Yves Wagner

18 janvier 2021 18:07; Act: 22.01.2021 19:19 Print

«La progression de l'électrique reste faible»

LUXEMBOURG - «Le tout-électrique n’est pas possible», prévient le président de l'ACL, Yves Wagner. «Il ne faut pas négliger les autres moyens de propulsion».

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Yves Wagner, président de l'ACL, est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de la semaine.

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Au Luxembourg, l’Autofestival débutera en 2021, le lundi 24 janvier. «C’est un événement annuel très important pour les garages au Grand-Duché», souligne Yves Wagner, président de l’Automobile Club Luxembourg, «et avec la façon dont les garages sont organisés au Luxembourg, c’est assez original, car cela ne se passe pas à un endroit en particulier, mais dans toutes les concessions qui, lors de cette année marquée par le Covid, ont pris toutes les précautions sanitaires qui s’imposent. C’est une bonne chose d’avoir maintenu cette organisation de cette façon».

L’hybride et l’électrique se développent au Luxembourg. De quoi rendre heureux Yves Wagner? «Je pense que sur l’année 2020, nous avons eu une progression de 6% des immatriculations à ce niveau-là», dit-il, «ce qui reste toujours faible. L’électrique reste faible, mais la progression est là. Et effectivement pour l’Autofestival, ce sera certainement le centre d’intérêt des consommateurs».

Et du côté de l’ACL, on n’oublie pas non plus le biogaz et l’hydrogène. «Nous défendons la pluralité et nous estimons qu’aujourd’hui le tout-électrique n’est pas possible. Et ce n’est pas forcément une bonne chose non plus. Il ne faut pas que le tout-électrique empêche la recherche sur d’autres moyens de propulsion. Il en existe d’autres et il ne faut pas les négliger».

Yves Wagner en quelques questions

Quand je ne suis pas à l’ACL? 
Je suis le président du Polo Club du Luxembourg. Cela a commencé récemment, donc on peut commencer à tous les âges. J’ai commencé en 2008. C’est physiquement très dur et ma fille est même professionnelle au polo. Ni au polo, ni à l’ACL, j’adore la photographie. Je fais beaucoup de photos et je pratique aussi beaucoup de sports.

Revivre un moment de ma vie? 
Les meilleurs souvenirs que j’ai, ce sont des courses de voiture, mais des courses de 24 heures. J’ai fait beaucoup de courses d’endurance à Spa-Francorchamps, au Nürburgring, à Zolder. Je n’ai jamais fait le Mans. C’est vraiment une expérience fantastique, parce que c’est une compétition d’équipes. On n’est pas seul à rouler et il y a tout un team autour.

Une collection? 
Mon grand problème, c’est que je ne jette jamais rien. Je garde toujours tout. Et j’adore en particulier les éléphants, donc j’ai beaucoup de petits éléphants dans ma maison.

Réécoutez la séquence du vendredi 22 janvier 2021

Comment cohabiter sur la route et comment rendre plus sûre cette même route au Luxembourg? «Ici, on parle de sécurité routière», souligne Yves Wagner, président de l’Automobile Club Luxembourg (ACL). «Et la sécurité routière ne peut être présente que s’il y a un respect mutuel de tous les intervenants, que ce soit les automobilistes, les cyclistes, les motards… Il faut que les gens arrivent à se respecter et à faire attention. Un élément important là-dedans, c’est la formation, peut-être même dans les écoles de conduite. Là, on n'y apprend pas suffisamment ce respect».

Des nombreux radars ont été installés au Luxembourg, ces dernières années. Sont-ils là uniquement pour rapporter de l’argent? «Je dois tout d’abord dire que l’ACL travaille beaucoup avec le ministère et avec les groupes, en son sein, qui s’intéressent à la sécurité routière», prévient d’emblée Yves Wagner. «Il y a des échanges et nous avons élaboré, il y a pas mal d’années, un plan sur une vingtaine d’actions à entreprendre. Le gouvernement avait ses priorités, l’ACL avait les siennes également. Et le ministère a commencé par ses priorités avec les radars».

«Nos priorités, c’était tout d’abord de faire des recherches importantes en terme d’accidentologie. Au Luxembourg, nous ne connaissons pas l’origine des accidents et dans ces conditions, il est très difficile de prendre des mesures. Un 2e élément pour nous, c’était les infrastructures qui n’étaient pas adaptées à la sécurité. C’est évidemment l’état des routes, les chantiers, c’est une catastrophe. La signalisation n’est pas bonne, non plus et tous ces éléments relatifs à l’infrastructure sont des priorités absolues pour l’ACL. Dernier élément, c’est l’apprentissage dans les écoles».

Yves Wagner en quelques questions

Mes 18 ans? 
C’était la liberté. C’était l’entrée à l’université, donc c’était une vie nouvelle. Et on pourrait même dire, le début de la vraie vie.

