«L'essentiel Radio»

29 juin 2021 10:44; Act: 08.07.2021 10:48 Print

Réécoutez la «Story» de Nicolas Henckes

LUXEMBOURG - Nicolas Henckes, directeur de la clc, regrette la fermeture de trois parkings à Luxembourg-Ville. Le commerce de la capitale souffre aussi des travaux.

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Nicolas Henckes est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

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Avant de quitter son poste de directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), en décembre 2021, Nicolas Henckes a pris beaucoup de plaisir à répondre aux questions de Jean-Luc Bertrand. «À la fin de l’année, cela fera quatre ans et demi que j’occupe ce poste», rappelle-t-il sur nos ondes. «Cela fait huit ans que je suis dans le patronat avec l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) d’abord. C’est le bon moment, pour moi, pour partir. Il fallait du sang frais et des idées nouvelles qui feront du bien à la CLC. Une organisation efficace et performante a besoin de variétés. Étienne Schneider, l’ancien ministre de l’Économie disait qu'un ministre ne devrait pas faire plus que deux mandats. Je pense que cette réflexion vaut aussi pour les entreprises et que sans un certain renouvellement, on s’encroute».

En tant que commerçant, comment devient-on membre de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC)? «La première chose, c’est la défense des intérêts des commerçants», affirme Nicolas Henckes. «Face à la politique et face à l’administration. Ensuite, on a pas mal de services pour accompagner les commerçants, notamment sur le plan juridique dès qu’ils rencontrent un petit souci sur ce plan-là. On peut analyser le dossier pour voir s’il y a besoin d’un avocat ou si on peut le gérer sans lui».

« On essaie de dynamiser une grande famille »

Après la crise du Covid-19, le commerce attend-t-il quelque chose en particulier pour redémarrer? «La rentrée des classes, c’est un autre petit moment de l’année, du moins pour certains», reconnaît Nicolas Henckes. «Pour les libraires avec les livres scolaires, c’est clair que c’est un moment important. Après, il faut voir, c’est plutôt une continuité d’assurer des revenus à peu près stables, d’un mois à l’autre, pour revenir à la normale de 2019 ou même un peu au-delà».

Quand on parle de commerce au Grand-Duché, de quoi parle-t-on? «On pourrait aussi y mettre l'hôtellerie et la restauration, mais au Luxembourg, c’est structuré différemment», indique Nicolas Henckes. «Tout cela marche main dans la main. On discute par exemple beaucoup avec les artisans, les boulangers, les pâtissiers, les bouchers qui sont en centre-ville. Pour nous aussi, ce sont des commerçants et c’est cette grande famille-là que l’on essaie de dynamiser».

Nicolas Henckes en quelques questions

Vous êtes un ancien GO du Club Med? Je l’ai fait pendant cinq ans durant les vacances scolaires et j’étais plutôt GO Mini Club. J’ai fait trois villages en Italie, d’où l’importance de Rome, et j’ai aussi fait l’Afrique, la Turquie et la Grèce.

La chose dont on ne pourrait pas se passer aujourd’hui? Mon smartphone.

Le luxe suprême? Un coucher de soleil sur la pointe de l'Île-Rousse (en Haute-Corse).

Réécoutez la séquence du vendredi 2 juillet 2021

Directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (clc), Nicolas Henckes répond à toutes les questions de Jean-Luc Bertrand dans la séquence «Story» de L’essentiel Radio. Pour les commerçants, le télétravail était-il une mesure positive ou négative? «Il y a évidemment un peu de tout», reconnaît-il d’emblée. «Pour nous, en tant que commerçants, ce n’est pas très bon, car ça diminue la fréquentation en centre-ville et dans les centres commerciaux. Les gens ne sont pas là, notamment les 200 000 frontaliers, qui se retrouvent très loin du marché luxembourgeois».

Que manque-t-il aux commerces luxembourgeois pour s’épanouir aujourd’hui? «Il manque justement cette fréquentation dans les centres-villes», confirme à nouveau Nicolas Henckes. «Les travaux ont causé énormément de mal et on espère, maintenant, que ça s’est un peu apaisé à Luxembourg-Ville, qu’on va récupérer toute cette fréquentation et que le télétravail va diminuer». Quel est l’impact de la gratuité des transports? «C’est quelque chose que nos commerçants estiment positif», se félicite le directeur de la clc, «car cela facilite l’accès aux centres-villes, surtout quand les parkings publics sont fermés. On est également très contents que l’horeca retrouve la possibilité d’ouvrir, car le commerce et la restauration fonctionnent vraiment main dans la main et c’est cela vraiment qui crée l’ambiance dans les centres-villes et dans les centres commerciaux. Les mois d’été sont une période importante, car, en général, le temps de loisirs est plus important. Un fait aussi, le mois d’août (au Luxembourg) reste un mois plus calme dans l’année.

