Luxembourg / Entretien

11 septembre 2020 08:00; Act: 16.10.2020 16:19 Print

Réécoutez la Story de Paulette Lenert

LUXEMBOURG - Jean-Luc Bertrand a reçu Paulette Lenert, ministre de la Santé, dans sa séquence «Story». L'ancienne magistrate s'est livrée sans concession.

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Paulette Lenert a répondu aux questions de Jean-Luc Bertrand dans la séquence «Story» diffusée tout au long de la semaine sur «L'essentiel Radio». (photo: Editpress)

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Catapultée, depuis peu, personnalité politique préférée des Luxembourgeois, la ministre de la Santé, Paulette Lenert, a d'emblée avoué, au micro de Jean-Luc Bertrand, que cette récente popularité, liée à la crise du Covid-19, «était un peu effrayante», car «elle sortait de nulle part au niveau des sondages». «En même temps, (ces sondages), c'est juste une photo dans des circonstances exceptionnelles, donc je ne prends pas ça trop au sérieux. C'est réconfortant, mais on verra ce que cela va donner dans la durée...».

«Magistrat durant treize ans et fonctionnaire par la suite», Paulette Lenert est née le 31 mai 1968, à Luxembourg-Ville. Celle qui habite aujourd'hui du côté de Mondorf-les-Bains est également membre du Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP). «Pour moi, la politique, c'est un nouveau monde», souligne-t-elle. «Être en première ligne lors d'une telle crise, c'est vraiment quelque chose. Être propulsée à la une des actualités, c'était vraiment un grand changement pour moi. À un moment donné, avec le Covid-19, il faut reconnaître qu'on était tous très fatigués. Il fallait prendre des décisions et on a beaucoup travaillé».

«En ce mois de septembre, le coronavirus est-il toujours difficile à gérer?», s'est demandé Jean-Luc Bertrand. Et Paulette Lenert de confirmer. «Oui, c'est compliqué», reconnaît-elle, «c'est toujours difficile de dire où on en est. C'est seulement quand ce sera terminé que l'on pourra dire si on est actuellement à la mi-temps, ou non. J'espère que l'on a passé le cap, mais on ne peut pas l'affirmer. On ne sait pas du tout ce qui est encore devant nous. Il faut espérer que les choses se calment par une meilleure gestion, car au début, on a vraiment été pris au dépourvu. Le danger était imminent et on a dû réagir par rapport à quelque chose que l'on ne maîtrisait pas. Personne ne peut faire des prédictions sur la fin de l'épidémie».

«Toujours fascinée par les foules, capables de générer le meilleur comme le pire», Paulette Lenert appelle toujours à la prudence, par rapport au coronavirus. «Il ne faut pas paniquer par rapport à un retour à la normalité, mais en même temps, il faut rester conscient de la présence de ce virus qui est parmi nous. Il faut vivre avec et ne pas oublier les fameux gestes barrières. Pour éviter les transmissions, c'est simple, au final, il faut juste changer un peu ses habitudes. Quand on a l'impression d'être malade, il ne faut pas hésiter à rester à la maison». «Le mauvais film avec ce virus, c'était surtout au début», rappelle la ministre de la Santé. «Là, on a quand même fait de grands pas vers un retour à la normalité. Et puis, même durant le temps de confinement, on est resté très "souple" au Luxembourg. On était tout de même très loin du quotidien des Parisiens limités à une heure de sortie dans un rayon restreint avec des drones dans les rues».

«Persuadée que la stratégie massive de tests du Luxembourg a permis de maîtriser une 2e vague» cet été, Paulette Lenert a confirmé au micro de Jean-Luc Bertrand que le Grand-Duché allait faire un appel à la vaccination contre la grippe. «Tout en sachant que ce sera important pour les personnes vulnérables», souligne-t-elle. «On a commandé davantage de vaccins contre la grippe que les autres années, mais il faut savoir aussi que le marché est assez serré. Il faut donc bien comprendre que ce sera surtout pour les gens fragiles. Ce sont surtout les personnes plus âgées qui sont le plus à risque, mais les jeunes ne doivent pas oublier qu'il faut tout faire pour les protéger».

Mais que fait donc Paulette Lenert lorsqu'elle a terminé ses journées de ministre de la Santé. «Je ne travaille quand même pas jour et nuit», a-t-elle reconnu sur les antennes de L'essentiel Radio. «Avec le coronavirus, on a eu des semaines très serrées, mais j'ai une vie en dehors du travail. J'essaie de démarrer ma journée en me reposant un peu, en promenant mon chien, si ça peut se faire. Le soir aussi, j'essaie de prendre un peu de recul. J'aime bien lire ou regarder la télévision. Je vois moins mes amis, en ce moment, mais j'imagine que c'est un peu comme tout le monde. Étant donné que j'ai beaucoup de contacts au niveau professionnel, j'ai essayé de réduire mes contacts sociaux au niveau personnel». Fan de Freddy Mercury, «son chanteur préféré», Paulette Lenert trouve que le groupe Queen manque à la scène musicale aujourd'hui. «Mais ils seront toujours là, car c'est intemporel».

Frappée par la solidarité des soignants sur le terrain, «cela faisait chaud au cœur», la ministre de la Santé se prépare à une recrudescence du virus. «Ce serait logique, car après les vacances, les personnes vont revenir à la réalité et reprendre leurs activités. On doit espérer que cela restera gérable, mais de notre côté, on se prépare au mieux. On a anticipé une montée en charge pour l'automne. Quelle sera cette charge? On le saura au moment venu. C'est trop tôt pour le dire. On espère gérer la rentrée de manière appropriée, car on a beaucoup appris ces derniers mois».

La play-list de Paulette Lenert

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(Frédéric Lambert / L'essentiel )