Valérie Dupong

09 novembre 2020 19:18; Act: 20.11.2020 12:39 Print

«En parlant, une victime de violences se libère»

LUXEMBOURG - Valérie Dupong, bâtonnière de Luxembourg, nous a expliqué comment elle soutenait les victimes de violences sexuelles.

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Valérie Dupong est l'invitée de Jean-Luc Bertrand, tout au long de la semaine sur «L'essentiel Radio».

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Nous voici au terme des cinq épisodes de la «Story» de Valérie Dupong, qui s’est confiée tout au long de la semaine sur les ondes de L’essentiel Radio. Bâtonnière depuis le 17 septembre, elle pense déjà avoir imposé sa touche personnelle. Elle accompagne également les victimes de violences sexuelles et soutient à ce titre le mouvement #MeToo. «Les victimes doivent être encouragées à parler de leurs souffrances», dit-elle. «Parce qu’une victime qui parle se libère. Elle se protège aussi, car la parole protège et permet aussi à la victime d’entamer la voie de la guérison. Les auteurs des violences n’aiment pas les victimes qui parlent. Et tout le monde doit comprendre que si ces faits existent, il faut les combattre».

Valérie Dupong siège également au conseil d’administration de la Croix-Rouge et de la Fondation Kannerduerf. «Par rapport à mes engagements, il y a même un engagement de plus», ajoute-t-elle, «car je suis aussi au conseil d’administration de l’Alups, qui s’occupe des enfants maltraités au Luxembourg. C’est un engagement qui est venu naturellement avec le temps et je crois que la vie m’a donné beaucoup de chance, elle m’a bien gâtée, et je pense qu’il faut rendre, parfois, ce que la vie vous a donné». Au Luxembourg, il existe également des rendez-vous pour des consultations gratuites d’avocats. «C’est le samedi matin à la Cité judiciaire», confirme la bâtonnière Valérie Dupong. «Et tout public peut se rendre à ces consultations, où des avocats donnent des conseils juridiques».

Bâtonnière des avocats à Luxembourg, Valérie Dupong a répondu quotidiennement aux questions de Jean-Luc Bertrand, depuis lundi. Ce jeudi, sur L’essentiel Radio, cette maman de quatre enfants a expliqué comment elle s’organisait avec ses activités professionnelles. Mais quelles mesures les parents doivent-ils prendre par rapport à leurs enfants sur les réseaux sociaux? «Sans être une grande spécialiste», reconnaît-elle, «je sais que l’utilisation des médias pour les enfants de moins de trois ans est fortement déconseillée, ensuite, c’est une question de limitations dans le temps et de surveillance. Certainement, l’accès libre à l’Internet, ce doit être pour beaucoup plus tard. Je situe cet âge proche d’un âge de raison vers 14-15-16 ans. Cela dépend des enfants, bien entendu. Il faut mettre absolument l’accent sur l’éducation aux médias, tant pour les adultes que pour les enfants».

Réécoutez la séquence du vendredi 13 novembre 2020

Valérie Dupong en quelques questions

Revivre un moment de ma vie? Les naissances de mes (quatre) enfants.

Le luxe suprême, c’est? Avoir du temps.

L’objet dont je suis incapable de me séparer? Un support de lecture.

Ma plus belle victoire professionnelle? L’acquittement que j’ai obtenu pour un médecin dont j’étais persuadé qu’il avait été accusé à tort.

Valérie Dupong serait-elle tentée, un jour, par la politique? «Oh non, certainement pas… Chez nous la politique, c’est mon mari (Tom Krieps) qui s’en occupe», reconnaît-elle. «Il est conseiller communal LSAP. Je suis également la petite-fille de Pierre Dupong, chef du gouvernement pendant seize ans, de 1937 à 1953. Autour de la table, chez nous, il n’y a jamais de conflit à ce niveau-là. On discute beaucoup de politique et on encourage aussi nos enfants à s’y intéresser. Et peut-être à s’engager, s’ils le veulent plus tard».