Est-il possible aujourd’hui de se faire livrer à domicile des achats effectués en centre-ville au Luxembourg? «C’est vraiment une pratique que l’on recommande», analyse Nicolas Henckes. «C’est une bonne pratique et certains commerçants le font, évidemment pour des colis un petit peu plus volumineux. Évidemment, un stylo, on ne va pas vous le livrer. Pour le reste, on voit vraiment que cela commence à se faire». Face à la reprise progressive des activités, à la suite des différentes phases de confinement, le commerce est-il à présent en phase de redémarrage? «Oui, mais c’est progressif», confirme Nicolas Henckes, «maintenant, il faut voir s’il n’y aura pas de coup d’arrêt au cas où l’épidémie de Covid-19 se relancerait. L’objectif final, comme toujours, c’est le mois de décembre. C'est le mois le plus important pour beaucoup de commerces».

Nicolas Henckes en quelques questions

Un mot pour me définir? Optimiste.

Mon rapport avec l’argent? L’argent ne fait pas le bonheur, mais y contribue. C’est ma façon de voir les choses.

Revivre un moment de ma vie? Je ne vis pas trop dans le passé, je suis plutôt quelqu’un qui se projette vers l’avenir.

Destination vacances cet été? Je ne le sais pas encore de manière certaine. Peut-être la Corse.

Réécoutez la séquence du jeudi 1er juillet 2021

Nicolas Henckes est le directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (clc) et c’est l’invité de la Story de L’essentiel Radio, tout au long de cette semaine. Combien de membres comptent la clc, en juin 2021? «Nous sommes actuellement à un peu plus de 1 700 membres», indique-t-il. «L’année 2020 a surtout été une année record, car on a été rejoints par 232 membres et on en a quand même perdu une centaine. Cela a fait un petit peu mal, on a senti que la crise était passée par là. On progresse bien, depuis 2017, on gagne des membres tous les ans».

Qu’en est-il du sujet de la colocation de commerce au Luxembourg? «C’est une très bonne idée, mais ce n’est pas encore thématisé au Grand-Duché», souligne Nicolas Henckes. «Nous essayons plutôt de pousser, pour l’instant, la mise en place de baux commerciaux à loyers variables, indexés en fonction du chiffre d’affaires réalisé et comme ça, c’est du gagnant-gagnant pour le locataire et le bailleur. Quand ça marche bien: gros loyer. Quand ça ne marche pas bien comme l’année dernière, le loyer est plus faible. Cela a déjà été mis en place par endroits, mais c’est minoritaire».

«J’ai toujours un petit côté révolutionnaire»

Quand on parle de commerces au Luxembourg, on pense surtout à la capitale ou à des villes comme Esch-sur-Alzette ou Differdange, mais comment cela se passe-t-il pour les autres commerces dans les plus petites communes? «De manière générale, on ne voit pas beaucoup les commerces ruraux et il n’y en a pas beaucoup», indique Nicolas Henckes. «Du coup, on n’a pas beaucoup de retours. Par contre, on a beaucoup de retours des centres-villes qui souffrent des travaux. À Luxembourg, avec la fermeture du parking Knuedler jusqu’à fin novembre 2021, c’est le 3e parking qui ferme au centre-ville. On a déjà le parking du Saint-Esprit et celui des Martyrs qui sont fermés. Heureusement, le parking Hamilius a vraiment beaucoup de places et ça peut tenir le choc, on va dire, mais ce n’est pas du tout idéal pour le commerce de centre-ville».

Pourquoi retrouve-t-on toujours les mêmes magasins dans les centres-villes? «Du fait de la mondialisation des stars et de leurs images, elles s’habillent d’une certaine façon et c’est ça qui fait vendre tous ces vêtements», rappelle Nicolas Henckes. «Les gens veulent, même inconsciemment, ressembler à ces personnes et veulent ces looks-là, plutôt qu’un look différent. Même si on voit parfois un renouveau sur le style pour certains groupes».

