Entretien / Luxembourg

18 septembre 2020 12:00; Act: 28.09.2020 13:25 Print

Réécoutez la «Story» de François Koepp

LUXEMBOURG - Jean-Luc Bertrand a reçu François Koepp, secrétaire général de l'Horesca, dans sa séquence «Story». Malgré son optimisme, il craint le pire en 2021.

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Pour François Koepp, secrétaire général de l'Horesca, le maintien du télétravail n'est pas une bonne chose pour la survie des restaurants au Luxembourg.

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Alors que les hôtels, les restaurants et les cafés ont été frappés de plein fouet par la crise du Covid-19, Jean-Luc Bertrand a reçu François Koepp, secrétaire général de l'Horesca, dans sa séquence «Story» diffusée sur L'essentiel Radio. «D'emblée, nous devons établir une distinction au niveau de nos chiffres», a-t-il amorcé au micro, «car nous avons des entreprises saisonnières d'un côté, et de l'autre, des entreprises tournées vers les affaires. Pour l'hôtellerie rurale et de loisirs, les chiffres sont bons, début septembre, car on avoisine les 70% au niveau du taux d'occupation. Par contre, pour l'hôtellerie en ville, c'est dramatique. Les taux d'occupation sont entre 18% et 30%, pour le meilleur hôtel. Cela veut dire qu'il y a une baisse de plus de 75% des activités».

Et concernant les restaurants? «Ceux qui ont misé sur une clientèle "locale" travaillent assez bien», reconnaît François Koepp, «mais pour ceux qui ont misé sur les affaires et les clients qui venaient au bureau de manière quotidienne, c'est vraiment grave, car ils ont perdu 50% de l'activité. Le constant est identique dans les centres commerciaux, ceux qui ont misé sur les frontaliers, cela ne se passe pas très bien pour l'instant. Des entreprises vont devoir tirer le rideau, certainement. Pas loin de 10%, selon moi, sur une période des neuf mois à venir. Les aides non remboursables du gouvernement étaient un très beau geste du gouvernement, sauf que ça ne suffit jamais. Si elles s'arrêtent à la fin de l'année, beaucoup d'entreprises ne pourront pas survivre».

Ces derniers mois, les résidents et les frontaliers ont reçu un bon de 50 euros de l'État luxembourgeois pour donner un coup de pouce aux hôtels. «Pour l'hôtellerie de loisirs, surtout, c'était très bon et cela a permis de faire décoller les affaires», se félicite le secrétaire général de l'Horesca. «La majorité des gens qui sont venus ont dépensé plus que le bon, en mangeant et en restant plusieurs nuits. C'était une très bonne idée, car cela a poussé les gens à consommer. Jamais résigné, François Koepp affirme avoir toujours envie d'avancer dans la vie. «Il faut toujours avoir une communication positive», dit-il fréquemment. «Quand il y a un problème, il faut l'identifier et proposer une solution. C'est ce que nous avons proposé avec le gouvernement et à 99% du temps, nous sommes écoutés».

La crise du coronavirus a-t-elle aggravé des difficultés qui existaient déjà dans le secteur? «La société a complètement changé», admet François Koepp. «Il y a 50 ans, on allait au bistrot pour se rencontrer et écouter des nouvelles. Aujourd'hui, on a le smartphone et il y a moins de personnes qui travaillent dans l'usine et l'acier au Luxembourg. Quand on sort du bureau désormais, on va boire un coup et puis, ils vont manger quelque chose, c'est totalement différent. L'interdiction de fumer au bistrot nous est ensuite tombée dessus. Notre clientèle âgée ne va pas sortir, surtout en hiver, pour aller fumer. Ensuite, la hausse de la TVA a été mortelle et elle a provoqué la fermeture de nombreux cafés. Les prix de boissons ont augmenté et les gens boivent moins. Sans oublier les complications administratives. Ceux qui se servaient des cafés comme un métier d'appoint n'ont plus envie de le faire. Trop de changements se sont succédé et des entreprises n'étaient pas assez professionnelles pour s'adapter».

«Sans le chômage partiel dans le secteur de l'Horesca, on va créer du chômage réel», prévient François Koepp. «Et cela coûtera alors nettement plus cher à l'État. Avec le chômage partiel, les personnes travaillent tout de même partiellement et cela revient moins cher. Sans cette aide, les entreprises vont devoir licencier massivement pour survivre. 5 000 à 7 000 licenciements sont attendus en 2021 si le chômage partiel disparaît. C'est énorme et je peux déjà le garantir, car nous n'aurons pas d'autres choix. Comment survivre avec un taux d'occupation aussi faible dans l'hôtellerie? On est un acteur important de l'économie au Luxembourg et le gouvernement ne doit pas nous laisser tomber».

