Ulf Nehrbass

02 mars 2021 10:58; Act: 05.03.2021 18:54 Print

«On veut faire du LIH un véritable hub européen»

LUXEMBOURG - Ulf Nehrbass, CEO du Luxembourg Institute of Health, ne manque pas d'ambitions pour le LIH qui monte en puissance depuis 2017.

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Ulf Nehrbass est le CEO du Luxembourg Institute of Health. Il est l'invité de L'essentiel Radio tout au long de cette semaine. (photo: Julien Garroy)

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Pour conclure La Story de L’essentiel Radio de cette semaine, le professeur Ulf Nehrbass, CEO du Luxembourg Institute of Health (LIH) nous a confié les futurs projets de son institut : «Les équipes du LIH et moi-même avons pour objectif de faire de cet institut un Hub européen en 2021, cela est réalisé dans le cadre d’un projet portant le nom de «Clinova» en collaboration avec des partenaires en France (Strasbourg, Nancy) et en Allemagne (Fribourg, Heidelberg) qui travaillent en ce sens».

Ulf Nehrbass en quelques questions

Mes relations avec Günter Blobel? « J’ai eu l’opportunité de travailler dans le laboratoire de l’Université de New York avec le professeur Günter Blobel, prix Nobel de médecine en 1999, malheureusement décédé il y a deux ans. Il m’a vraiment impressionné, il était extrêmement brillant, très passionné par la science. Nous avons ensuite gardé des contacts étroits, il faisait partie de conseils consultatifs des instituts dans lesquels j’ai travaillé. Nous avions également des contacts privés, quand j’étais à New York il m’invitait régulièrement dans le restaurant de sa femme».

Le luxe suprême à mes yeux? « Le luxe suprême est pour moi de pouvoir passer du temps avec ma femme et mes 4 enfants et en même temps d’être capable de faire un travail qui m’intéresse beaucoup».

Un mot qui me définit? « Si je devais me définir par un mot je dirais «Dog Point», c’est un vin blanc de Nouvelle-Zélande qui est frais, léger mais plein de saveurs».

Réécoutez la séquence du vendredi 5 mars 2021

Ulf Nehrbass est notre invité de la semaine sur L’essentiel Radio. Le CEO du Luxembourg Institute of Health (LIH) nous dévoile, ce jeudi, ses recherches sur un nouveau cycle de traitement contre le cancer, appelé bed to bench to bed», Signifiant littéralement, «du lit du patient, à la paillasse de laboratoire jusqu’au lit du patient à nouveau».

«Nous sommes en train de mettre en place un cadre dans lequel nous pouvons répondre aux besoins non satisfaits du patient», précise Ulf Nehrbass sur nos ondes, «avec de la recherche ciblée, pour développer des thérapies spécifiques pour ces patients. C’est un traitement entièrement personnalisé, car chaque maladie est différente d’une autre. Par exemple, des tests en laboratoire peuvent être réalisés sur des échantillons de biopsie d’un patient atteint d’un cancer, pour déterminer quel traitement serait le plus efficace pour le guérir. Il faut réussir à comprendre en quoi chaque maladie est différente d’une personne à une autre et quel traitement spécifique lui correspondrait le mieux».

«Une Bio-Banque essentielle»

Est-ce que des essais cliniques sont réalisés ? «Oui», confirme notre invité. «Le PFP, Personalized Functional Profiling, correspondant au traitement personnalisé des cancers, commence à voir le jour, ici, au Luxembourg sous forme d’essais cliniques et cela en collaboration avec Heidelberg et Strasbourg. Nécessitant encore du temps pour se perfectionner, cette approche n’en reste pas moins prometteuse».

Pour conclure le 4e épisode de sa Story, le professeur Nehrbass nous a expliqué l’utilité, ainsi que la place de la Biobanque dans ses recherches: «La Biobanque est réellement au cœur de la vision transnationale du LIH (Luxembourg Institute of Health et BBL, qui est une infrastructure de collecte, traitement, analyse et stockage d’échantillons biologiques humains, elle en contient à ce jour près de 2 millions. Ces échantillons de tissus humains servent aux recherches concernant les traitements personnalisés, la Bio-Banque est donc essentielle aux recherches réalisées dans le cadre de ce projet».

