Aurélia Feltz

08 avril 2021 13:17; Act: 16.04.2021 09:09 Print

«Opposée aux quotas féminins dans les CA»

LUXEMBOURG - Présidente de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, Aurélia Feltz est l'invitée de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

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Présidente de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, Aurélia Feltz est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

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Les start-up de 2021 sont-elles plus masculines que féminines? «Oui, c'est vrai», reconnaît Aurélia Feltz, «car elles se développent essentiellement dans des domaines très technologiques. Et c’est donc peut-être la raison pour laquelle on y rencontre plus d’hommes que de femmes».

«Contrairement aux hommes qui veulent aller plus rapidement vers un objectif déterminé», confirme la présidente de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, «peut-être que les femmes vont être plus posées et réfléchir plus longtemps avant d’agir». Quelle est la «Touch» d’Aurélia Feltz au sein de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise? «Cette pandémie est une période particulière», indique-t-elle, «on a dû s’adapter et c’est certainement ce que l’on retiendra de ma présidence».

Aurélia Feltz en quelques questions

Si j’étais un mot? La ténacité.

Quelle couleur dans une boîte de crayons? Le vert pour l’espoir, le hasard et la croissance.

Bluffée par quelle personnalité? La cheffe de cuisine, Léa Linster. Pour son parcours, et pour avoir su s’imposer dans un monde essentiellement composé d'hommes.

Le luxe suprême? Aujourd’hui, la liberté.

Un objet dont je ne pourrais pas me passer? Mon GSM.

Ma plus belle victoire professionnelle? Avoir réussi à faire reconnaître un déni de grossesse.

Revivre un moment de ma vie? La naissance de mes enfants.

Réécoutez la séquence du vendredi 9 avril 2021

Présidente de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, Aurélia Feltz est aussi fondatrice du cabinet BeeLex. «C’est un cabinet d’avocats pluridisciplinaires», détaille-t-elle, «nous essayons de conseiller principalement les TPE et les PME, de même que les start-up dans tous les domaines du droit. Les grandes entreprises luxembourgeoises ont-elles du mal à confier de hautes fonctions à des femmes? «Des choses ont été faites pour inciter les femmes à prendre de hautes fonctions dirigeantes», reconnaît-elle. «On constate que dans certains conseils d’administration, notamment dans le milieu bancaire, les femmes restent quand même minoritaires et ce serait bien qu’il y ait une plus forte représentativité féminine dans les fonctions dirigeantes».

Faudrait-il des quotas au Luxembourg ? «Idéalement, je dirais que je suis contre les quotas», affirme Aurélia Feltz. «L’idéal, ce serait bien entendu que les mentalités changent, mais le problème, c’est que cela prend énormément de temps. Si on attend le changement de mentalité, le risque, c’est de ne pas atteindre les objectifs. Le risque avec l’instauration des quotas, c’est que cela vienne dévaloriser les nominations des femmes à des postes importants. On les soupçonnerait alors d’être la part obligatoire et obligée du quota. On aurait des doutes sur leurs compétences et ça, ce n’est pas souhaitable».

Selon Christianne Wickler, à qui Aurélia Feltz a succédé à la tête de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, «l’entrepreneuriat n’a pas d’orientation sexuelle et il faut arrêter de se comparer. Misons plutôt sur la complémentarité». «Je suis tout à fait d’accord avec elle», nous a-t-elle confirmé sur nos ondes. «Au niveau professionnel, les hommes et les femmes sont totalement complémentaires. Nous n’avons pas la même manière d’entreprendre, nous n’avons pas non plus la même manière de faire face aux difficultés. Une juste répartition entre les hommes et les femmes peut toujours être favorable à l’entrepreneuriat».

Réécoutez la séquence du jeudi 8 avril 2021

Avocate et présidente de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise (FFCEL), Aurélia Feltz nous a fait le plaisir de répondre à toutes nos questions sur les ondes de L'essentiel Radio. Mais à quoi sert la FFCEL? «C’est surtout des rencontres entre des femmes entrepreneuses au Luxembourg», détaille Aurélia Feltz. «Et lors de ces rencontres, ces femmes peuvent justement échanger sur les difficultés qu’elles rencontrent au quotidien. Beaucoup de femmes de notre fédération sont dans des TPE et des PME et certaines sont seules dans leurs entreprises».