Réécoutez la séquence du jeudi 12 novembre 2020

Valérie Dupong en quelques questions

Bluffée par quelles personnalités ? C’était un couple. Une dame et son époux issus d’un milieu plutôt modeste. Ils ont recueilli les trois enfants du frère de la dame, qui avait été condamné pour le meurtre de son épouse, donc la maman des enfants. Les deux ont fait un job extraordinaire. Ils ont élevé ces enfants et leur propre enfant. Ils avaient donc quatre enfants à la maison. Et tous les enfants ont réussi dans la vie. Et ils vont bien aujourd’hui.

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Le mauve, car c’est la couleur du barreau.

Un mot pour me définir? Infini.

Réécoutez la séquence du mercredi 11 novembre 2020

Comment le bâtonnat de Luxembourg traverse-t-il la crise sanitaire actuelle? «La crise est loin d’être terminée et nous le savons bien», a souligné Valérie Dupong, la nouvelle bâtonnière, dans la séquence «Story» diffusée tout au long de la semaine sur L'essentiel Radio, «mais nous sommes prêts à défendre la survie des avocats. Surtout des petits cabinets et des avocats qui travaillent seuls. Pour certains, il faut vraiment parler de survie. On est là pour les défendre et demander des aides auprès des autorités, s’il le faut, mais aussi en interne, pour être à l’écoute de leurs besoins et les orienter, éventuellement vers d’autres services d’aides».

Réécoutez la séquence du mardi 10 novembre 2020

Valérie Dupong en quelques questions

Un souvenir de mes 18 ans? C’était l’année de mon bac et l’année de beaucoup de fêtes avec des copains aussi et j’ai fait des amitiés durant cette année qui sont restées. Pour le moment, je trouve que l’on ne pense pas assez aux jeunes qui souffrent. Pour leur développement, être cloué pendant pratiquement un an, ne pas avoir les contacts sociaux dont ils besoin pour se développer, pour avancer, c’est très dur.

Quand je ne travaille pas? Je suis avec ma famille, mon mari et mes quatre enfants. Le plus jeune a 11 ans et quand je ne travaille pas, je n’ai pas l’impression de travailler quand je suis avec eux. C’est aussi beaucoup de plaisirs et j’aime également faire du sport et lire.

Mon premier job? C’était de vendre des bijoux dans un stand disposé dans la Grand-Rue, à Luxembourg-Ville. Je ne me souviens plus vraiment comment j’ai dépensé ce premier salaire, mais cela devait sûrement être pour des vêtements ou des livres. Pour le plaisir.

Réécoutez la séquence du lundi 9 novembre 2020

Pour son tout premier titre de la semaine, Valérie Dupong a choisi d’intégrer à sa playlist le titre «Mr. Blue Sky» d’Electric Light Orchestra. «C’est un des thèmes des «Guardians of the Galaxy», un de mes films préférés. J’adore tous les personnages «Marvel». Tous les films, toutes les séries… J’adore le mélange entre action et fiction». En 2e position, de la playlist de Valérie Dupong, on retrouve le titre «A song for you» de Kishi Bashi. «Cela met la pêche tout de suite et c’est génial», dit-elle, «ils ont sorti quelques beaux succès et c’est ma fille Lisa qui m’a fait découvrir ce groupe».

« I’m gonna be (500 miles)» des Proclaimers est le troisième titre à intégrer la playlist de Valérie Dupong. «Car en 1989, j’ai passé une année géniale en Écosse et c’est le 2e hymne national des Écossais. Toutes les soirées se terminaient avec cette chanson qui était hurlée par tout le monde. Le groupe Violent Femmes est arrivée en 4e position dans sa playlist avec le titre «American Music» «C’est un groupe qui m’accompagne depuis que je suis toute jeune», s’est souvenue Valerie Dupong. «Et que j’adore…». Dernier titre: «Lou Reed, car son album «Transformer» était le premier que j’ai acheté. C’est vraiment le premier disque que j’ai acheté, avec ma chanson préférée «Perfect Day»», a reconnu Valérie Dupong.

La playlist de Valérie Dupong

(Frédéric Lambert / L'essentiel )