Réécoutez la séquence du jeudi 4 mars 2021

Institut qui joue un rôle important dans la lutte face au Covid-19, le Luxembourg Institute of Health (LIH) est représenté cette semaine dans La Story de L’essentiel Radio grâce à Ulf Nehrbass, son CEO. Le Grand-Duché était un des tout premiers pays à analyser les eaux usées face au coronavirus. Est-ce qu’il y a moyen d’en apprendre beaucoup sur le virus de cette façon? «Oui et je trouve ça très impressionnant et c’est grâce à la mobilisation de la recherche au Luxembourg», se félicite notre invité.

«C’était unique et on peut donc mettre en place des méthodes qui, autrement, seraient extrêmement longues à établir», souligne Ulf Nehrbass. «En collaboration avec l’administration de l’eau, les chercheurs du LIST et mes collègues du LIH, on analyse les concentrations dans les stations d’épuration. Ce sont des tests PCR et cette méthodologie a permis de remonter le temps et de retrouver la trace du Covid sur le sol luxembourgeois dès février 2020. Ce sont des résultats en temps réel et c’est hyper important pour les hôpitaux. Cela nous permet aussi de suivre les souches différentes et leur distribution».

Le Luxembourg Institute of Health (LIH) compte dans ses rangs 200 chercheurs et 400 employés. «On a une quarantaine de nationalités», se félicite Ulf Nehrbass. «Aujourd’hui, le focus, c’est sur le système immunitaire, car son déséquilibre cause beaucoup de maladies qui nous affectent. Comment peut-on équilibrer l’activité du système immunitaire? Il est affecté par l’environnement et par exemple, par les choses que nous mangeons. Le fait d’établir des relations personnalisées, ça nous permet de trouver l'équilibre correcte. On veut comprendre le mécanisme exact pour le trouver. On travaille dessus et on a déjà défini des premières pistes moléculaires assez intéressantes».

Réécoutez la séquence du mercredi 3 mars 2021

CEO du LIH depuis 2017, Ulf Nehrbass fait le point sur la vaccination au Luxembourg. «Pour le moment, face au Covid-19, on a trois vaccins de disponibles, le Modera, le Pfizer et depuis quelques semaines, aussi AstraZeneca», rappelle-t-il au micro de L’essentiel Radio. «Dans une phase initiale, le vaccin n’est pas disponible dans une quantité suffisante pour que tout le monde puisse être vaccinés en même temps. La stratégie de vaccination du gouvernement a donc établi une priorisation pour protéger les personnes les plus vulnérables et en fonction de leur âge, et de leur état de santé, contre le risque de développer des complications suite à la maladie et contre le risque de décès, protégeant aussi les capacités de notre système de santé. Plusieurs phases ont été établies commençant par les professionnels de la santé, ainsi que les résidents de ses structures d’hébergement. C’est la phase 1 et les phases suivantes concernant le reste de la population en fonction de leurs tranches d’âge et de leur état de santé».

Mais où peut-on donc se faire vacciner contre le Covid-19 au Luxembourg ? «La vaccination ne peut pas être effectuée dans un cabinet médical ou dans un hôpital, mais uniquement dans les centres de vaccination», indique Ulf Nehrbass. «Je ne suis pas sûr que l’on pourra impliquer les pharmacies du pays dans cette opération, car pour le moment, la logistique est difficile en raison des exigences de la chaîne du froid particulières pour certains vaccins. Il est également nécessaire d’avoir des médecins présents, mais il existe des vaccins qui peuvent être gérés à des températures normales. Ce qui transformerait chaque cabinet médical en point de vaccination. Dans ce cas-là, on irait alors chez son médecin. Avec le futur vaccin Johnson and Johnson, cela pourrait être compatible, mais ce n’est pas encore d’actualité».