Bluffé par quelle personnalité? 
Il y a beaucoup de personnes que j’admire qui m’ont inspiré. Si je devais en citer une, j’ai eu énormément de chance de rencontrer Nelson Mandela. C’était un personnage extrêmement impressionnant. On avait une réunion d’analystes financiers en Afrique du Sud et on l’avait invité pour faire un discours. Et en fait, il est resté longtemps après et on a pu dîner ensemble, c’était très sympathique.

Un mot? Volonté.

Réécoutez la séquence du jeudi 21 janvier 2020

Pour 2021, de nombreuses taxes vont être revues au Luxembourg. Et le secteur de l'automobile ne devrait pas être épargné. Chaque usager pourrait ainsi devoir payer 520 euros en plus par an. Mais d'où peut venir cette augmentation? «Il y a essentiellement deux éléments», a précisé Yves Wagner, président de l'Automobile Club Luxembourg. «On va recalculer avec des normes nouvelles le prix de la vignette. Pour simplifier, ces normes estiment la pollution du véhicule et on va taxer le véhicule en fonction de son niveau de pollution. Il existait aussi une formule par le passé, mais cette formule a changé et elle implique, ce qui ne fait pas forcément de sens, une augmentation du prix de ces taxes. Cela, c'est le premier élément. Le 2e élément, c'est que les taxes sur les carburants ont augmenté de manière progressive et c'est planifié. On ne connaît pas à 100% le détail de cette augmentation, mais avec les estimations de l'ACL, on arrive au chiffre mentionné. 520 euros par usager, c'est beaucoup».

Chaque année, le Luxembourg produit 14,88 tonnes de CO2 par habitant. En Europe, c'est 8,9 tonnes en moyenne par habitant. Est-ce seulement à cause des voitures? «Il faut faire très très attention à ces calculs», prévient Yves Wagner. «C'est ce qui complique un peu le débat au Luxembourg. Nous consommons "énormément" de pétrole, selon les études du Statec. On sait que la forte majorité (75%) de ces consommations viennent de non-résidents. Donc des gens qui viennent faire le plein au Luxembourg, car l'essence y est moins chère. Vous avez par exemple les très très grands transporteurs comme les poids lourds qui prennent jusqu'à 800 litres d'essence. Évidemment, ça commence à chiffrer rapidement. Nous avons au Luxembourg, une station (à Berchem) qui est, en termes de ventes, la plus grande en Europe, donc il faut s'imaginer ce que cela représente. Les chiffres sont corrects, mais ce ne sont pas les résidents luxembourgeois qui consomment à ce point».

Concernant les trottinettes et les gyropodes, qu'en est-il de la réglementation au Luxembourg? «Il n'y en pas, mais il va en avoir une», souligne Yves Wagner. «Je suppose, car au niveau européen, tous les pays discutent comment réglementer tout ça. Et cela se fait par des études réalisées par la FIA, la Fédération internationale automobile. On progresse relativement bien et c'est une bonne solution. Il faut favoriser ces moyens de transports. Par contre, pour des raisons de sécurité, il faut le réglementer d'une façon ou d'une autre».

Réécoutez la séquence du mercredi 20 janvier 2020

Très à cheval sur la mobilité, Yves Wagner, le président de l’Automobile Club Luxembourg (ACL) est de toutes les bagarres pour éviter le réchauffement de la planète. Que pense-t-il donc de l’arrivée du tramway à Luxembourg? «C’était un chantier énorme qui nous a causé pas mal de soucis», affirme-t-il d’emblée, «mais au bout du compte, c’est une bonne chose. Je dois avouer qu’au début, l’ACL n’était pas en faveur du tram, parce qu’on avait aussi des solutions alternatives qui, finalement, n’ont pas été retenues. Maintenant, on a le tram et c’est une bonne chose. Cela va être joli aussi, quand je vois aujourd’hui, l’avenue de la Liberté, c’est une belle réalisation».

«Par contre», poursuit Yves Wagner, «on a toujours dit que ce n’était pas suffisant. Le tram, c’est une chose, mais ça ne règle pas le problème de la mobilité pour tout le monde. La capacité n’est pas si énorme que ça et surtout, le grand problème de la mobilité à Luxembourg, ce sont les non-résidents qui viennent travailler le matin et qui doivent rentrer chez eux le soir. Ce n’est pas le tram qui va régler ça. Donc à l’ACL, on dit que des efforts, en terme d’infrastructures, doivent être réalisés. On dit ça depuis des années. Évidemment, on progresse aussi de ce côté-là, mais beaucoup trop lentement».

Au niveau des motards, quel projet est défendu par l’ACL? «Nous sommes en faveur d’une mobilité multimodale», souligne Yves Wagner. «Il faut combiner plusieurs moyens de transport de manière optimale. Les deux roues, les motos ou les vélos, font partie de cet environnement multimodal. Nous voulons développer, en toute sécurité, le déplacement en moto ou en vélo sur une voie spécifique».

Yves Wagner en quelques questions

Mon premier job? 
J’étais professeur d’université dans le sud de la France. À l’université d’Aix-en-Provence. 



