Catherine Verdier

13 mars 2020 09:00; Act: 12.03.2020 16:21 Print

«Le harcèlement scolaire n'est pas assumé au pays»

LUXEMBOURG - Catherine Verdier, psychologue et présidente de l'association Amazing Kids, a répondu aux questions de Jean-Luc Bertrand dans la «Story».

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Catherine Verdier a répondu aux questions de Jean-Luc Bertrand dans sa «Story». (photo: L'essentiel)

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Jean-Luc Bertrand a reçu dans sa «Story» Catherine Verdier, psychologue et présidente de l'association Amazing Kids, «une association qui œuvre pour la prévention du harcèlement scolaire dès le plus jeune âge» à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage intitulé «50 activités bienveillantes pour prévenir le harcèlement scolaire». «C'est un cahier ludique, car il ne s'agissait pas d'être grave», a-t-elle rappelé au micro de L'essentiel Radio. «Il s'agissait de faire comprendre aux enfants ce qu'était le harcèlement scolaire et de voir comment on peut y remédier et de le prévenir».

On parle beaucoup du harcèlement scolaire pour le moment, «mais a-t-il toujours existé?», s'est demandé Jean-Luc Bertrand. «Bien entendu», lui a répondu Catherine Verdier. «Il était probablement un peu moindre, dans le sens où actuellement on est face à la problématique du cyber-harcèlement avec les écrans, Internet et les réseaux sociaux qui amplifient le phénomène. Nous sommes aujourd'hui dans une société où le stress est extrêmement prégnant. Et c'est aussi une partie du problème».

«Des conséquences du harcèlement jusqu'à l'âge adulte»

Mais comment les parents des enfants peuvent-ils distinguer les signes annonciateurs du harcèlement scolaire? «C'est compliqué, en particulier, pour les adolescents», reconnaît la psychologue. «Pour les plus jeunes, c'est plus simple, car il y a des choses qui émergent. Les ados, ils sont plus barricadés et ils ne veulent rien montrer. Quand on sent que quelque chose ne va pas, quand on voit un enfant qui s'isole, quand on voit les résultats scolaires qui chutent,... il y a plein de petits signes qui mis bout à bout peuvent indiquer qu'il y a quelque chose qui ne va pas».

«Le harcèlement, ça peut malheureusement durer éternellement», soupire Catherine Verdier. «Il y a la problématique des conséquences à court terme (tous les changements brusques d'attitude et de comportement), mais les conséquences sont aussi à long terme chez les adultes. Quand on a subi du harcèlement plus jeune et que l'on n'a pas été aidé, entendu et réparé au niveau thérapeutique, des conséquences peuvent perdurer jusqu'à l'âge adulte avec des difficultés à trouver sa place. Certains harceleurs ou intimidateurs, pas tous, poursuivent également leurs méfaits à l'âge adulte, puisque personne ne les a arrêtés. Si, pendant des années, ils se sont construits comme ça, pourquoi voulez-vous qu'ils s'arrêtent?».

«Un enfant sur deux, dès l'âge de sept ans, subit un harcèlement scolaire»

«Les parents sont-ils également en mesure de détecter si leur enfant est un harceleur?», s'est demandé Jean-Luc Bertrand. «Bien sûr», lui a répondu Catherine Verdier. «Il y a des activités également pour les intimidateurs. Maintenant, je n'ai jamais reçu dans mon bureau, des familles qui me disaient que leur fils était un harceleur et c'est dommage». «Est-il nécessaire de changer son enfant d'établissement scolaire lorsqu'il est victime de harcèlement?», s'est encore posé comme question Jean-Luc Bertrand. «Non, pas forcément», a rétorqué Catherine Verdier. «C'est tout de même fort dommage que ce soit à la victime de changer d'établissement. Il y a des choses à faire avant. Aujourd'hui, j'estime que l'école au Luxembourg n'assume pas bien son rôle à ce niveau-là. Il manque de tout. Il y a un retard de cinq à huit ans».

«Plus on laisse traîner une situation de harcèlement, plus c'est difficile de l'enrayer et de la stopper», poursuit encore Catherine Verdier. «Dès que l'on peut l'arrêter, il faut le faire. Il faut intervenir dès que l'on a conscience d'un problème. Il y a une grande différence entre un conflit, une petit bagarre et le harcèlement. Le harcèlement, c'est répété, c'est tous les jours, à long terme et de ce fait-là, cela se distingue d'un conflit par la notion de répétition. Il y a aussi une notion de domination où il y a un enfant ou un groupe d'enfants qui dominent et qui maintiennent quelqu'un sous leur coupe». Selon les derniers chiffres de l'UNICEF, un enfant sur deux, dès l'âge de sept ans, subit un harcèlement scolaire, de même qu'un adolescent sur quatre. «Ces chiffres sont effrayants et personne ne veut l'entendre», a regretté Catherine Verdier, au micro de Jean-Luc Bertrand. «Cela n'arrange aucun gouvernement d'entendre ce genre de chiffres. C'est la réalité et la banalité, c'est d'être harcelé ou de harceler».

La playlist de Catherine Verdier

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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Les commentaires les plus populaires

  • papy le 13.03.2020 15:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aucune structure scolaire n’est équipée pour combattre ce fléau . On dirait presque même qu’on veut délibérément l’ignorer. On réagit insuffisamment. On ne punit pas les harceleurs; on préfère tenter de « soigner » les harcelés . C’est un abandon pur et simple de la part de ceux à qui les enfants sont confiés . Il est temps que les choses changent .

  • Terri le 14.03.2020 08:28 Report dénoncer ce commentaire

    Merci Mme Verdier d'aborder à nouveau ce problème terrible. Des enfants (et leurs familles) sont littéralement détruits par le harcèlement ou lynchage. Les parents aussi doivent vraiment surveiller et éduquer leurs enfants au respect, à la tolérance et l'empathie.

  • benvoyons le 14.03.2020 07:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le Luxembourg est le devoir de la belle image ma fille en a souffert très jeune dans un lycée de fille à Luxembourg trop catholique à mon goût mais sa mère avait décider...la aussi dans cette école a l image de son église les victimes doivent se sentir coupable...mais pas l ecole ...ma fille a bien remonter la pente mais il a fallu beaucoup de volonté courage a tous ces enfants quand aux responsables de ces actes aucune compassion pour ces minables tout autant que ces écoles aux dogmes faux jetons

Les derniers commentaires

  • LukasLL le 16.03.2020 20:43 Report dénoncer ce commentaire

    Il est facile de critiquer l'éducation nationale comme vous le faites à chaque occasion. Ne serait-il pas mieux de mettre en avant ce qui est fait au lieu de ne faire que dénigrer?

  • Keulen le 14.03.2020 18:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le harcèlement en entreprise n’est pas assumé non plus !! Le pays ne fait absolument rien et les Gouvernements aussi.

    • Roberto le 15.03.2020 13:13 Report dénoncer ce commentaire

      Et que faites-vous ?

  • Sowat le 14.03.2020 16:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    "le harcèlement scolaire n'est pas assumé au pays" : je dirais plutôt : le harcèlement -tout court- n'est pas assumé au pays. Et très répandu...

  • Rolland le 14.03.2020 13:36 Report dénoncer ce commentaire

    @patdevelours: vous tenez le discours des harceleurs, qui se justifient quand ils sont pris...C'est la faute de la victime?

  • moi le 14.03.2020 12:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mais même à l’école d’Eich !! Il ne prennent pas ça aux sérieux !!! Ils disent de ne pas écouter les enfants !! C’est que des enfants