Stéphanie Jauquet

11 février 2020 13:46; Act: 14.02.2020 12:40 Print

«J'ai souvent pleuré à mon arrivée à Luxembourg»

LUXEMBOURG - Jean-Luc Bertrand a reçu Stéphanie Jauquet, propriétaire de l'enseigne «Cocottes», dans sa séquence «Story», diffusée sur «L'essentiel Radio».

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Stéphanie Jauquet amène toute sa «belgitude» au Luxembourg.

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«Petite Belge qui a grandi à la campagne» et «qui a mis un pied dans la restauration à l'âge de 14 ans», présente depuis plus de 20 ans au Luxembourg, Stéphanie Jauquet ne manque pas de dynamisme. «Je suis ici pour tenter de nouveaux challenges», a-t-elle affirmé d'emblée au micro de Jean-Luc Bertrand. «Je m'ennuie rapidement et j'ai vite envie de lancer de nouveaux concepts. Avoir de nouveaux défis, c'est pour cela que je me lève le matin. L'indépendance, pour moi, c'était une forme de liberté. Je ne voulais plus dépendre de personne professionnellement. Je ne voulais plus d'un patron à qui rendre des comptes. Cette liberté, c'est un challenge au quotidien, mais je suis bien entourée. C'est une façon de vivre, c'est un état d'esprit».

Au quotidien, Stéphanie Jauquet, personnalité 2019 pour Gault & Millau, reconnait que c'était parfois difficile «de trouver des gens pour travailler». «Toutes les émissions qui sont sorties récemment sur la cuisine ont donné une vraie lumière sur notre métier et je pense que d'ici quelques années, on va retrouver du personnel compétent sur le marché de l'emploi. Exploiter un restaurant, c'est surtout avoir une équipe compétente et motivée». Après avoir fait ses premiers pas dans la restauration, Stéphanie Jauquet a soudainement eu l'idée de lancer «Cocottes». «Je me posais la question de savoir si, à 50 ans, j'aurais toujours envie de travailler dans la restauration, qui est un métier très contraignant», a-t-elle souligné. «Travailler le soir, le week-end, lorsque les autres s'amusent... Je me suis préparée une porte de sortie pour le jour où j'en aurai marre. La logique aurait voulu que je remette mon restaurant pour me consacrer entièrement à "Cocottes", mais comme je suis viscéralement attachée à ce projet, pour l'instant, j'essaie de tout garder et de continuer avec tout. Un moment, cela va poser des problèmes...».

«Autant d'hommes que de femmes travaillent chez "Cocottes"»

«Pourquoi avoir baptisé ma chaîne de restauration "Cocottes"? Pour le côté décalé...», a tout d'abord rappelé Stéphanie Jauquet, également dirigeante du restaurant «Um Plateau». «C'est un mot qui est sorti d'un brain-storming avec des amis journalistes, architectes ou encore amateur de bonne bouffe. Après un apéritif bien arrosé, il y a une dizaine de mots qui sont tombés sur la table. Le mot "Cocottes" est tombé comme une évidence. "Cocottes" pour la casserole du même nom et puis, une référence à la poule et aux poulets qui sont tout de même des ingrédients super utilisés en cuisine. Il y avait moyen de déconner avec ce terme au niveau de la communication et du logo».

«En tant que cheffe, je travaille essentiellement dans un monde qui est très masculin», a reconnu Stéphanie Jauquet, «mais j'arrive à m'en sortir. Les équipes en cuisine sont essentiellement masculines, mais j'ai fait le calcul récemment et cela m'a mis le sourire aux lèvres: la parité est respectée dans l'entreprise. À l'unité près, j'ai autant d'hommes que de femmes qui travaillent pour "Cocottes". Cela fait plaisir tout de même, dans un monde où l'on doit mettre ça en avant». Également responsable du restaurant «Tempo» à La Philharmonie Luxembourg, Stéphanie Jauquet a lancé son premier «Cocottes» en 2014. «En six ans, on aura donc réussi à ouvrir dix autres établissements», confie-t-elle. «Après, le choix à faire, c'était rester petit ou grandir. J'ai fait le choix de construire des cuisines à Grass, c'était un investissement assez colossal et le projet d'une vie. Il y a donc des choix financiers et stratégiques derrière tout ça aussi. Quand on investit autant d'argent, il faut des magasins derrière pour avoir un certain volume de production en phase avec les investissements consentis de l'autre côté».

