«L'essentiel Radio»

14 juin 2021 15:10; Act: 08.07.2021 10:49 Print

Réécoutez la «Story» de Sébastien Grandjean

LUXEMBOURG - Prêt pour la Ligue des champions, Sébastien Grandjean, l'entraîneur du Fola, évoque son amitié avec Enzo Scifo, l'ancien numéro 10 des Diables rouges.

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Sébastien Grandjean, l'entraîneur champion du Luxembourg avec le Fola Esch est l'invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. (photo: Gerry Schmit)

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C'est désormais officiel, le champion du Luxembourg rencontrera le champion de... Gibraltar dans les tours préliminaires de la Ligue des champions. «On pouvait potentiellement rencontrer quatre adversaires dont trois renommés», rappelle au micro de L'essentiel Radio, l'entraîneur du Fola, Sébastien Grandjean. «Malmö, Bratislava et le Legia Varsovie. Et un adversaire moins professionnel ou moins fort: c'était Lincoln, le champion de Gibraltar. On les a tirés et on ne va pas se plaindre de ce tirage».

L'été dernier, cette même équipe de Lincoln avait croisé le fer avec l'Union Titus Pétange en Coupe d'Europe. «Lincoln s'était qualifié, mais cela s'était joué sur un match», rappelle Sébastien Grandjean. «Pétange avait eu des difficultés dans l'organisation du match, parce qu'ils avaient eu des cas Covid... Ils étaient partis le jour du match et tout cela avait été extrêmement difficile pour Pétange. Cela ne nous arrivera pas, car on les reçoit en premier. On jouera le 6 juillet, chez nous, le premier match, et on va pouvoir immédiatement se jauger contre eux. C'est un avantage de les recevoir d'abord et à nous de tenter de faire la différence. Ce sera toujours une rencontre difficile, car au Fola, on doit intégrer sept nouveaux joueurs et on a eu des départs, donc on doit revoir un petit peu l'équipe et le système. Ce ne sera pas évident dans un premier temps, mais il faudra jouer avec beaucoup d'enthousiasme et beaucoup d'envie. On a une chance incroyable de jouer ce match chez nous face à un adversaire abordable, pour une fois. La saison dernière, n'oublions pas que nous avions dû nous déplacer au Shériff Tiraspol, en Moldavie. C'était dur et nous avions été éliminés. Cette année, on est chez nous et on a envie de croquer la pomme à 100%».

Sébastien Grandjean en quelques questions

Bluffé par quelle personnalité? Je vais parler d’un monsieur que tout le monde connaît, c’est Enzo Scifo. C’est quand même une star internationale. J’ai eu la chance de le rencontrer dans le cadre de la licence UEFA pro et dès les premiers instants, on s’est retrouvés l’un à côté de l’autre et on a commencé à discuter. C’était en 2009 et aujourd’hui, en 2021, on parle encore, au moins une fois par semaine ensemble, de foot et d’autres choses. Il est resté très fidèle en amitié. On se côtoie vraiment et sous son aspect un peu distant, il est absolument fantastique. Très gentil, très famille, très amis. Il met des barrières, évidemment, parce que c’est une star, mais une fois que l’on peut rentrer dans le cercle un peu restreint, c’est un homme extraordinaire. Cela m’a beaucoup marqué et bluffé, car je ne m’y attendais pas. Moi, je viens de nulle part et il m’a dit, mais “moi aussi, je viens de nulle part”. Il est originaire de La Louvière en Belgique et ses parents sont des Siciliens.

Revivre un moment de ma vie? Sans aucun doute, la naissance de mes deux filles, parce que ce sont des moments exceptionnels. Un titre de champion n’a rien à voir avec ça, parce que ce n’est pas du tout la même émotion. Vous êtes à deux et en une fraction de seconde, vous êtes à trois puis à quatre. Et puis, il y a un être vivant dont il faut s’occuper à vie. Et ça, c’est fantastique.