Nicolas Henckes en quelques questions

Formé à HEC Paris et en Droit, Nicolas Henckes est un entrepreneur dans l’âme. Avocat d’affaires à Paris, chef de cabinet du gouverneur de la banque centrale, mais par qui a-t-il été bluffé? Il y en a tout de même toute une série, mais il y en a un qui m’a tout de même impressionné, c’est Alain Prost. Je l’avais rencontré au tout début de ma carrière, à Paris, quand j’étais jeune avocat. On traitait ses dossiers pour la Formule 1 et j’ai pu travailler à plusieurs reprises avec lui et c’est quelqu’un d’un charisme absolument incroyable. Avec sa présence physique, on savait qu’il était dans la pièce, sans même l’avoir vu. Il dégageait une énergie incroyable.

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Le rouge, car selon la méthode DISC (Dominant, Influent, Stable, Consciencieux), c’est ma personnalité en entreprise. Je suis un petit peu "dirigiste", ça, c’est clair. Déjà, chez Legitech, j’ai appris, un jour par hasard, que mon équipe m’appelait "El Chef". J’ai toujours un petit côté révolutionnaire, donc le rouge me colle bien.

Réécoutez la séquence du mercredi 30 juin 2021

Directeur de la confédération luxembourgeoise du commerce (clc) jusqu’au 31 décembre 2021, Nicolas Henckes se livre aux jeux des questions de Jean-Luc Bertrand dans la séquence Story de L’essentiel Radio. Pour favoriser la vente en ligne face aux mesures sanitaires liées à la crise du Covid-19, LetzShop.Lu a été lancé ces derniers mois. «Le site a effectivement été créé en coopération avec le ministère des Classes moyennes et la Chambre de commerce», confirme Nicolas Henckes. «C’est un outil qui a largement démarré pendant la crise du Covid. Cela a permis à de nombreux commerçants de pouvoir continuer à vendre, alors que leurs magasins étaient fermés. Cette année, encore, c’est gratuit pour tous les commerçants qui rejoignent le site et puis ensuite, ça deviendra payant. La livraison est organisée. Il suffit juste de mettre en ligne ses produits avec toute une assistance fournie par LetzShop.Lu».

Quel est l’impact de ce site sur la clientèle qui fréquente sur place les commerces? «Il n’y a pas d'opposition», souligne Nicolas Henckes, «c’est clairement complémentaire pour les commerçants et souvent, les clients repèrent leurs produits sur le site avant d'aller se l'acheter en magasin. Il y a une interaction bénéfique entre site et les magasins. Un problème se présente plutôt sur les grandes marques qui commencent de plus en plus à vendre en direct et à fermer, donc, leurs boutiques, voire même interdire aux commerçants franchisés de vendre leurs produits en ligne. C’est pour ça que certains produits, en ligne, on ne les trouve pas sur LetzShop.Lu. Les grandes marques ont leur propre site et contractuellement, acceptent seulement de livrer un commerçant de centre-ville, à condition qu’il ne mette pas les produits en ligne».

Qu’en est-il justement de la disponibilité des surfaces commerciales dans le centre-ville de Luxembourg? «En ce moment, il y a quelques espaces «vacants», reconnaît Nicolas Henckes. «Il va falloir les remplir et je pense qu’il y a des projets un peu partout. À Luxembourg-Ville, on va voir un balancement du centre névralgique vers le Centre Hammilius où arrive le tram. Cela va modifier un peu les flux dans le centre de la capitale. En quelques années, on a vraiment vu une livraison de 20% de surfaces commerciales en plus. Ce qui a boosté l’offre de surfaces commerciales. Il y a eu un petit effet de rattrapage, car la structure était peut-être insuffisante, mais là, effectivement, si la croissance démographique continue comme ça, on devrait de nouveau pouvoir remplir toutes ces surfaces commerciales. En attendant, ça pourrait coincer par endroits».

Nicolas Henckes en quelques questions

Vous avez été journaliste? J’ai été pigiste, à l’époque quand j’avais 16-17 ans. J’avais envie de m’occuper et j’ai toujours été un peu hyperactif. Il fallait donc que je sois occupé constamment.

Un souvenir de mes 18 ans? Mon premier titre de champion du Luxembourg, junior, en football, avec le FC Aris Bonnevoie (disparu en 2001). Aujourd’hui, j’ai les genoux d’un vieux footballeur, donc ça va un peu moins bien.