«À mes débuts à Luxembourg, j'ai pleuré tous les jours les six premiers mois»

«Quand j'étais toute petite, je voulais devenir architecte ou fleuriste», s'est souvenue celle qui ouvrira son 11e «Cocottes» au Luxembourg en avril 2020. «Rien à voir, mais il y a tout de même un lien avec "créer quelque chose". Que ce soit sur un bouquet de fleurs ou réfléchir à un concept ou à des plans. Et puis, très très vite, cela a été la restauration. Ado, j'avais une chambre assez sobre et sans trop de décorations. Pas vraiment des posters, mais les idoles musicales, c'était Jean-Jacques Goldman, Mylène Farmer, Depeche Mode... Je crois avoir dévoré, aussi, tous les bouquins d'Agatha Christie, après tous les "Bob et Bobette" et toutes les BD belges».

«Quand je suis arrivée à Luxembourg», se souvient Stéphanie Jauquet, «je dois quand même avouer que les six premiers mois que j'ai passés ici... pour moi, c'était l'expérience de franchir la frontière (belgo-luxembourgeoise), même si ce n'était pas très loin, je n'avais jamais quitté mes racines, ma famille, Luxembourg, ça me paraissait très loin, c'était une capitale européenne, à 1h30 de voiture. Pendant six mois, je dois vous avouer que j'ai pleuré tous les jours et que je me demandais ce que je faisais là. Je ne trouvais pas ma place et je ne me faisais pas beaucoup de contacts. Je travaillais beaucoup et je n'avais pas vraiment le temps de sortir. Je me suis accrochée et je n'ai aucun regret. Je suis très heureuse d'être là».

«Mes copains ont mangé les poissons rouges de ma sœur»

Après avoir ouvert son 11e «Cocottes» au Luxembourg, Stéphanie Jauquet a encore des projets, «même si elle n'a pas arrêté depuis six ans». «Je vais me poser à un moment, c'est clair», dit-elle. «Il va falloir faire des choix et ils sont dans ma tête. Je vais déléguer encore plus, car ce qui me plaît le plus, c'est d'imaginer des concepts. Le prochain concept? Je vais me lancer dans la frite. J'ai constaté qu'à Luxembourg-Ville, il n'y avait pas de friterie permanente. Après, ce n'est pas avec les loyers de la Grand Rue que l'on peut réfléchir à un tel concept. Il faut trouver un local adéquat avec un loyer raisonnable. Je pense que l'on va pouvoir démarrer cet été. Je vais embarquer dans l'aventure l'un ou l'autre copain belge et puis, on verra ce que cela donne...».

Et pour clôturer le tout, Stéphanie Jauquet n'a pas manqué de confier une petite anecdote à Jean-Luc Bertrand. «Durant ma période en Sciences commerciales à HEC Liège», dit-elle, «on partageait un appartement avec ma sœur, car on étudiait toutes les deux là-bas. Ma sœur était très studieuse et vraiment concentrée sur ses études. Alors que moi, j'étais plus comité de "baptême", la fête et boire des bières. Mes copains venaient et c'était l'auberge du bonheur. Je leur ouvrais toujours la porte pour qu'ils puissent venir y dormir en rentrant de "guindaille". Un matin, ma sœur s'est réveillée et ses seuls animaux de compagnie, ses trois poissons rouges dans un bocal... des "agros" de Huy embarqués par mon cousin ont mangé les poissons rouges de ma sœur. Le désastre. J'en ai honte».

La play-list de Stéphanie Jauquet

(Frédéric Lambert/L'essentiel )

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Les commentaires les plus populaires

  • Fundero650 le 14.02.2020 10:33 Report dénoncer ce commentaire

    Desolée mais au prix ou coute les très petites salades et sandwichs cocottes c'est abusé, on ne peut pas dire que se soit accessible a tous..........et c'est bien dommage

  • journaliste ? le 14.02.2020 10:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il est mal intentionnellement orienté ce titre. Au premier coup d'oeil on a l'impression que c'est le pays Luxembourg qui l'a mal accueilli et qui l'a fait pleuré, puis en lisant l'article : rien à voir. c'est ce que j'appelle du sensationnalisme gratuit et injustifié ! vous pouvez faire plus intelligent, si, si...

  • Florian le 14.02.2020 15:34 Report dénoncer ce commentaire

    Moi j'ai souvent pleuré quand j'ai vu les prix

Les derniers commentaires

  • stlux le 16.02.2020 07:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Arnaque tout ça et marketing

  • bonsens le 16.02.2020 02:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    De nos jours Luxembourg est enfin en phase avec le reste des capitales modernes merci Xavier!

  • jul le 15.02.2020 22:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qu’elle aille une semaine en Syrie et on en reparle

  • Baron Rouge le 15.02.2020 16:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moi à mon départ du Luxembourg...

  • rose le 15.02.2020 12:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moi aussi je pleure tous les jours en passant la frontière