Matthieu Bracchetti

07 décembre 2020 17:14; Act: 11.12.2020 18:20 Print

«Hommage aux mineurs avec la réalité augmentée»

LUXEMBOURG - Après avoir lancé Virtual Rangers en 2017, Matthieu Bracchetti a vu le Covid freiner à sa progression aux USA, mais il ne manque pas d'idées pour 2021.

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Matthieu Bracchetti, CEO de Virtual Rangers, est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine sur «L'essentiel Radio». (photo: Editpress)

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Tout au long de la semaine, Matthieu Bracchetti, CEO de la start-up Virtual Rangers, a répondu aux questions de Jean-Luc Bertrand. Avec une trentaine de clients parmi lesquels ArcelorMittal, Paul Wurth, la BIL, Luxair, il reconnaît «qu’on a eu de la chance qu’ils nous suivent depuis nos débuts en 2017». «C’est ce qui nous a permis d’initier et de lancer la société et là, prochainement, on va travailler avec le musée des Mines à Rumelange. C’est un très beau projet culturel qui est un peu mis en «stand-by» pour le moment à cause du Covid-19, mais le projet est terminé et il va être lancé, dès l’année 2021. On va utiliser la réalité augmentée pour se balader dans les galeries du musée. On va voir des silhouettes de personnages que l’on va devoir scanner et ces personnages vont reprendre vie devant nous et on va pouvoir revivre des scènes historiques en faisant des bons dans le passé de 100 ans en arrière. C’est un hommage aux mineurs et ils le méritent largement».

Quand on est dans la réalité virtuelle, n’est-ce pas trop déroutant, voire même dangereux, d’en sortir? «C’est tellement immersif que d’en sortir, cela peut être compliqué», reconnaît Matthieu Bracchetti. «Et comme pour toutes les technologies, chaque technologie a ses propres dérives. Il y a des zones sombres de la réalité virtuelle qui risquent d’arriver. Ce qui nous plaît beaucoup moins, par exemple, c’est l’aspect isolement, car quand je vais me mettre un casque sur la tête, je vais forcément m’isoler. Et ce qu’il risque d’arriver, d’ici quelques années, c’est que chacun dispose de son propre casque de réalité virtuelle à la maison. Certains pourraient regarder leur propre film et s’isoler complètement. C’est une des dérives et c’est un terrain sur lequel nous n’allons pas, mais il faut aussi être conscient de ce risque».

Début janvier 2020, Matthieu Bracchetti était au CES de Las Vegas, deux mois avant le début de la pandémie mondiale liée au Covid-19. «On arrive avec des prospects (clients potentiels) et on avait des contacts incroyables», reconnaît le CEO de Virtual Rangers, «des contacts que l’on imaginait même pas avoir en tant que petite société,… On avait d’ailleurs prévu de retourner à New York en avril 2020 et en pleine pandémie, ça a été forcément annulé. Alors, on dit qu’en télétravail, on peut avoir des contacts, mais je suis d’avis que ça ne remplacerait jamais le contact de proximité. Ces projets ne sont pas abandonnés, mais ils ont juste été ralentis. La Covid-19 a mis un frein à notre progression aux États-Unis».

Réécoutez la séquence du vendredi 11 décembre 2020

Matthieu Bracchetti est le fondateur et le CEO de Virtual Rangers, une start-up fondée en 2017, et tout au long de la semaine, il est l’invité de L’essentiel Radio. Quels sont donc les projets de ce jeune entrepreneur de 34 ans qui emploie actuellement six personnes au sein de sa société? «Nos trois dernières années ont été essentiellement basées sur la création de services en amenant notre solution sur le marché», a-t-il indiqué à notre micro. «On a tenté de bien écouter le marché pour savoir comment se positionner au milieu et à partir de 2020, on va commencer à développer des produits que l’on va commercialiser au plus large nombre. Et on va évidemment essayer de sortir des murs du Luxembourg».

«On a un très très beau projet dans le domaine des "soft skills"», a avoué Matthieu Bracchetti. «On va utiliser la réalité virtuelle pour immerger l’utilisateur dans des situations compliquées, anxiogènes telles que la prise de parole en public, la gestion du stress… Tous les codes des "soft skills" que l’on va pousser à un autre niveau grâce à la réalité virtuelle et ça, c’est un produit que l’on va lancer encore cette année». Le domaine des "soft skills" concerne des compétences liées au savoir-être. Ce sont des compétences relationnelles et personnelles, non techniques, telles que la présentation orale, l'enthousiasme, l'empathie ou encore la gestion des priorités, par exemple.

