Erwan Guillou

26 octobre 2020 18:00; Act: 09.11.2020 15:13 Print

La Gaichel, du breton et du belge au Luxembourg

LUXEMBOURG - Le directeur du Domaine de la Gaichel, Erwan Guillou, était l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine sur notre radio.

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Erwan Guillou, à droite, et le chef Philippe Dugast, au Domaine de la Gaichel, en 2018. (photo: Editpress/© Editpress/didier Sylvestre)

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Avec deux hôtels et trois restaurants, le Domaine de la Gaichel est un endroit incontournable à l’ouest du Luxembourg et tout près de la frontière belge. «Nous sommes actuellement en pleine saison de la chasse», a rappelé Erwan Guillou, le directeur du domaine, au micro de L’essentiel Radio. «Nous avons pas mal de chevreuil, de civet, mais aussi des produits de la mer comme les coquilles Saint-Jacques, pour le moment. Ça, c’est pour le Jardin de la Gaichel».

«À l’Auberge pour le moment, on mange plutôt des plats typiques concoctés. Pour le moment, on a des préparations de choucroutes et de boudins noirs. On a de la Bouneschlupp (plat typique du Luxembourg avec des haricots et des pommes de terre) et des produits plus hivernaux. Au Chalet de la Kreuzerbuch, là, on est complètement sur le sujet « savoyard » avec de la raclette, des fromages de Savoie, fondues bourguignonne, tout ces petits plats qui fond du bien avec un petit Genépi». 



Erwan Guillou en quelques questions



Dans une boîte de crayons, quelle couleur? 
 Le noir, car c’est la couleur qui délimite les bords. Et je trouve ça classe. 



Breton, Belge ou Luxembourgeois? 
 Beaucoup nous nomment les Gaichelois. C’est un petit peu compliqué, car on a même la frontière belgo-luxembourgeoise qui passe dans notre jardin. J’ai un coeur breton, mais je suis né au Luxembourg, donc c’est mon pays de référence. 



Si j’étais un mot? 
 Challenger, car au niveau professionnel et dans le sport, j’aime bien me mettre une carotte devant le nez. C’est ce qui me fait avancer, donc j’ai besoin de challenges. 



Une collection? 
 Oui, une petite, de planches de surf. J’en ai une petite dizaine actuellement. 



L’objet dont je ne me sépare pas? 
 Le tire-bouchon. Parce que sans tire-bouchon, il n’y a pas de vin sur la table et il n’y a pas de bons moments. 



Ma plus belle victoire? 
 De pouvoir être devenu mon propre patron et d’assumer une belle famille avec trois enfants. Ce sont mes plus belles réussites. 



Réécoutez la séquence du vendredi 30 octobre 2020

Directeur du Domaine de la Gaichel, Erwan Guillou est désormais à la tête de cette institution fondée en 1852 avec son épouse Céline. Mais qui est le chef de cette grande maison? «Philippe Dugast a tout de même une grosse base de cuisine de la mer», a reconnu Erwan Guillou au micro de Jean-Luc Bertrand. «En venant de Bretagne où il a travaillé dans de très belles maisons, il a eu une très belle initiation sur tous les produits de la mer. Et quand vous goûtez à un plateau de fruits de mer à la Gaichel, vous pouvez m’en dire des nouvelles, car on sent vraiment le produit».

«Au Luxembourg, on a cette grande chance d’être très bien livré », a encore ajouté le directeur du Domaine de La Gaichel qui a également reconnu avoir l’habitude de recevoir chez lui de grandes événements comme des sommets entre le Luxembourg et la Belgique ou encore le mariage du Premier ministre, Xavier Bettel. «Il y a une certaine pression, c’est sûr, mais il y a surtout une grosse partie d’amour et d’envie à le faire. Les gens recherchent chez nous une maison à taille humaine et le côté familial que l’on peut retrouver à la Gaichel».

Après avoir mangé et dormi dans un des deux hôtels de la Gaichel, que peut-on encore faire dans le coin? «On est très bien situé en plein cœur d’une forêt», a souligné Erwan Guillou. «Il y a des magnifiques balades entre autres, celle qui va jusqu’au chalet de la Kreuzerbuch qui est notre troisième restaurant où il est possible de grignoter un petit bout l’après-midi. On peut jouer au tennis, on peut faire pas mal de vélo et on aura bientôt un terrain de pétanque».

Réécoutez la séquence du jeudi 29 octobre 2020

Arrivé au domaine de la Gaichel, «sans avoir encore pu faire ses preuves», Erwan Guillou a encore reconnu qu’il avait dû faire face à «une forme de pression». «Au fur et à mesure des années, il faut être en mesure de démontrer ses qualités», a-t-il dit sur nos ondes. «Grâce à mes parents, j’ai eu la force de pouvoir être au four et au moulin. De pouvoir passer en salle et en cuisine, ou derrière un bureau. Avec mon épouse Céline, c’est qui nous a permis de prouver notre valeur. À l’heure actuelle, sur les trois établissements, nous avons 55 membres au niveau de notre personnel». 