Le plus et le moins du Luxembourg? Le plus, le Grand-Duché, c’est un grand village. On se connaît tous, on s’apprécie, on peut se disputer, on peut se prendre la tête et puis on va se rabibocher aussi. C’est un grand village qui bouillonne, qui vit et qui est plein d’idées. Il y a une envie de grandir et d’exister. Comme un village veut parfois se montrer face à une ville. J’adore ça! Le moins, au Grand-Duché, c’est… honnêtement, j’ai un peu de mal à en trouver… Attention, parfois au côté un peu “bling-bling”.

Réécoutez la séquence de ce vendredi 18 juin 2021

Champion du Luxembourg pour la huitième fois au terme de la saison 2020-2021, le Fola Esch est entraîné par Sébastien Grandjean. Il répond à nos questions, tout au long de cette semaine, sur les ondes de L’essentiel Radio. «Sur les dix dernières années, il y a quand même trois titres et un titre Covid, comme ils l’ont appelé la saison dernière», précise-t-il d’emblée. «Et c’est bien pour ce club».

Dès la saison prochaine, Sébastien Grandjean pourra compter sur les services de Lionel Zanini en tant qu’analyste vidéo. Que va-t-il lui apporter? «C’est un ami et c’est un entraîneur reconnu en province de Luxembourg», rappelle-t-il tout d’abord. «Alors pourquoi? Parce qu’aujourd’hui, les jeunes vivent avec les écrans et les images. On a des moyens extraordinaires et le Fola Esch a acheté une caméra intelligente. On sait la placer à sept mètres de haut avec un mât et lui, Lionel Zanini, il va analyser les entraînements et il va pouvoir faire des corrections immédiates sur un écran à côté du terrain, sans oublier les analyses des matchs».

Après avoir analysé les forces et les faiblesses de la saison qui vient de se terminer, que va faire le Fola Esch et son entraîneur Sébastien Grandjean pour s’améliorer? «Mathématiquement, lors de la saison 2020-2021, on a encaissé 35 buts en 30 matchs», souligne-t-il, «c’est certainement, cinq, six, sept, huit buts, de trop. Il faut arriver en dessous d’un but par match et continuer à en marquer autant, donc oui, il y a vraiment encore une grande progression, d’autant plus qu’on a un noyau extrêmement jeune. Le Fola est un club qui travaille extrêmement bien avec les jeunes et dans la continuité avec une vraie philosophie de travail. Moi, j’amène une philosophie de jeu et je pense que les deux philosophies, ensemble, ne fonctionnent pas trop mal».

Sébastien Grandjean en quelques questions

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Sans hésitation, je serai le crayon bleu. Parce que c’est la couleur du ciel et que c’est une couleur que j’aime beaucoup. Et que je porte beaucoup, parce que je trouve qu’elle est classe tout en restant ouverte. C’est une couleur que les gens aiment.

Un mot? Générosité.

Le luxe suprême? Faire ce que l’on veut, quand on veut, comme on veut.

Vinyle, CD ou clé USB? J’ai évolué avec le temps. Tout simplement, mais j’ai encore des vinyles. Le premier disque que j’ai acheté, c’était les Poppies avec le titre “Non, non, rien n’a changé…” Et puis il y avait les autres avec Michael Jackson...

Réécoutez la séquence de ce jeudi 17 juin 2021

Entraîneur du Fola Esch et champion du Luxembourg, il y a peu, Sébastien Grandjean fête aujourd'hui, mercredi, son 51e anniversaire. Que peut-on lui souhaiter dans sa carrière d’entraîneur? «De la continuité», a-t-il affirmé tout simplement à notre micro, «car je suis très heureux actuellement. Tout se passe bien, ma famille est en bonne santé, de même que mes proches et mes amis. La continuité, parce que la vie est belle».