Généralisé jusqu'à la fin de l'année 2020, au moins, pour faire face au coronavirus, le télétravail est néanmoins une vraie menace pour le secteur de l'Horesca. «Si les gens ne viennent pas travailler au bureau, ils ne viennent pas au restaurant et ils ne peuvent pas consommer», rappelle simplement François Koepp. «Le télétravail, c'est une menace pour tous les commerces au Luxembourg. Pour l'instant, on parle de l'absence au pays de plus ou moins 100 000 personnes. Chez moi, au Kirchberg, les bureaux sont vides et il n'y a personne qui va aller manger dans un restaurant le temps de midi».

Et si vous étiez un habitué des clubs et autres discothèques au Luxembourg, vous risquez de devoir prendre votre mal en patience. «Pour l'instant, il n'y a rien», confirme le secrétaire général de l'Horesca. «Cela restera encore fermé et il va falloir trouver un autre truc. Franchement, je ne sais pas où se trouve la solution. J'essaie de voir ce qu'il se passe à l'étranger, mais c'est très difficile». Au niveau national, «le gouvernement a bien géré la crise, mais nous avons mal parlé des chiffres», conclut François Koepp. «Le Luxembourg est un pays qui a fait son travail. Nous sommes un pays sûr qui a ses mérites. Si on respecte les gestes barrières, il y a très peu de soucis à se faire au Luxembourg. Les touristes vont revenir cet automne, je suis confiant».

La play-list de François Koepp

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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Les commentaires les plus populaires

  • Tram Tam le 18.09.2020 12:47 Report dénoncer ce commentaire

    Et pourquoi les restaurants n'utilise pas la livraison au domicile au midi avec les plats du jour, car je connais pas mal de restos qu'il sont bondés de travail avec les livraisons. C'est juste une question d'adaptation face a cette nouvelle realité.

  • Unicorn, l'original le 18.09.2020 12:09 Report dénoncer ce commentaire

    La restauration n'échappe pas aux lois qui gouvernent toutes entreprises. Si on veut survivre il faut innover. Au lieu de pleurer sur leur sort, ces restaurants n'ont qu'à proposer des services de livraison et diversifier leur activité. C'est la loi du plus fort qui prévaut.

  • triste le 18.09.2020 12:25 Report dénoncer ce commentaire

    Encore des pleureuses, ces patrons de restos. Après les fermiers, les discos, les bars tous en train de s'apitoyer sur leurs sorts. Mais pensent-ils à leurs petits personnels ou comment payer l'assurance de leurs porsches ? Personne n'a pleuré sur les employés de banques, d'assurances en 2008 et les années suivantes Pourtant beaucoup de personnes ont été licenciées pour être remplacé par des petits jeunes moins chers

Les derniers commentaires

  • Je suis pas si sûre ! le 19.09.2020 13:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il y a de super bons restos hors centre ville, dans les villages comme Mondercange le Naga ou le Klensch, le Elch à Dippach, Scaramouche, etc en temps normal j'y vais jamais et là en étant à la maison j'en profite justement de faire de plus longues pauses car je ne perds pas de temps sur la route. Donc Horesca arrêtait de vous plaindre oui le centre ville en souffre un peu mais jusqu'à présent c'était la poule aux œufs d'or et personne ne se plaignait. Tout le monde roulait en porsch maintenant il devront peut être la vendre pour une clio bah franchement c'est pas plus mal moi pour ma part je mange partout sauf centre ville et alentours.

  • Akula941 le 19.09.2020 10:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Avec Koepp comme représentant les restaurateurs n’ont pas fini d’en baver. Cette personne est totalement incompétente et n’a jamais travaillé de sa vie....

  • herve le 19.09.2020 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comme les pour l’hôtellerie fait un chèque pour relancer les restaurateurs

  • bho le 18.09.2020 22:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    encore!!! ce monsieur qui se préoccupe pour les patrons de restaurants !!!!! mais pas pour le personnel qui travail de 10 à 12 heure par jour pour un salaire de 1800 euro et encore.. la grande surprise à la fin du moi quand sur la fiche de salaire 50 heure de chômage on été déclaré.. mais le personnel a quand même travaillé.. mon cher Directeur Vous défendez de tricheurs!!!!! Et que cette crise porte des améliorations dans ce secteur!!!!

  • Tome le 18.09.2020 20:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les restaurants entre collègues ne sont pas forcément une bonne idée. Déjeuner avec des personnes différentes tous les jours sans distanciation et hop ça repart. Allez faire un tour à midi en ville ou à Kirchberg.

    • Le grand détournement le 19.09.2020 00:14 Report dénoncer ce commentaire

      Bah, c'était déjà ça à la sortie du confinement. J'entendais mes voisins qui disaient "on peut s'inviter, mais jusqu'à 6 personnes". Donc ils invitaient 4 personnes le lundi, et 4 autres le mardi, 4 encore autres le mercredi, et à la fin de la semaine ils avaient vu 20 personnes différentes, sauf qu'en cas de contrôle ils étaient clean à chaque fois. Faites confiance à la responsabilité des gens, vous aurez des surprises...