Avec mon premier salaire? 
Si je me rappelle bien, j’ai acheté un casque et une combinaison pour des voitures de compétition. Mais je n’avais pas encore la voiture. À l’époque, on faisait des petits rallyes avec la voiture que l’on utilisait tous les jours.

Réécoutez la séquence du mardi 19 janvier 2020

Président de l’Automobile Club Luxembourg (ACL), Yves Wagner est l’invité de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. Il est également le président de la Fédération de polo au Grand-Duché. «Nous pratiquons cette discipline, presque au centre-ville de Luxembourg et c’est assez fascinant», déclare-t-il d’emblée sur nos ondes. «C’est dans le quartier de Merl, où il faut évidemment un grand terrain pour le polo. À Merl, on a tout ce qu’il faut».

Grand passionné d’automobile, Yves Wagner convient que l’ACL, «c’est beaucoup de choses à la fois». «Le plus connu, car le plus visible, c’est tout ce qui est sur le terrain», reconnaît-il. «Donc on fait du dépannage, du remorquage, de l’assistance sur la route, à chaque fois qu’il y a une panne quelque part, on est là pour aider. Tous les clubs automobiles dans le monde sont apparus avec les premières voitures. Donc, ce sont des clubs, car ce sont des gens qui se sont mis ensemble pour s’entraider. Notre but concerne la mobilité, pour faciliter la mobilité de nos membres, mais on fait aussi du conseil professionnel lors d’achats de voitures, par exemple. On fait également du conseil juridique quand il le faut. Et puis, il y a des activités annexes importantes, comme les voyages, par exemple».

Et Yves Wagner se félicite du nombre de membres de l’ACL. «On a atteint cette année les 190 000 membres», dit-il. «C’est la plus grande organisation privée au niveau des ASBL au Luxembourg». Mais comment l’ACL a fait face au contexte lié au Covid-19? «On a essayé de maintenir nos activités et on a réussi à la faire», souligne-t-il à notre micro. «Même le nombre de nos membres a augmenté durant la période. On est donc relativement contents, mais il est vrai que le type d’activités a un peu changé. Si je prends l’exemple du dépannage, il y a eu moins de voitures sur les routes, il y a donc eu moins d’accidents. Par contre, les gens ont eu beaucoup de problèmes avec leurs batteries. Là, on dépanne sur place, car on a un stock de batteries qui conviennent à toutes les voitures. C’était l’activité la plus importante et on a bien traversé la crise. Et on a même fait de nouvelles activités: on a essayé d’aider le corps médical, on leur a mis des voitures à disposition, on a fait des dépannages gratuits, on a fait une collecte d’ordinateurs pour les enfants qui devaient travailler à partir de la maison. On s’est montrés solidaires sur pas mal de choses».

Réécoutez la séquence de ce lundi 18 janvier 2020

La playlist de Yves Wagner

«Il faut se réveiller le matin», indique Yves Wagner, en commentant le premier titre de sa playlist. «Elvis Presley, ça peut sonner un peu ringard, mais bon, je ne suis pas tout jeune non plus. Elvis, pour moi, c’est tout d’abord une voix exceptionnelle et il a chanté un peu dans tous les registres, donc c’est vraiment quelqu’un que j’aime beaucoup».

Frank Sinatra est le deuxième artiste à intégrer la playlist de Yves Wagner avec le titre «My Way». «J’aime les voix», reconnaît le président de l’ACL, «et j’adore les paroles de cette chanson, car en substance, on fait de son mieux et à sa propre façon. Et on fait ce que l’on peut. C’est cet esprit que j’apprécie et c’est tellement bien traduit dans cette chanson».

Le titre «Un homme et une femme», chanson tirée du film du même nom réalisé par Claude Lelouch, entre également dans la playlist du président de l'ACL. «C'est un très beau film qui date un peu (1966)», reconnaît Yves Wagner, «mais c'est encore très beau de le regarder aujourd'hui. Cela me rappelle des souvenirs, car cela parle beaucoup de courses automobiles. Il y a des voitures historiques et une superbe Ford Mustang».

Un deuxième titre d’Elvis Presley est présent à nouveau dans la playlist d’Yves Wagner. «Pold Salad Annie». «Cela swingue un peu et cela met de l’ambiance», se félicite le président de l’ACL. «Cela met de bonne humeur. C’est une vieille chanson et Elvis n’a pas écrit beaucoup de chansons. Il a surtout fait des reprises de chansons. Et cette version-là est fantastique».

«Imagine » de John Lenon est le dernier titre de la playlist de Yves Wagner. «Pour moi, c’est une chanson d’espoir», indique-t-il. «J’aimerais la dédier, évidemment, au corps médical, mais aussi plus personnellement à mes dépanneurs de l’ACL qui ont beaucoup travaillé et qui ont pu donner un peu d’espoir à beaucoup de gens».

(Frédéric Lambert / L'essentiel )