Erwan Guillou en quelques questions 



Est-ce que je voyage pendant mes temps libres? 
 Depuis tout petit, j’apprécie me retrouver sur un spot de surf. Ma femme est très friande de beaux voyages, donc quand on a l’opportunité de partir au mois de janvier, c’est la première chose que l’on fait. 



Mon rapport avec l’argent? 

 J’en ai pas beaucoup, c’est plutôt ma femme , la comptable. Je suis plutôt quelqu’un du terrain. 



Si je pouvais revivre un moment de ma vie? 
L’année vécue en Australie avec mon épouse. Les Australiens ont une culture un peu internationale, car Sydney n’a que 250 ans. L’histoire se crée tous les jours. Ce sont des «mates», il y n’a pas de différence entre le directeur et le plus petit de la boîte.

Réécoutez la séquence du mercredi 28 octobre 2020

Quand je ne travaille pas? Alors je fais un petit peu de triathlon et là, j’aimerais bien m’inscrire pour un futur IronMan.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? La perpétuelle recherche du bonheur en oubliant un peu de vivre des moments précieux.

La personnalité qui m’a bluffé? Dernièrement, c’était deux personnes à une réunion à La Gaichel. L’un qui s’appelait Monsieur Frédéric Pierrucci qui a fait trois ans de prison de haute-sécurité aux États-Unis pour des affaires, on va dire, politiques. Il avait de quoi raconter et puis, également, Aton, la personne qui assumait les assauts du GIGN pendant pas mal d’années et il avait de quoi raconter aussi. Superbe expérience, car quand on discute avec ces gens, on entend des histoires complètement inédites et cela vous remet complètement droit dans vos bottes. On a parfois des vies beaucoup plus simples qu’on ne le pense.

Réécoutez la séquence du mardi 27 octobre 2020

Mon premier job ? Tout simplement serveur. Serveur directement dans le restaurant de mes parents, pour mon premier travail.

Comment ai-je dépensé mon premier salaire? Ma première paye, à l’époque, c’était 40 000 francs luxembourgeois (1 000 euros). Je l’avais reçue en billets de 100 francs luxembourgeois. En liasse, jeté sur mon lit au petit matin, de la part de mon père. Et je peux vous assurer que cela a fait son petit effet. Je n’avais pas d’envie particulière, si ce n’est que de tout prendre et de le mettre à la banque. Et attendre quelques salaires supplémentaires pour me payer un petit voyage.

Le souvenir de mes 18 ans? La voiture de mon père que j’ai complètement défoncée dans les champs pour fêter mon anniversaire. Il était très content (ironie).

Réécoutez la séquence du lundi 26 octobre 2020

Avec Céline, son épouse depuis quatorze ans maintenant, Erwan Guillou a donc repris un domaine de la Gaichel qui vient de la famille de sa femme. «Cela fait maintenant quinze ans que l'on a racheté», a-t-il complété. Dans sa playlist, il a tout d'abord choisi le titre «Under The Bridge» des Red Hot Chili Peppers. «Car les années 80 et surtout les années 90, j'ai été baigné par toute cette pop américaine et anglaise. Surtout en concert, les Red Hot, cela reste un souvenir assez mémorable».

Dans sa playlist, Erwan Guillou a ajouté un titre de Bob Marley, «car c’est toujours le plaisir de la bonne musique». «J’aime la musique qui donne une bonne ambiance et cela vous rend gai et de bonne humeur, ce genre de musique». Un troisième titre est arrivé ce mercredi. «Pulp Fiction n’est pas forcément un de mes films préférés», reconnaît-il, «mais j’aimais beaucoup la bande-originale de ce film. C’est d’abord un film que j’ai apprécié, car il était original à l’époque. Il sortait un peu des sentiers battus et le moins que l’on puisse dire, c’est que la musique donnait un peu d’adrénaline».

Le titre «Where is My Mind» du groupe Pixies est venu gonfler les rangs de la playlist, ce jeudi. «C’est ma rencontre amoureuse avec Céline, mon épouse», reconnaît Erwann Guillou. Et pour finir, c'est le groupe Nirvana qui a été mis à l'honneur. «Parce que quand c’est sorti à la télévision, on est tous tombé sous le charme de ce groupe », rappelle Erwan Guillou. «Ma jeunesse a été bercée par tous les albums de Nirvana».

La playlist d'Erwan Guillou

(Frédéric Lambert / L'essentiel )