Ulf Nehrbass en quelques questions

Un souvenir de mes 18 ans ? J’ai été dans l’armée, car à l’époque, en Allemagne, le service militaire était obligatoire. Là, j’ai appris le russe pour interviewer des pilotes au cas où ils arriveraient en Europe de l’ouest. Je parle toujours le russe, comme l’allemand, le français et l’anglais.

Quand je ne travaille pas ? Je suis avec ma famille et quand il me reste du temps, c’est difficile d’en trouver ailleurs. Mais j’essaie de faire souvent du vélo de course.

Réécoutez la séquence du mardi 2 mars 2021

CEO du Luxembourg Institute of Health (LIH) depuis 2017, Ulf Nehrbass est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine sur L'essentiel Radio. Docteur en biologie moléculaire et ancien de l'institut Pasteur, Ulf Nehrbass nous a tout d'abord confié que «le LIH s'était repositionné lors des deux dernières années. On a remis les patients et la population au cœur de nos activités. On vise à convertir ce que les chercheurs trouvent dans leurs laboratoires, comme nouveaux soins, par exemple».

Par rapport à la lutte contre le Covid-19, quel est le rôle du Luxembourg Institute of Health? «Le LIH est l'institut responsable pour le Large Scale Testing (LST)», rappelle Ulf Nehrbass. «Au cours de la phase 1, près de de 600 000 tests ont été réalisés, couvrant 300 000 résidents luxembourgeois, soit un taux de participation de la moitié de la population du Luxembourg. L'ensemble du LST a réduit les infections de presque 40%. Cela a permis de sauver de sauver des vies. De plus, les résultats démontrent que les porteurs asymptomatiques affectent en moyenne le même nombre de personnes que les individus symptomatiques».

««Nous avons établi, ensemble avec la population, un outil essentiel contre la pandémie et nous pouvons l'étendre facilement avec d'autres modules et du séquençage plus systématique», se félicite le CEO du LIH. «Cela nous aide beaucoup, et imaginez également si la mutation devenait plus agressive, nous serions rapidement en mesure de naviguer dans la situation. C'est un atout inestimable dans la préparation face à une pandémie».

Ulf Nehrbass en quelques questions

Mon premier job avec un salaire? C'était vendangeur et je portais les raisins dans les vignes avec un gros panier disposé sur mon dos. Et avec mon premier salaire, j'ai acheté un vélo de course Peugeot. J'ai acheté ce vélo à Luxembourg et à l'époque, j'habitais près de Konz, dans l'arrondissement de Trèves-Sarrebourg et je suis rentré chez moi en vélo de l'autre côté de la frontière. Je me souviens qu'il pleuvait.

Réécoutez la séquence du lundi 1er mars 2021

La playlist de Ulf Nehrbass

«J’ai travaillé à l’institut Pasteur à Paris, on m’a ensuite choisi pour aller en Corée créer un institut Pasteur», indique Ulf Nerhbass. «J’y ai travaillé pendant 9 ans et j’en garde de très bons souvenirs. On a eu un très grand succès, en effet on a développé un médicament contre la tuberculose qui est encore l’un des plus efficaces dans le monde. C’était un travail très intense avec des gens fascinants».

«Le premier CD que j’ai acheté était celui de Nirvana et c’est un groupe que j’aime toujours autant», nous a indiqué Ulf Nehrbass avant de nous proposer «Smells Like Teen Spirit» du groupe Nirvana.

Titre de la bande originale du film Old Boy, «j’ai choisi ce thème, avec le titre « The Last Waltz », car j’ai habité en Corée du sud pendant neuf ans», souligne Ulf Nehrbass. «Ce film est un résumé assez correct de cette société-là. Ce film est impressionnant et il y a aussi eu une série».

Pour ce mardi, Ulf Nehrbass a choisi le titre «it’s Wonderful – Via Con Me» de Paolo Conte. «J’aime beaucoup cet artiste depuis ma jeunesse».

Premier titre à intégrer le playlist de Ulf Nehrbass: «Here Without You», sorti en 2002, du groupe américain «3 Doors Down». «C'était la sonnerie du téléphone de mon épouse quand je l'appelais», nous a-t-il confié. «Et cela me transporte toujours quand j'écoute cette chanson».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)