Christianne Wickler

19 octobre 2020 18:46; Act: 09.11.2020 15:13 Print

«Que veulent les hommes? Des femmes heureuses»

LUXEMBOURG – La boss de Pall Center, Christianne Wickler, invite les hommes à laisser de la place aux femmes au niveau de l'entreprenariat.

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Christianne Wickler, administratrice déléguée de Pall Center, est l'invitée de Jean-Luc Bertrand tout au long de la semaine. (photo: Editpress/Ifinzi)

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La boss de Pall Center, Christianne Wickler, était aux côtés de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine, dans la séquence «Story» diffusée de lundi au vendredi sur L’essentiel Radio. «L’entreprenariat n’a pas d’orientation sexuelle», a-t-elle récemment déclaré, mais qu’entend-t-elle par-là ? «De par la quantité d’hommes par rapport aux femmes, oui, il y a une pression et elle est différente», reconnaît Christianne Wickler.

«Mais c’est aussi à nous, les femmes, de prendre notre place et d’avoir le courage de nos opinions», ajoute-elle, «et d’y aller jusqu’au bout. Les hommes, pour moi, ils ne veulent qu’une chose : ce sont des femmes heureuses. Et pour nous rendre heureuses, il faut nous laisser de la place. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision. Il faut le faire comme on le sent et y aller».

Ces dernières années, a-t-elle senti une amélioration à ce niveau-là ? «À 18 ans, quand je me faisais arrêter par la police», se souvient Christianne Wickler, «on me disait que c’était la voiture de papa. Et maintenant, on me dit que c’est la voiture de monsieur. Donc, puisque moi, j'ai changé, les a priori sont restés les mêmes et c’est à nous, les femmes, d’y aller avec une bonne communication. Il ne faut surtout pas être pessimiste au négative».

Réécoutez la séquence du vendredi 23 octobre 2020

Christianne Wickler en quelques questions

Une couleur ? Bleu, parce que je suis un poisson.

Si j’étais un mot ? Optimisme.

Mon rapport à l’argent ? L’argent, c’est juste un moyen… Il faut en avoir et il faut travailler pour, mais ce n’est pas l’argent qui doit dicter.

Revivre un moment de ma vie ? «Un accouchement, car c’est un miracle quand cet enfant naît, qu’il respire et qu’il pleure. C’est quand même quelque chose de formidable. Pour les hommes, c’est surtout un moment difficile, pour vous, je comprends. Mais pour nous, c’est facile», a-t-elle ajouté en souriant avec ironie.

Le luxe suprême ? Avoir le temps.

Une collection de ? J’ai une collection de souvenirs dans ma tête.

L’objet dont je ne me sépare pas ? Ma voiture. Pour rester autonome.

Mes achats, je les fais où ? Au Pall Center à Oberpallen. Vous connaissez? C’est un chouette concept.

Réécoutez la séquence du jeudi 22 octobre 2020

Présidente de la Fédération des femmes cheffes d'entreprise au Luxembourg de 2012 à 2019, Christianne Wickler a reconnu «qu’elles s’entendaient toutes, très très bien». «Mais cela m’a permis aussi de voir les lacunes de l’entreprenariat féminin. Nous, les femmes, nous ne sommes pas très gentilles avec nous-mêmes. Cela m’a aussi appris à voir le monde des affaires d’une manière différente. L’entreprenariat, c’est surtout «no gender». Elles venaient toutes de tous les horizons et elles avaient plus ou moins toutes les mêmes petits défauts, dont un complexe d’infériorité».

La planète Terre souffre aujourd’hui à cause de notre manière de consommer, et on a parfois l’impression que l’on soigne des plaies profondes avec des petits bouts de sparadraps. «C’est mon avis également», reconnaît Christianne Wickler, «et on ne regarde pas les plaies. On les cache tout de suite au lieu de les laisser ouvertes et de les montrer. On doit les laisser à l’air pour que la planète puisse aussi se ressourcer elle-même».

Réécoutez la séquence du mercredi 21 octobre 2020

Ouvert sept jours sur sept et même les jours fériés, comment le Pall Center s’organise pour y arriver? «Je n’aime pas le mot «gestion du personnel», car j’ai des personnalités», a corrigé Christianne Wickler. «J’appelle cela un «projet commun », avec une gestion de gens, avec qui nous travaillons «ensemble ». Celui qui vient se présenter au Pall Center, on va lui poser clairement la question: travailler le samedi ou le dimanche, mon petit gars, qu’est-ce que vous en pensez? Il y a plein de gens qui adorent travailler le week-end, car comme cela, ils ont beaucoup plus de libertés en semaine quand tout est ouvert. Donc, c’est plutôt un projet commun qui fonctionne très très bien».

Réécoutez la séquence du mardi 20 octobre 2020

Christianne Wickler en quelques questions

Quand je ne travaille pas? J’aime bien voyager et j’aime bien la plongée sous-marine. Mais dans des eaux chaudes, donc pour le moment, c’est un peu loupé. Sinon, j’aime bien travailler.

Faut-il parler fort pour être entendu? Je suis d’avis qu’il faut plutôt écouter. Écouter et observer, et puis y aller après.

La chose que j’aime le moins dans la nature humaine? La jalousie.

Bluffée par quelle personnalité? Christine Lagarde. De par sa simplicité et son intelligence. Aussi son côté pragmatique et sa proximité. Je l’ai rencontrée avec une dizaine de femmes entrepreneurs à Luxembourg. J’ai eu la chance de la voir, sans presse, sans rien, de manière tout à fait informelle. Elle nous a donné une énergie… Allez, on a presque laissé nos voitures dans le garage pour rentrer à la maison en courant, tellement on était gonflées, de par sa façon de voir les choses.

Réécoutez la séquence du lundi 19 octobre 2020

Au micro de L’essentiel Radio, Jean-Luc Bertrand a osé poser la question qui fâche à Christianne Wickler. «Vous allez refaire de la politique?», lui a-t-il demandé. «Non», a-t-elle répondu en rigolant. «Je fais de la «Pall-itique». «Je suis trop sauvage pour faire de la politique», a-t-elle encore complété au moment d’ajouter le titre de Florent Pagny «Ma liberté de penser» dans sa playlist déjà bien garnie depuis lundi avec «Highway To Hell» du groupe AC/DC et le titre «Get Ready» du groupe Rare Earth.

Ce jeudi, Christianne Wickler a ajouté le titre «Money» du groupe Pink Floyd. «C’est ça le problème, mais c’est aussi une partie de la solution», souligne-t-elle en référence à l’argent. «Si on voit l’argent, comme un moyen et pas comme un but, on a trouvé la solution. S’il y en a, c’est pour tout le monde». Pour clôturer sa playlist de la semaine, Christianne Wickler a ajouté le titre de Marius Müller-Westernhagen, «Freiheit». «C’est un rebelle allemand qui nage contre le courant et qui parle de la liberté. La liberté, pour moi, à côté de la santé, c’est le plus grand capital que nous avons». Un dernier titre a également été proposé un dernier titre de Jethro Tull.

La playlist de Christianne Wickler

(Frédéric Lambert / L'essentiel )