Matthieu Bracchetti en quelques questions 



Quand je ne travaille pas?

 
Il ne me reste pas beaucoup de temps, car avoir une start-up, c’est beaucoup beaucoup de travail, mais quand je ne travaille pas, j’aime bien faire du sport et retrouver mes amis. Et j’adore aussi cuisiner. Avec un nom de famille comme le mien, "Bracchetti", mes origines sont forcément italiennes, et j’ai beaucoup cuisiné avec ma grand-mère, donc elle m’a transmis beaucoup de choses. Pâtes, sauces, tout ce que vous voulez… Quand j’invite des potes chez moi, ce sera évidemment des pâtes, mais ce sera surtout convivial et un moment de partage.



Bluffé par quelle personnalité?

 
 Au début des (Virtual) Rangers, j’ai eu l’occasion d’être invité par l’opérateur téléphonique mondial Vodafone à un salon de l’innovation qui avait lieu, ici au Luxembourg. Plusieurs employés étaient là et on m’a dit que le grand patron allait venir. J’ai alors vu une délégation de trente personnes entrer dans la salle et je vois une personne sortir du lot. Je ne savais pas qui c’était et c’est seulement après que je l’ai appris. C’était l’Italien Vittorio Colao, CEO de Vodafone de 2008 à 2018. Au-dessus de lui, c’est le soleil et j’ai vraiment été impressionné par son charisme, sa prestance et son accessibilité. Il était très convivial et on a pu avoir un échange qui était très intéressant.



Quelle couleur dans une boîte de crayons de couleur?

 
 
 Le bleu, car c’est le ciel, c’est la mer. Et c’est surtout la couleur de ma première voiture.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine?

 
Tout ce qui est lié à l’injustice. 



Un mot?

 Ce serait «rangers».

À l’âge de 34 ans, c’est quoi le luxe suprême?

 
Ce n’est pas l’argent, mais le temps. J’aimerais avoir plus le temps de faire des choses et le temps de prendre le temps pour voyager, par exemple, ça, ce serait le luxe suprême.

Réécoutez la séquence du jeudi 10 décembre 2020

Fondateur et CEO de «Virtuel Rangers», une start-up qui propose depuis 2017 des solutions originales et inédites de réalité virtuelle, Matthieu Bracchetti, 34 ans, est l’invité de la Story tout au long de la semaine sur L’essentiel Radio. Il y a quelques mois, son entreprise a bénéficié d’un soutien du ministère de l’Économie pour travailler sur le Covid-19. «Quand l’appel à projets a été initié en sollicitant les start-up pour trouver des solutions innovantes pour lutter contre le Covid ou au moins endiguer cette pandémie», rappelle Matthieu Bracchetti, «comme nous étions déjà impliqués dans le domaine hospitalier, et notamment dans le domaine de la formation, pour nous, c’était une évidence de proposer une solution pour former au mieux le personnel. Et pour pouvoir plonger ce personnel dans des situations à risques sans, au final, prendre des risques. C’est comme ça que ce projet de lutte contre le Covid est né».

Mais qui composent les équipes de Matthieu Bracchetti? Qui sont les «Virtual Rangers?». «Alors, actuellement, nous sommes au nombre de six», a-t-il précisé au micro de Jean-Luc Bertrand, «mais nous allons évidemment grandir dans les années à venir. Ce qui était très important pour moi, c’était d’avoir une équipe sur place pour pouvoir créer du contenu riche, directement au Luxembourg. Nous sommes situés près de la gare de la capitale à l’incubateur de Paul Wurth. Par rapport au casting des membres de ma société, l’idée, c’était d’avoir toutes les compétences pour pouvoir créer de la réalité virtuelle. Il y a des développeurs, des graphistes, des chefs de projets, des infographistes, tous les corps de métiers nécessaires pour pouvoir créer une expérience entière de A à Z et pour pouvoir la proposer à nos clients».