Également maman de deux enfants d’une dizaine d’années, Aurélia Feltz a vu le comportement des hommes s’adapter à de nouvelles réalités, ces dernières années. «Cela commence à rentrer dans les mentalités», se veut-elle positive. «Cela évolue et les hommes ont pris conscience qu’ils ont une part active à prendre à la maison et qu’ils ont vraiment un rôle actif à jouer au sein du foyer. C’est très important et on doit aller vers un partage égalitaire des tâches ménagères. En dix ans, les choses ont considérablement évolué».

Que pense-t-elle du congé parental qui permet aux hommes, au Luxembourg, de prendre un jour par semaine sur 20 mois? «Les modalités du congé parental ont changé», rappelle Aurélia Feltz, «maintenant, on peut le prendre de manière fractionnée et les hommes, s’ils le souhaitent peuvent le prendre un jour par semaine durant 20 mois et c’est vrai que c’est une formule qui convient à beaucoup de monde».

Aurélia Feltz en quelques questions

Mon premier job? C’était caissière chez Delhaize.

Et avec mon premier salaire? Je me suis acheté, à l’époque, un jean’s Chipie, car mon père ne voulait pas me le payer.

Le meilleur souvenir de mes 18 ans? C’est plein de souvenirs, mais c’est quand même le début de l’indépendance. C’est le début de mes études universitaires, mes premières années à la faculté de droit à Namur. Mes premières soirées avec mes cokoteurs (colocataires), les premières guindailles. En Belgique, on habite avec des cokoteurs, car en tant qu’étudiant, on habite dans un kot.

Réécoutez la séquence du mercredi 7 avril 2021

Présidente de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise (FFCEL), Aurélia Feltz est l’invitée de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. «Je suis originaire de la région d’Arlon», nous dit-elle d’emblée pour se présenter. «Je suis avocate à la Cour au barreau de Luxembourg depuis bientôt plus de 20 ans. J’ai intégré la Fédération des femmes cheffes d’entreprise en 2008 et je suis devenue la présidente il y a un peu plus de deux ans». Mais quel est le rôle de cette fédération? «Promouvoir l’entreprenariat féminin», souligne Aurélia Feltz, «et renfoncer la présence et le rôle de la femme dans le monde des affaires. On peut dire que ce n’est pas encore gagné et qu’il y a encore des efforts à faire».

Dans quel état se trouvent les entreprises dans cette période de pandémie? «L’état, les banques et les grandes surfaces se portent certainement très bien», assure-t-elle. «Les quelques grandes entreprises luxembourgeoises essaient de maintenir leurs caps, même si je pense qu’elles ont une forte diminution de leurs chiffres d’affaire. Les TPE et les PME sont impactées très fortement et certains secteurs sont lourdement impactés, et je pense notamment à l’Horeca ou aux sociétés actives dans l’événementiel. Je pense également aux hôpitaux ou aux commerces, mais aussi aux étudiants pour qui ça ne doit pas être facile».

Qu’aimerait-elle que l’on retienne à la fin de son mandat? «Mon mandat a effectivement été fortement impacté par la pandémie», reconnaît Aurélia Feltz. «Cela nous a empêché de faire des événements en présentiel. Ce qui est quand même important, car cela permet aux femmes de se retrouver. On a néanmoins montré aux femmes cheffes d’entreprise que l’on était capable de s’adapter puisqu’on a organisé des événements virtuels pour qu’elles puissent se rencontrer et échanger. Nous comptons plus ou moins 180 membres». Est-ce difficile de gérer un monde typiquement féminin? «Oui, je pense», reconnaît en souriant et avec franchise. Aurélia Feltz.

Réécoutez la séquence du mardi 6 avril 2021

La playlist d'Aurélia Feltz

Le groupe Queen clôture la playlist d’Aurélia Feltz. «C’’est un groupe que j’ai toujours bien aimé écouter quand j’étais jeune», conclut-elle.

Comme 3e titre dans la playlist de Aurélia Feltz, on retrouve «The Power of Love», de Frankies Goes to Hollywood. «J’ai simplement choisi cette chanson pour les paroles».

«Le titre «À nos souvenirs» du groupe «Trois Cafés Gourmand», car c’est une des chansons préférées de mes filles. C’est une chanson qu’elles mettent quand on est dans la voiture. Cela met de bonne humeur».

«L’album «Thriller» est le premier 45 tours que j’ai acheté», nous indique Aurélia Feltz. «Mickael Jackson est un artiste qui nous manque».

(Frédéric Lambert/L'essentiel)