Quand je ne travaille pas? Je cuisine et vous pouvez aller sur mon compte Instagram qui est complètement public et puis vous verrez ce que je fais pendant mon temps libre. Ma spécialité? En ce moment, je fais du pain au levain, mais sinon, la cuisine asiatique et plein d’autres choses.

Le Luxembourg, le plus et le moins? Alors le plus, c’est clairement la qualité de vie. Alors ensuite, vos auditeurs comprendront que le moins, ce sont les bouchons, ça, c’est clairement le plus gros problème du Luxembourg en ce moment.

Réécoutez la séquence du mardi 29 juin 2021

Nicolas Henckes est l’invité de L’essentiel Radio tout au long de cette semaine. C’est le directeur de la confédération luxembourgeoise du commerce (clc). Avocat d’affaires à Paris, chef de cabinet du gouverneur de la Banque centrale, il défend aujourd’hui les entreprises luxembourgeoises. «LA clc, c’est le syndicat pour les secteurs commerce, transport et service. Il n’y a pas que les salariés qui ont leurs syndicats, mais les entreprises aussi. On est quelque part leur avocat déterminé à défendre leurs intérêts. Sur les tribunaux de commerce, l’exemple français est peut-être intéressant à regarder, mais a priori, ce n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement pour le moment».

À partir du 1er janvier 2022, Nicolas Henckes a fait part de son envie de relever un nouveau défi professionnel. «Cela fait huit ans que je suis au service des fédérations patronales», rappelle Nicolas Henckes, «cela commence à faire une belle période de vie et il est temps de rafraîchir tout ça. A priori, je vais rester dans le privé. Je n’ai pas encore signé, donc je ne peux pas encore trop en parler». «Au Luxembourg, on peut parler d’une grande famille du commerce et cela de plus en plus», poursuit Nicolas Henckes. «On a réussi à rassembler très largement le secteur du commerce, l’année dernière, notamment, en ayant l’Union commerciale de la ville de Luxembourg et celle d’Esch-sur-Alzette, qui nous ont rejoints. Ce qui n’était pas arrivé depuis plus de 100 ans d’existence de la clc».

Comment la confédération luxembourgeoise du commerce a-t-elle fait face à la crise du Covid-19? «Pour nos membres, cela commence à aller un tout petit peu mieux», indique Nicolas Henckes. «Il y a des différences en fonction des secteurs et je pense bien évidemment aux forains qui voient la Schueberfouer encore annulée sous sa forme habituelle et qui n’ont pas travaillé depuis près de deux ans. Après, sur le commerce, cela va beaucoup mieux. Sur la mode, c’est un petit peu plus compliqué et le démarrage risque d’être un peu plus lent. Il y aura des séquelles et il y en a déjà avec des fermetures, notamment des grands groupes internationaux. Sur les petits commerçants de détail, on va voir comment ça va évoluer, s’ils arrivent à tenir jusqu’en décembre».

Nicolas Henckes en quelques questions

Mon premier job rémunéré? Stagiaire dans une banque au Luxembourg. J’ai commencé assez tôt à 16 ans, car j’ai toujours voulu travailler. Et avec mon premier salaire, à l’époque, je me suis acheté une chaîne hi-fi. Avec des CD à l’intérieur, c'était le top.

Réécoutez la séquence du lundi 28 juin 2021

La playlist de Nicolas Henckes

Deux titres de Michael Jackson se trouvent dans la playlist de Nicolas Henckes, «et c’est certainement un des premiers CD qui a tourné dans la chaîne hi-fi que je m’étais achetée à mes 16 ans avec mon premier salaire».

«C’est la vie» ou «You Never Can Tell» est le deuxième titre à figurer dans la playlist de Nicolas Henckes. En 1994, ce tube de Chuck Berry, sorti en 1964, a connu un retour au premier plan grâce au film Pulp Fiction. «C’était aussi une époque de ma vie», souligne Nicolas Henckes. «Tarantino, j’en suis un grand fan et je pense que c’est un de des meilleurs films».

Le titre de Roger Glover «Love is All», sorti en 1974, est le 3e titre à intégrer la playlist de Nicolas Henckes. «Je ne suis plus tout jeune», rigole-t-il, «et ça, c’est clairement de la musique «Feel good». qui me met de bonne humeur.

«Remember the Time» de Mickel Jackson, à nouveau, clotûre la playlist de Nicolas Henckes. «J’ai beaucoup aimé danser sur cette musique», indique-t-il.

(Frédéric Lambert / L'essentiel )