Le plus difficile pour «Virtuel Rangers», aujourd’hui, c’est quoi? «Après trois années d’existence», rappelle Matthieu Bracchetti, «développer des idées, maintenant, pour nous, ce n’est plus du tout un problème, c’est une formalité. Créer des scénarios innovants, riches, variés, divertissants, c’est ce qui prend le plus de temps. Et pour vous dire, dans certains projets, c’est la partie «scénario» qui prend le plus de temps par rapport à la partie «développement». «Aujourd’hui, 70% de notre chiffre d’affaires, c’est la formation. Alors qu’au début, on avait démarré plus sur l’aspect divertissement. L’aspect formation devait arriver au fil du temps et aujourd’hui, cela nous occupe à 70% avec des solutions développées en entreprise. Cela représente près de 3 000 salariés formés sur près d’une année».

Réécoutez la séquence du mercredi 9 décembre 2020

«Pour vous donner différents exemples, ce sera dans le domaine industriel, dans le domaine hospitalier. Dans le domaine industriel, on va vous faire conduire des ponts roulants, en vous mettant dans des situations accidentogènes extrêmement dangereuses. Dans le domaine hospitalier, on vient de finaliser un projet avec le Centre hospitalier de Luxembourg (CHL) sur l’évacuation incendie. On va vous mettre dans des situations du quotidien et il y a tout simplement un incendie qui va se déclencher à côté de vous. Et on va voir comment vous allez réagir au mieux, si vous connaissez bien toutes les procédures». «Et dès que l’on est dans ce monde virtuel, on prend les réflexes», reconnaît Matthieu Bracchetti, «ce qui est absolument troublant, car on oublie que l’on est dans un monde virtuel. Et on s’oublie complètement».

CEO de Virtual Rangers, Matthieu Bracchetti est l’invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine sur L’essentiel Radio. Son entreprise propose des solutions inédites et originales de réalité virtuelle. Avec le Centre hospitalier de Luxembourg (CHL), «Virtual Rangers» a notamment développé un programme pour les enfants. «Avec le CHL, on a l’habitude de travailler à de nombreux projets de réalité virtuelle», a tout d’abord rappelé Matthieu Bracchetti, à notre micro. «Mais plus spécifiquement au niveau de la formation. Lors de nos discussions, on s’est demandé si la réalité virtuelle n’était pas assez puissante pour détourner l’attention des patients et notamment des enfants, lors de traitements plus ou moins douloureux».

«C’est comme ça, tout simplement, que l’on a initié ce projet, qui est encore en plein développement», souligne-t-il. «Les résultats sont encourageants et c’est pour ça que le projet prend une dimension beaucoup plus grande. On a conceptualisé un projet qui s’appelle «Roudy’s World», «Roudy», c’est le Roude Leiw luxembourgeois, l’emblème du pays, «cartoonisé» et très sympathique, qui va nous emmener à l’aventure et nous faire découvrir des mondes fantastiques. Alors, on va faire des courses de balais magiques, on va aller plonger avec les baleines et les dauphins. On va aller donner à manger à des chevaux, voilà, grâce à différentes aventures, on va divertir l’enfant et dans la phase 2 du projet, l’idée, c’est d’aller encore plus loin, en synchronisant ce que l’enfant voit dans son casque avec des faits et gestes médicaux».

«Participer au CES de Las Vegas en janvier 2020, c’était vraiment un rêve de jeunesse», reconnaît celui qui est la tête de cette start-up, fondée en 2017. «Et la personne qui m’a permis d’y accéder, c’est Jérôme Grandidier, qui est malheureusement décédé il y a quelques jours (en raison du Covid-19) et je voulais également profiter de mon passage ici pour lui rendre hommage. Il nous a bien conseillé et bien guidé pour effectuer un très bon salon à Las Vegas, et je le remercie aussi pour ça».

Réécoutez la séquence du mardi 8 décembre 2020

Mais que fait donc Virtuel Rangers, la start-up de Matthieu Bracchetti fondée en 2017? «On est spécialisé dans la réalité augmentée et dans la réalité virtuelle», souligne-t-il à notre micro. «Ces deux technologies sont assez simples et on en entend beaucoup parler, mais on a parfois tendance à les mélanger. La réalité virtuelle, c’est tout simplement mettre un casque d’immersion virtuelle sur la tête et se plonger dans un monde en trois dimensions (3D). Et pour la réalité augmentée, on prend souvent l’exemple de Pokémon-Go, un jeu qui a très bien marché et qui a permis de démocratiser cette technologie. On utilise la caméra de son smartphone pour superposer des informations qui vont arriver dans la réalité. Par exemple, des objets qui vont apparaître devant nous tels qu’un hologramme».