Félix Grandjean est le papa de Sébastien. «Et c’est un malade de football», n’hésite-t-il pas à souligner. «Il adore ça et il regarde tous les matches à la télévision. Il est passionné et il suit, évidemment, la carrière de son fils. C’est logique et ce n’est pas quelqu’un qui va me dire beaucoup de choses là-dessus, mais son regard me suffit pour savoir qu’il est content et heureux par rapport à cette saison qui se termine en apothéose. Il est content pour moi, car il sait que je bosse beaucoup pour ça. Tout ce travail m’a quand même amené jusqu’à la licence UEFA pro, alors que je n’ai pas été joueur professionnel en D1. Tout cela fait qu’il est assez fier de moi, par rapport à mon parcours, mais ce n’est pas du genre à me prendre dans les bras et me le dire. C’est encore la vieille génération, mais je n’ai pas besoin de ça, son regard me suffit».

«Il y a encore beaucoup de choses à faire dans le football luxembourgeois»

«J’ai un frère Nicolas qui travaille à la clinique d’Eich et j’ai une sœur Isabelle qui travaille en Belgique du côté de Namur», poursuit encore l’entraîneur du Fola Esch. «Le foot, ce n’est pas que moi, car mon frère est aussi entraîneur de jeunes. Ses deux fils jouent au foot. Moi, je n’ai pas de fils, j’ai deux filles, donc on suit les garçons, mais c’est aussi un grand fan de football. C’est un connaisseur également et il a une approche avec les jeunes qui est assez intéressante. Il peut aussi faire une belle carrière, peut-être plus avec les jeunes qu'avec les adultes, mais ça, on verra, car il a sept ans de moins que moi».

Que pense Sébastien Grandjean du football luxembourgeois et de cette différence avec le monde amateur et le monde pro? «C’est un football un peu hybride», reconnaît-il. «On est entre les deux. Les garçons travaillent et viennent à l’entraînement le soir, mais vous savez je connais quand même le football luxembourgeois depuis quelques années et je trouve que tout s’améliore, il y a une vraie volonté de professionnalisation, d’amélioration et d’aller chercher un niveau de plus en plus supérieur et c’est ce qui est aussi intéressant dans le football luxembourgeois. Il y a encore beaucoup de choses à créer, à faire, et je trouve que beaucoup de dirigeants ont de bonnes idées. Ils se battent et ils travaillent énormément. Et bénévolement aussi, ne l’oublions pas. Cette envie d’aller de l’avant est très intéressante, car quand vous êtes dans un pays comme la France ou la Belgique où tout est déjà cadenassé, fait,... Est-ce qu’il y a encore une énorme progression? Parfois, je ne trouve pas. Tandis que dans le football luxembourgeois, on a cette envie de progrès et on a la possibilité de le faire, car il y a encore beaucoup de choses à faire. Je suis très heureux d’y être, d’y être reconnu et d’y amener ma petite pierre à l’édifice».

Réécoutez la séquence du mercredi 16 juin 2021

Le coach du Fola Esch, tout frais champion du Luxembourg de football, est cette semaine l'invité de Jean-Luc Bertrand sur L'essentiel Radio. Et Sébastien Grandjean a de belles perspectives qui l'attendent. «On reprend l'entraînement pour jouer le 7 ou le 8 juillet le match aller» des éliminatoires de la Champions League. «C'est fantastique de jouer la Champions League. J'ai dit dans la presse belge que je suis quelqu'un de chanceux». Lundi, l'entraîneur évoquait l'idée d'un jour coacher éventuellement une équipe de D1 belge. «Mais peu jouent la Champions League, et nous, on peut la jouer. On va la croquer à pleines dents!»

Sur un plan plus personnel, Sébastien Grandjean se souvient que son premier job a été «garçon de café. Je courais d'une table à l'autre. Les jours de marché, il fallait être très réactif, c'était fantastique. Ma première paye, je pense que je l'ai dépensée en sorties. À 18 ans...» Une époque où «j'étais déjà passionné de football et avais une vie très chargée avec les potes, vraiment. Et puis, le permis de conduire... la liberté».

