Ça fait maintenant quatre ou cinq ans qu’il n’écrit, qu’il ne pense, qu’il ne vit, du matin au soir, que pour «Capitani». C'est donc très lourd pour lui. Cela dépendra donc surtout de lui et de son envie de continuer ou pas».

Claude Waringo en quelques questions

Le plus et le moins du Luxembourg? Pour bien connaître le Luxembourg, il faut s’en éloigner pendant un petit moment et quand on revient, il faut savoir si le pays est fait pour soi, ou pas. Ce que je n’aime pas, ce sont les gens qui se plaignent du matin au soir du Luxembourg et qui ne bougent pas.

Réécoutez la séquence du mardi 22 juin 2021

Cofondateur de Samsa Film, première société de production professionnelle au Luxembourg, Claude Waringo est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. «2021 est une très belle année pour Samsa», a-t-il reconnu d'emblée à notre micro, ce lundi. «C'est comme l'arrivée d'une très longue étape. On arrive maintenant dans le peloton de tête». Et Claude Waringo de rappeler qu'au départ, en 1986, Samsa n'était qu'une ASBL. «En 1989, c'est devenu une SARL», complète-t-il. «Donc on fête quand même cette année nos 35 ans, car on considère l'année 1986 comme la première année».

Peut-on dire aujourd'hui que la série Capitani, dont tout le monde parle dans le monde entier, c'est le succès de Samsa? «Au niveau du nombre de spectateurs dans le monde, oui», reconnaît Claude Waringo. «Il faut savoir que chaque film est pensé pour un public différent. On peut par exemple, faire un grand succès avec un film comme Superjhemp, qui fut une réussite purement luxembourgeoise avec 60 000 spectateurs dans les cinémas. Ce fut un très gros succès. On a fait d'autres films plus "arts et essais", et quand on fait 1 million de spectateurs sur Une Liaison pornographique, par exemple, qui a gagné des prix à Venise, c'est aussi un très grand succès. Ce ne sont pas seulement les 18 millions d'entrées de Capitani qui en font un énorme succès. Dans son genre, c'est une très grande réussite».

«Le premier succès de Capitani, c'était au Luxembourg», rappelle Claude Waringo. «Avec le retour que l'on a eu de RTL - ils n'ont malheureusement pas de chiffres très précis - mais on a pu voir que sur Internet, plus de 50 000 personnes ont regardé. On sait aujourd'hui que l'on a eu entre 100 et 150 000 personnes par épisode, à multiplier par 12». Comment finance-t-on un film ou une telle série? «Il faut imaginer ça au niveau européen, car il n'y a pas beaucoup de différence entre le Luxembourg et l'Europe», indique-t-il. «En gros, le cinéma et la télévision sont financés par ceux qui montrent les films ou les séries, plus tard. Ce sont donc les télévisions qui financent, mais à côté de ça, dans toute l'Europe, il existe des financements culturels. Ce sont des subventions, des avances sur recettes, de l'argent étatique culturel, et dans chaque pays, cela est organisé différemment. Au Luxembourg, c'est le Film Fund qui gère ça, et c'est sur base d'un dossier et d'une qualité artistique que cet argent est octroyé».

Claude Waringo en quelques questions

Mon premier job? J'ai eu l'énorme chance, pendant les grandes vacances, d'être serveur pendant trois ou quatre ans. C'était dans un bistrot mythique d'Esch-sur-Alzette qui s'appelait "Beim Jeannot". Cela fait un moment, malheureusement, que le bistrot n'existe plus, mais dans le temps, c'était vraiment une institution et là où tout le monde se rencontrait.

Avec mon premier salaire? En dehors des sorties, je m'étais acheté une guitare. Je ne suis pas du tout musicien, mais c'était pour draguer...

Réécoutez la séquence du lundi 21 juin 2021

La playlist de Claude Waringo

Jethro Tull est le premier artiste à intégrer la playlist de Claude Waringo. «Cela me revient, comme si c'était hier», avoue-t-il. «Ce sont des choses inoubliables et c'était tout simplement mon premier disque. J'ai dû l'acheter quand j'avais 11 ou 12 ans. À cet âge-là, tu n'as pas dix disques dans ta collection, donc tu l'écoutes et tu l'écoutes, à nouveau».

«Je ne suis pas un énorme fan de Jay-Z», reconnaît Claude Waringo, «il y a des choses que j’aime et d’autres moins, mais cette chanson-là, elle m’a toujours arraché de ma chaise».

Jean Ferrat est le 3e artiste à intégrer la playlist de Claude Waringo. «Bizarrement, je l’ai découvert plus tard que les autres», affirme-t-il. « J’étais Brassens, Brel,… et Ferre et Ferrat, il ne m’est venu qu’il y a cinq ou six ans et notamment cette chanson-là».

Quatrième et dernier artiste de la playlist de Claude Waringo, Kate Bush. «Sa voix me touche à chaque fois que je l’entends», détaille-t-il. «Le personnage est aussi très étonnant».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)