Mais pourquoi donc ce nom de «Virtual Rangers?». «Pour l’image du «Rangers», poursuit Matthieu Bracchetti. «L’image d’être les pionniers, les premiers dans ce domaine-là». «À la base, mon cursus, ce n’était pas du tout la réalité virtuelle», concède-t-il. «Car quand je faisais mes études, c’est un domaine qui n’existait pas au niveau actuel. Mon cursus, c’est dans le domaine industriel, dans la conception de machine automatisée. J’ai ensuite embrayé sur l’efficacité énergétique, et le jour où j’ai mis mon premier casque de réalité virtuelle sur ma tête, j’ai décidé de me lancer dans cette aventure. Il y a eu un vrai déclic et je me suis rendu compte qu’il y avait un immense potentiel que je ne connaissais pas, notamment dans les hôpitaux».

Matthieu Bracchetti en quelques questions 



Mon premier job et mon premier salaire? C’était en tant qu’étudiant et je travaillais dans un supermarché à côté de chez moi où je remplissais les rayons «Chocolat». Il y a pire… Et après, mon premier job en tant que salarié, c’était dans le domaine de l’efficacité énergétique. Avec mon premier salaire, avec le recul, j’aurais peut-être dû m’amuser un peu plus, mais j’ai été plutôt prudent, car j’étais en période d’essai. J’ai fait attention et comme j’avais eu l’habitude d’avoir des salaires d’étudiants, avant, je n’avais pas besoin de m’acheter quelque chose d’exceptionnel.

Un souvenir de mes 18 ans? 
 C’était une période assez particulière, car c’est une période où on doit choisir son orientation et savoir ce que l’on va faire comme métier. Où veut-on aller? Pour moi, c’était une zone très floue, car je ne savais pas vraiment où je voulais aller. Il m’a fallu arriver à l’âge de 31 ans, lorsque j’ai monté «Virtual Rangers» pour savoir vraiment ce que je voulais faire.

Réécoutez la séquence du lundi 7 décembre 2020

«Freedom» est le premier titre à intégrer la playlist de Matthieu Bracchetti, ce lundi. «Cette musique vient du film «Django Unchained», nous dit-il. «C’est un film que j’adore, de Quentin Tarantino. Dans ses films, il y a toujours de très bons soundtracks en toile de fond. Mais le personnage de «Django», c’était également une grande source d’inspiration, pour nous, les «(Virtual) Rangers», en termes de visuels et d’idées». Ce mardi, c’est «Go Your Own Way» qui intègre la playlist du CEO de Virtuel Rangers, «car tout est dans le titre», souligne Matthieu Bracchetti. «C’est une chanson de Fleetwood Mac (sorti en 1977) qui me met la patate, la pêche, comme on dit, et c’est une musique que je vais écouter quand je veux me motiver pour aller en réunion. Elle me met de bonne humeur et elle me motive, absolument».

Le groupe californien des «Red Hot Chili Peppers» arrive en 3e position de la playlist de Matthieu Bracchetti avec le titre «Can’t Stop». «Ce titre me motive également très fortement», dit-il, «et pour les amateurs de boxe, c’est Wladimir Klitschko, l’Ukrainien né en 1976, double champion du monde des poids lourds, qui mettait cette chanson avant de monter sur le ring. C’est une musique très motivante que je peux écouter en boucle sans aucun souci». Quatrième titre de la playlist de Matthieu Bracchetti, «Colors» de «Black Pumas». «C’est une musique que je vais écouter quand j’ai besoin de me retrouver au calme», souligne le CEO de Virtual Rangers, «pour penser, réfléchir, et penser à de nouvelles créations. C’est une musique qui m’inspire beaucoup et qui me transporte».

Et pour clôturer en beauté cette superbe playlist, le CEO des «Virtual Rangers» nous a finalement proposé «The Kids Aren’t Alright» du groupe «The Offspring». «C’est mon premier album, c’est le premier CD que j’ai acheté», souligne Matthieu Bracchetti. «Je n’ai pas acheté beaucoup de CDs, car étant passionné de technologies, je suis vite passé au Mini-Disc, et après, au lecteur MP3. Mais là, c’était le premier album que je me suis acheté. Et maintenant, je me suis racheté une collection de vinyles».

La playlist de Matthieu Bracchetti

(Frédéric Lambert/L'essentiel)