Aujourd'hui kiné de métier, ses clients lui parlent souvent de foot et ont tous leur avis, forcément. «On discute, on refait le match... Ils aiment bien avoir l'avis du coach. C'est très folklorique, on en rit beaucoup. C'est toujours dans le respect, la gentillesse, il n'y a jamais de problème. Je n'ai jamais eu de discussions houleuses dans le cabinet. Il y a aussi de grands connaisseurs de football. Il y en a beaucoup qui donnent leur avis, c'est très enrichissant, tout compte fait».

Réécoutez la séquence du mardi 15 juin 2021

Le coach du Fola Esch, tout frais champion du Luxembourg de football est cette semaine l'invité de Jean-Luc Bertrand sur L'essentiel Radio. Diplômé UEFA Pro, passé par Virton, la Jeunesse et Dudelange et kiné dans le civil, peut-il avoir des perspectives pro, comme en D1 belge? «C'est à réfléchir, j'ai une bonne situation sur Esch. Je ne prédéfinis pas mon parcours, je vis au jour le jour».

Et pour le moment, on savoure le titre en BGL Ligue. Mais comment le fêter alors que la pandémie n'est pas finie? «Le club avait mis les petits plats dans les grands. Tout avait été fait dans les règles, avec des tests avant d'entrer dans le stade du Fola. Tous les gens qui étaient là étaient testés, ce qui avait permis de se retrouver avec les supporters, au bout d'une saison qui a été difficile».

Après le match du sacre contre le voisin de la Jeunesse, «on s'est retrouvés au Galgenberg, où on a fait une belle fête. J'avais lancé un challenge aux joueurs en leur disant que si on était champions, je monterais sur le bar. Évidemment, à un moment de la soirée, les joueurs sont revenus en disant "Coach, maintenant il faut monter sur le bar" et je suis monté sur le bar».

Réécoutez la séquence du lundi 14 juin 2021

La playlist de Sébastien Grandjean

«J'adore Arno, je l'ai vu à la Rockhal. C'est un bel artiste, une belle personnalité, j'aime ce côté libre de faire ce qu'il veut.»

«Je trouve que Coldplay est un groupe plein de couleurs, j'aime cette envie, cette générosité.»

«Johnny Hallyday, j’adore sa voix et puis c’est aussi un clin d’oeil à Michel Berger», précise Sébastien Grandjean. «J’adore ces deux chanteurs et puis quand on fait la fête avec les potes, on aime bien aussi mettre un petit Diego sur la fin pour s’arracher la voix. Et ça fait du bien. Les Lacs du Connemara, aussi, il y a plusieurs fins, chez nous, on est tranquille, mais il n’y a jamais de fin».

Abba est le 4e groupe à intégrer la playlist de Sébastien Grandjean. «Ce titre ne fait pas partie des premiers disques achetés», dit-il, «mais depuis que je suis gamin, j’entends chanter le groupe Abba. Je les adore et l'album Gold est absolument fantastique. C’est le meilleur du meilleur en permanence».

Cinquième et dernier titre de la playlist de Sébastien Grandjean. Une chanson de Lacrim. «Ce n’est pas vraiment ce que j’écoute en boucle dans ma voiture», indique-t-il en souriant et en toute honnêteté. “«J’ai voulu faire un clin d’oeil à mes joueurs, parce que tout au long de la saison, ils m’ont éduqué à cette chanson-là. Ils mettaient ça avant le match, assez fort dans le vestiaire. Un jour, je suis arrivé et il y a parfois quelques mots un peu osés, déplacés, pour ne pas dire autre chose.... Mais ça fait partie du personnage et de la chanson. Les jeunes aiment ça et j’en ai parlé à ma fille. Elle m’a dit: “ouais, c’est cool et tout”. Je voulais leur faire ce clin d'œil, car ça a mis une vraie vie dans le vestiaire. Et c’est aussi, ces petites choses qui font qu’on grandit en famille et que l’on s’identifie et que l’on reste ensemble. Ce sont des liens que l’on crée entre nous. Également pour la performance et moi, je suis très sensible à cela».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)